Refus d'obtempérer à Nice : ce que l'on sait après la mise en examen du policier auteur du tir mortel

Un homme de 24 ans est mort mercredi après avoir reçu un tir de policier dans le cadre d'un refus d'obtempérér. L'entourage de la victime dénonce un homicide.

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Des policiers sur la promenade des Anglais, le 11 juillet 2022, à Nice (Alpes-Maritimes). (ROLAND MACRI / HANS LUCAS / AFP)

Le policier auteur du tir qui a causé la mort d'un automobiliste de 24 ans, mercredi lors d'un refus d'obtempérer à Nice (Alpes-Maritimes), a finalement été mis en examen pour violences volontaires, vendredi 9 septembre. De leur côté, les proches de la victime dénoncent un homicide. Voici ce que l'on sait de cette affaire.

Le déroulé des événements

Les faits se sont déroulés mercredi aux alentours de 16h30, quand une voiture a été repérée en train de "zigzaguer dangereusement" sur la voie rapide, selon la Direction départementale de la sécurité publique. Des policiers tentent alors d'intercepter ce véhicule "ayant adopté un comportement dangereux", détaille un communiqué du procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme. Le conducteur du véhicule refuse de s'arrêter, prend la fuite sur l'avenue Henri-Matisse, avant de faire demi-tour et de percuter "frontalement le véhicule de police qui l'avait pris en chasse".

"Après plusieurs sommations" demandant au conducteur de sortir du véhicule, le passager de l'équipe de police sur place tire à travers la vitre à une reprise sur le conducteur. Cette version des faits est "corroborée par des témoins présents sur les lieux", affirme le procureur. Des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent le policier en train de faire usage de son arme alors que le véhicule est à l'arrêt après avoir reculé quelques mètres pour tenter de se dégager de son face-à-face avec la voiture de police. Le conducteur est mort sur place après une tentative de réanimation des secours. 

Refus d'obtempérer à Nice : le policier auteur du tir en garde à vue
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Le conducteur était déjà connu de la police

Le conducteur était un jeune homme de 24 ans circulant sans permis à bord d'un véhicule volé. La victime avait déjà été condamnée, "notamment pour des faits de conduite sans permis, d'infraction à la législation sur les stupéfiants et de vol et recel de vol", précise le procureur.

Il était accompagné d'un passager qui a été interpellé et placé en garde à vue "des chefs de tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique, recel de vol et refus d'obtempérer". Cet homme est âgé de 26 ans. Il est inconnu des services de police, mais se trouve en situation irrégulière sur le territoire français, selon le procureur. Il va être présenté à un magistrat en vue de sa mise en examen et le procureur requiert son placement en détention provisoire.

Le policier mis en examen pour "violences volontaires avec arme"

Le policier qui a fait usage de son arme a été mis en examen pour "violences volontaires avec arme ayant causé la mort sans intention de la donner" et a été interdit de port d'arme, a annoncé le procureur de la République. Désormais placé sous contrôle judiciaire, ce policier de 23 ans, adjoint au sein d'une brigade de sécurité routière, avait été placé en garde à vue dans le cadre d'une information judiciaire ouverte "pour déterminer de manière contradictoire et sous l'autorité d'un juge d'instruction, les circonstances exactes du tir". De son côté, l'IGPN, la police des polices, a été chargée d'une enquête pour homicide volontaire.

L'avocat du policier, Laurent-Franck Lienard, a réagi vendredi sur franceinfo : "Notre client est dévasté par le drame qui s'est déroulé (...). Il n'a jamais souhaité une issue aussi tragique", affirme-t-il. Le policier va "désormais se soumettre à la procédure judiciaire qui commence et qui devra établir s'il a commis une faute ou s'il est trouvé dans l'exercice légitime de son droit".

Les proches de la victime dénoncent un "homicide"

Le scénario du parquet est rejeté par les proches de la victime, pour qui "il est évident qu'on a [affaire] à un homicide, il n'y a pas de discussion là-dessus", avait déclaré l'un des avocats de la famille, Me Sefen Guez Guez. La réaction du policier "est clairement disproportionnée", avait insisté cet avocat du barreau de Nice. "Qu'importent les circonstances ou la réalité de son comportement antérieurement, il n'y avait pas de danger de mort qui justifie qu'on tue de sang-froid cet homme."

Interrogé au sujet des vidéos du drame jeudi matin sur franceinfo, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, a évoqué le "poids et la violence de certaines images". "Dans une affaire comme celle-là, c'est l'ensemble de l'action qui doit être analysée. Ce qui s'est passé avant, dans l'environnement. La perception qu'ont pu en avoir les policiers au moment de l'intervention", avait-il insisté.

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