VIDEO. Attaque à la préfecture de police : Christophe Castaner souhaite un signalement automatique pour toute alerte

Il n'y a pas eu d'alerte "au bon niveau, au bon moment", reconnaît le ministre de l'Intérieur, qui a cependant rappelé que le le dossier de l'assaillant ne faisait état "d'aucun signalement de radicalisation".

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

Quatre jours après l'attaque de la préfecture de police de Paris, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a dit lundi 7 octobre sur France Inter, "souhaiter que toute alerte fasse désormais l'objet d'un signalement automatique".

Le dossier administratif de l'agent qui a tué quatre fonctionnaires jeudi 3 octobre à la préfecture de police de Paris ne contenait aucun élément sur sa
radicalisation. Selon Christophe Castaner, "il n'y a pas eu d'alerte au bon niveau, au bon moment". Il a également rappelé que "trois attentats" avaient été déjoués "depuis le début de l'année". 

"Après l'attentat de Charlie Hebdo il aurait eu des propos, et je mets cela au conditionnel, totalement inadmissibles, insupportables pour quelqu'un qui travaille au sein de la police en particulier, mais pour n'importe qui en général, selon Christophe Castaner.

Il justifiait l'attentat. Évidemment, à ce moment-là, il aurait dû y avoir un signalement formel, un signalement automatique

Christophe Castaner

à France Inter

"Je pense que la première faille de notre système, c'est qu'il n'y ait pas eu de signalement et surtout que celui-ci ne soit pas automatique", a expliqué le ministre. 

"Je ne cherche pas à me dédouaner"

Si Mickaël Harpon "est passé à travers les mailles du filet", c'est "tout simplement parce qu'il n'y a pas eu d'alerte au bon niveau et de façon suffisante", a jugé Christophe Castaner. "Je ne cherche pas à me dédouaner (...), j'ai parlé sur la base des éléments que j'avais", a poursuivi Christophe Castaner au sujet du profil de l'agent

Les propos de l'assaillant ont fait l'objet d'une discussion informelle entre deux fonctionnaires et un major de police chargé des signalements de la radicalisation, en juillet 2015. Les deux agents n'ont cependant pas formalisé leur signalement. "Quelles sont les raisons ? Je ne sais pas (…) Je n'étais pas en responsabilité en juillet 2015, je n'étais pas dans la discussion au sein du service. Et je ne dis pas ça pour me défausser et charger un autre ministre, le ministre de l'époque n'était pas dans cette discussion", a souligné le ministre.

"De cette alerte-là, ses collègues n'ont pas jugé utile ensuite de considérer qu'il était radicalisé (…) Mais ensuite on voit bien que les signaux d'alerte qui sont apparus y compris dans l'enquête judiciaire depuis vendredi, auraient dû être suffisants pour déclencher un examen en profondeur".

Pour le moment, rien n'indique qu'il s'agit d'un système organisé

Christophe Castaner

à France Inter

L'assaillant bénéficiait d'une habilitation secret défense. Et certains se demandent s'il aurait pu communiquer des informations. Les enquêteurs cherchent à éclaircir notamment la nature des informations auxquelles il a pu avoir accès à la préfecture, où il travaillait depuis 2003.

Christophe Castaner a par ailleurs confirmé qu'"une vingtaine de fonctionnaire de police" avaient été écartés "depuis 2016 en particulier" et "depuis aussi le fait que nous avons fait adopter une loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme". "Maintenant, il faut resserrer plus encore les mailles du filet", a plaidé Christophe Castaner.

Christoophe Castaner le 7 octobre 2019.
Christoophe Castaner le 7 octobre 2019. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)