Seine-Saint-Denis : le maire de Stains mis en demeure de modifier une fresque contre les violences policières

Le maire PCF a mandaté son avocat "afin d'étudier les suites à donner" à la demande du préfet de Seine-Saint-Denis, qui a ordonné de supprimer la mention "policières" de l'œuvre.

La fresque contre le racisme et les violences policières de Stains (Seine-Saint-Denis), le 22 juin 2020.
La fresque contre le racisme et les violences policières de Stains (Seine-Saint-Denis), le 22 juin 2020. (MAXPPP)

Le maire PCF de Stains (Seine-Saint-Denis), Azzédine Taïbi, a été mis en demeure par le préfet de Seine-Saint-Denis de modifier la fresque "contre le racisme et les violences policières", peinte en hommage à Adama Traoré et George Floyd, a indiqué l'élu, vendredi 3 juillet. "Monsieur le préfet me met en demeure de supprimer le mot 'policières' de la fresque. Cette injonction était celle du syndicat de policiers Alliance. Je ne saisis pas le sens de cette mise en demeure infondée", a déclaré l'édile, qui a mandaté son avocat Arié Alimi "afin d'étudier les suites à donner".

Les visages de George Floyd et Adama Traoré

Réalisée par un collectif d'artistes locaux et inaugurée il y a plus d'une semaine en présence du maire, cette fresque représente, sur un fond bleu agrémenté de nuages, les visages de George Floyd, Américain noir asphyxié par un policier blanc lors de son interpellation aux États-Unis, et d'Adama Traoré, mort en juillet 2016 après son arrestation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise). Une phrase les surplombe : "Contre le racisme et les violences policières".

Cette fresque a suscité la colère du syndicat Alliance qui a organisé le 22 juin un rassemblement devant la préfecture de Seine-Saint-Denis et une délégation avait été reçue par le préfet. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait estimé que la fresque mettait "en scène un amalgame honteux entre racisme, violence et forces de l'ordre" et a soutenu "l'initiative" du préfet de Seine-Saint-Denis.