VIDEO. "Je ne me sens pas personnellement responsable", se défend Christophe Castaner face aux critiques

Le ministre de l'Intérieur estime qu'il a dit "la vérité telle qu'elle était connue" après la tuerie à la préfecture de police de Paris, jeudi. Il avait déclaré que le tueur "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales".

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

"Je ne cherche pas à me dédouaner (...), j'ai parlé sur la base des éléments que j'avais", a estimé Christophe Castaner, lundi 7 octobre sur France Inter, au sujet de ses déclarations sur le profil de l'agent qui a tué quatre personnes jeudi à la préfecture de police de Paris.

Le ministre de l'Intérieur est vertement critiqué par Les Républicains et le Rassemblement national pour avoir déclaré, quelques heures après l'attaque, que l'assaillant "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales" ni "le moindre signe d'alerte".

"J'ai dit la vérité telle qu'elle était connue"

Le ministre de l'Intérieur réfute tout "scandale d'Etat" : "C'est un dysfonctionnement d'Etat. Un scandale d'Etat, je ne sais pas à quoi ça correspond. Et si des informations qui n'ont pas été communiquées en juillet 2015 auraient permis de sauver la vie de ces quatre personnes, c'est d'abord un drame." Christophe Castaner reconnait des "failles" dans le dossier. "La première faille de notre système, c'est qu'il n'y ait pas eu de signalement et surtout que celui-ci ne soit pas automatique."

"Jeudi, j'ai dit la vérité telle qu'elle était connue, se défend Christophe Castaner. On attend d'un ministre de l'Intérieur qu'il dise la vérité à un moment donné. Ensuite, il y a l'instruction judiciaire. Vendredi, des faits différents sont apparus, c'est le propre de l'instruction judiciaire, et peut-être que d'ici la fin de l'instruction judiciaire d'autres faits contrediront ceux qui sont apparus vendredi et des faits nouveaux pourront apparaître."

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Le rapport de la direction du renseignement de la préfecture de police, remis samedi au ministre de l'Intérieur, confirme qu'aucun signalement n'avait été fait auprès de la hiérarchie, malgré des échanges entre des membres de son service sur une éventuelle radicalisation en 2015, éléments qui avaient, à l'époque, été portés verbalement à la "hiérarchie intermédiaire".

Christophe Castaner a-t-il envisagé de démissionner ? "Dès lors qu'on m'indique que j'ai commis une faute, je veux bien l'entendre ; dès lors que je vous rapporte des faits qui ont été commis en 2015, je ne me sens pas personnellement responsable", a poursuivi Christophe Castaner, dont une partie de l'opposition réclame la démission. "Au moment où la préfecture de police et la police en général sont déstabilisées, le ministre de l'Intérieur ne doit pas se poser ce genre de question. Il doit diriger son administration."

Christophe Castaner le 7 octobre 2019.
Christophe Castaner le 7 octobre 2019. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)