L'association BarakaCity dénonce le "caractère politique" de sa dissolution et saisit le Défenseur des droits

BarakaCity "propage des idées prônant l'islamisme radical", accuse le ministère, qui a décidé de dissoudre l'association après la mort de Samuel Paty. Des "motifs construits de toutes pièces pour discréditer", répondent les avocats. L'organisation se présente elle-même comme une association humanitaire qui vient en aide aux populations démunies partout dans le monde.

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L'un des avocats de l'association BarakaCity, Me Vincent Brengarth. (NATHALIE SAINT-AFFRE / MAXPPP)

L'association BarakaCity, qui a reçu mardi soir une notification de dissolution de la part du ministère de l’Intérieur, dénonce le "caractère totalement politique et opportuniste de cette mesure", indiquent mercredi 21 octobre ses avocats Vincent Brengarth et William Bourdon dans un communiqué. "L'association réitère sa volonté de contester la dissolution administrative et annonce qu'elle saisit d'ores et déjà le Défenseur des droits ainsi que la Commission nationale consultative des droits de l'homme", annoncent les avocats de cette organisation, qui se présente comme une association humanitaire qui vient en aide aux populations démunies partout dans le monde.

Maîtres Vincent Brengarth et William Bourdon racontent que "le président de l'association s'est vu notifier à 22h10, un document contenant les motifs sur lesquels le ministère de l'Intérieur croit pouvoir fonder son intention d'engager la dissolution de l'association. L'association dispose d'un délai extrêmement court de cinq jours pour pouvoir y répondre, alors même que sa pérennité est menacée".

Ses publication "justifient clairement les attentats", selon le ministère

"L'indigence des motifs, construits de toutes pièces par l'administration pour discréditer l'association à travers son président, ainsi que la célérité de cette décision confirment le caractère totalement politique et opportuniste de cette mesure", poursuivent les avocats de BarakaCity.

Dans cette notification du ministre de l'Intérieur, que franceinfo a pu consulter, le ministère affirme que BarakaCity "propage des idées prônant l'islamisme radical" et "diffuse et entraîne la diffusion d'idées haineuse, discriminatoire et violente". Le ministère souligne le fait que des publications de l'association et de son président sur les réseaux sociaux génèrent "de très nombreux commentaires hostiles à l'Occident, à la laïcité, aux francs-maçons ou encore aux musulmans qui ne partagent pas la conception de l'islam promue par l'association", notamment des "commentaires ouvertement antisémites" et des "propos apologétiques de crimes contre l'humanité".

L'association ne peut être tenue pour responsable des réactions sous ses publications, elle n'a jamais cherché à provoquer de tels agissements.

Avocats de BarakaCity

Communiqué

Le ministère de l'Intérieur énonce également que "BarakaCity doit être regardée comme se livrant à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme ou légitimant de tels actes". Il détaille des propos et publications de son président dont certaines "justifient clairement les attentats" de la rue Nicolas Appert en septembre dernier.

"Ni l'association, ni son président n'ont jamais appelé à la haine"

Beauvau affirme que "les activités de l'association" et celles de son président et fondateur "sont indissociables". Ce n'est pas l'avis des avocats de BarakaCity. Pour eux, le document envoyé par le ministère de l'Intérieur "ne contient strictement aucun élément précis reprochable à l'association (…) L'ensemble des éléments mentionnés (datant de 2015, 2016, 2017) – à l'exclusion des récentes procédures concernant" le président de l'association "monsieur Sihamedi en raison de publications personnelles – n'ont donné lieu à aucune condamnation". Ils affirment que les activités de BarakaCity ont "fait l'objet d'investigation très approfondies qui se sont achevées par un classement sans suite en mars 2019""L'association BarakaCity a toujours condamné les actes de terrorisme. Ni l'association, ni son président n'ont jamais appelé à la haine", ajoutent les avocats, qui vont s'atteler à contester la dissolution.

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