Les députés RN demandent une commission d'enquête sur le fonds Marianne lancé par Marlène Schiappa après l'assassinat de Samuel Paty

Depuis la fin mars, plusieurs enquêtes ont révélé des zones d'ombre sur l'utilisation des subventions allouées à ce fonds contre le séparatisme créé en 2021.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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La ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, quitte l'Elysée après un Conseil des ministres, à Paris, le 16 mars 2022. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP)

Ils veulent faire la lumière sur des accusations "gravissimes". Les députés du Rassemblement national ont demandé, jeudi 13 avril, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le fonds Marianne. Cette initiative intervient après une série de révélations sur l'utilisation controversée des subventions allouées à ce fonds contre le séparatisme, créé après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty.

Le groupe de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale cite notamment une enquête conjointe de l'hebdomadaire Marianne et de France 2 diffusée fin mars, décrivant une gestion opaque de ce fonds lancé en 2021 par Marlène Schiappa, alors ministre déléguée à la Citoyenneté. D'après l'enquête, l'association qui en serait le principal bénéficiaire, l'Union des sociétés d'éducation physique et de préparation militaire (USEPPM), l'aurait utilisé pour un site internet et des publications sur les réseaux sociaux très peu suivies, et pour salarier deux de ses ex-dirigeants.

Le RN évoque également des révélations plus récentes de Mediapart, selon lesquelles "une autre structure a touché plus de 300 000 euros alors qu'elle venait d'être créée et n'avait aucune activité connue". "Sous couvert de lutte contre le séparatisme", cette association aurait, selon Mediapart, "diffusé des contenus politiques à l'encontre d'opposants d'Emmanuel Macron pendant les campagnes présidentielle et législatives".

Le RN questionne "le rôle de Marlène Schiappa"

"Ces accusations sont gravissimes et interrogent sur le rôle de Marlène Schiappa dans cette affaire alors que celle-ci affirmait en juin 2022 avoir validé personnellement, avec son cabinet, le choix des bénéficiaires et la ventilation des subventions", a estimé le groupe RN, jeudi. Une proposition de résolution "visant à la création d'une commission d'enquête parlementaire" sur la gestion du fonds a été déposée par les députés du groupe. Un vote de l'Assemblée sera nécessaire pour qu'elle soit lancée.

"Parler de détournement d'objet ou de financement de campagne est faux et mensonger", a réagi le cabinet de Marlène Schiappa. Le secrétariat d'Etat à la Citoyenneté avait indiqué, fin mars, avoir saisi l'Inspection générale de l'administration d'un audit sur la question. Cette saisine "permettra de faire toute la lumière et de déterminer en toute transparence les conditions de fonctionnement et d'attribution de ces subventions", selon le cabinet.

Plusieurs voix se sont déjà élevées à gauche pour demander de faire la lumière sur cette affaire, dont la maire de Paris Anne Hidalgo (PS) et la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot. Le parquet de Paris a fait savoir qu'un signalement sur ce dossier est en cours d'analyse, avant une décision sur une éventuelle ouverture d'enquête.

Une partie de la famille de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie décapité le 16 octobre 2020 par un islamiste radicalisé, s'était dite début avril "particulièrement heurtée" après la publication des premières enquêtes sur ce fonds.

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