Comment le Maroc a joué un rôle clé dans la traque d'Abdelhamid Abbaoud

Les services marocains ont prévenu le renseignement français que l'organisateur présumé des attentats de Paris et Saint-Denis était en France.

François Hollande reçoit le roi du Maroc, Mohammed VI, à l\'Elysée, le 9 février 2014.
François Hollande reçoit le roi du Maroc, Mohammed VI, à l'Elysée, le 9 février 2014. (MAXPPP)

Le Maroc, dont le roi Mohamed VI devait être reçu vendredi par François Hollande, a fourni un élément crucial dans l'enquête sur les attaques de Paris. En effet, Rabat a signalé la présence en France d'Abdelhamid Abaaoud, l'un des organisateurs présumés des commandos, tué mercredi lors de l'assaut à Saint-Denis.

Le procureur de Paris François Molins a indiqué, lors d'une conférence de presse, jeudi, que les enquêteurs avaient bénéficié d'un "témoignage faisant état de la présence d'Abaaoud sur le territoire français", et procédé à "de nombreuses vérifications téléphoniques et bancaires".

Filature d'Hasna Aït Boulahcen

Dès qu'elle a été informée de la présence d'Abdelhamid Abaaoud en France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a mis sur écoute Hasna Aït Boulahcen, qui est présentée comme sa cousine, explique une source policière à l'agence Reuters. La jeune femme d'origine marocaine de 26 ans, tuée mercredi avec Abdelhamid Abaaoud lors de l'assaut des forces de l'ordre, était déjà placée sous écoute par la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, pour trafic de stupéfiants.

Hasna Aït Boulahcen, la kamikaze présumée de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), photo non datée.
Hasna Aït Boulahcen, la kamikaze présumée de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), photo non datée. (FRANCE 2)

"Dès que l'information est tombée via le Maroc, la PJ de Seine-Saint-Denis a transmis à la DGSI ses informations, les correspondants d'Hasna Aït Boulahcen, les bornes téléphoniques, ses points de chute", explique cette source policière. Les écoutes ont permis d'entendre une conversation dans laquelle Hasna Aït Boulahcen faisait état de la présence d'Abaaoud, un Belgo-Marocain de 28 ans. "Il y a eu ensuite une surveillance physique qui a permis de déterminer que la jeune femme et le jihadiste se sont présentés dans l'immeuble de la rue Corbillon, à Saint-Denis mardi en début de soirée", explique-t-elle.

Les services marocains ont aussi arrêté le mois dernier un jeune frère du jihadiste Abdelhamid Abaaoud, Yassine Abaaoud, alors que l'avion à bord duquel il se trouvait venait d'atterrir à Agadir, a indiqué vendredi 20 novembre, une source marocaine à Reuters.