Des associations véganes condamnent la "colère mal orientée" d'une militante qui s'est réjouie de la mort d'un boucher dans l'attentat de Trèbes

Les représentants d'associations de défense des droits des animaux jugent que cette végane n'a pas compris le message porté par le véganisme.

Les funérailles des trois victimes civiles de l\'attaque terroriste de Trèbes, célébrées le 29 mars 2018 à Trèbes (Aude).
Les funérailles des trois victimes civiles de l'attaque terroriste de Trèbes, célébrées le 29 mars 2018 à Trèbes (Aude). (ERIC CABANIS / AFP)

Elle est désormais visée par une enquête pour "apologie du terrorisme". Une militante végane – opposée à toute forme d'exploitation animale – a publié sur sa page Facebook un message dans lequel elle affirme avoir "zéro compassion" pour Christian Medvès, le boucher du Super U de Trèbes, tué par le terroriste Radouane Lakdim lors des attentats dans l'Aude, vendredi 23 mars. "Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? a-t-elle écrit. Pas moi. (...) Il y a quand même une justice."

En plus de lui valoir des ennuis judiciaires, cette publication lui attire les critiques de Brigitte Gothière, cofondatrice de L214, et de Cédric Stolz, porte-parole de 269 Life France, deux associations qui défendent la cause végane et luttent en faveur des droits des animaux.

Des propos "maladroits" et "tristes"

"Nous condamnons fermement ces propos qui sont intellectuellement maladroits et qui ne reflètent en aucun cas notre vision de la justice", assure Cédric Stolz, avant d'ajouter : "Nous condamnons le terrorisme et déplorons la mort de cet homme, tout comme nous condamnons le commerce d'organes bouchers et déplorons la mort de trois millions d'êtres sensibles chaque jour dans les abattoirs."

Brigitte Gothière, quant à elle, déplore "des propos vraiment tristes", signes d'"une colère mal orientée". 

C'est une attitude qui n'est pas végane, parce que le véganisme est plutôt un mouvement qui prône la paix.Brigitte Gothière, cofondatrice de L214à franceinfo

"Pour moi, ce genre de réaction n'est même pas compréhensible, dénonce la porte-parole de L214. J'ai l'impression qu'il y a un certain nombre de personnes qui découvrent ce qu'on fait aux animaux et qui sont très en colère, mais qui n'arrivent pas à orienter leur colère pour agir en faveur des animaux de façon efficace et rationnelle."

Attention de ne pas tourner nos émotions, quand on voit des images de maltraitance dans les abattoirs, vers les ouvriers de ces abattoirs, en les tenant pour responsables de ce qu'il s'y passe. Eux sont simplement le bras armé de notre société.Brigitte Gothière, cofondatrice de L214à franceinfo

"Il y a un certain nombre de personnes qui participent à l'exploitation des animaux, mais cela ne veut pas dire que ces personnes sont mauvaises, poursuit la militante. Ce n'est même pas la question." 

La dirigeante de L214 regrette que le message du véganisme, porté notamment par son association, soit ainsi mal interprété. "L'antispécisme, c'est l'élargissement du cercle de bienveillance aux autres espèces, ça ne veut pas dire qu'on ferme une partie de notre bienveillance à d'autres personnes."