Emmanuel Macron admet des violences policières : "Cela vient après beaucoup de déni", regrettent de jeunes internautes qui ont suivi l'interview du président au média Brut

Si le président a bien prononcé les mots "violences policières" vendredi dans une interview à Brut, annoncé une meilleure formation des policiers et pris un engagement sur la création d'une plateforme d'écoute, certains jeunes internautes en espéraient davantage.

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Radio France
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L'interview d'Emmanuel Macron au média Brut a été commentée en direct sur les réseaux sociaux. Photo d'illustration. (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

"Quand j'entends le terme 'violences policières', je m'étouffe", avait déclaré cet été devant les députés Gérald Darmanin. Contrairement à son ministre de l'Intérieur, Emmanuel Macron a prononcé ces deux mots dans une interview qu'il a accordée au média Brut vendredi 4 décembre.

Cette séquence consacrée aux violences policieres après la récente évacuation musclée des migrants de la place de la République et le tabassage du producteur Michel Zecler, était l'une de plus attendues de l'intervention du président de la République. Même si Emmanuel Macron a admis des "violences policières" , tout en dénonçant "un slogan politisé", certains jeunes internautes et auditeurs rencontrés par franceinfo en espéraient davantage. Pour Valentin, le chef de l'État a fait la moitié du chemin :"Je pense qu'il était un peu plus tranchant dans ses propos. Peut être un peu plus précis et juste. Le président parlait plutôt de violence de la police." Raphaëlle ajoute : "C'est comme s'il était un petit peu obligé de reconnaître des choses que, jusque là, il n'avait pas trop envie de voir. C'est vrai que là, il admet des choses", reconnaît-elle.

"Le problème, c'est que ça vient après pas mal de choses où il y a eu beaucoup de déni sur des personnes qui ont été malmenées par la police, jusqu'à perdre un œil, jusqu'à perdre une main."

Raphaëlle, jeune internaute

à franceinfo

"M. Macron a nommé et renouvelé M. Darmanin en tant que ministre donc je ne pense pas qu'il y aura de changement radical de sa part", conclut Valentin.

"Lui tout seul ne peut rien faire"

Pour lutter contre les violences, les discriminations, à l'occasion des contrôles de police, Emmanuel Macron a annoncé vendredi la création d'une plateforme d'appel. Mais suffira-t-elle à réduire la fracture entre la police et une partie de la population, notamment dans les cités ? Alim, médiateur social, en doute : "Aujourd'hui, il y a une fracture. On nous a mis dans des ghettos, on nous a mis dans des bâtiments, dans des blocs. Il y a cet effet de 'ghettoïsation', malgré le brassage culturel qui, normalement, est une force. On sait très bien que lui tout seul le peut rien faire."

"On sait très bien qu'il y a des bons et des mauvais policiers mais malheureusement, les mauvais ne sont pas toujours sanctionnés. C'est ça le problème."

Alim, médiateur social

à franceinfo

Au sujet du très controversé article 24 de la proposition de loi "sécurité globale" , Emmanuel Macron a assuré qu'à l'avenir, les journalistes comme le citoyen pourront continuer de filmer la police.

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