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Lyon : ce que l'on sait de l'attaque d'un prêtre orthodoxe, grièvement blessé par balles

L'arme qui a été utilisée n'a pas été retrouvée. La garde à vue du suspect arrêté a été levée.

Article rédigé par franceinfo
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Des soldats français sécurisent le périmètre dans lequel un prêtre orthodoxe a été blessé par plusieurs balles, le 31 octobre à Lyon. (JEFF PACHOUD / AFP)

Un prêtre orthodoxe grec a été gravement blessé par balles dans l'après-midi du samedi 31 octobre, à Lyon. Un suspect a d'abord été arrêté, mais sa garde à vue a ensuite été levée. Une enquête pour "tentative d'assassinat" est ouverte, et le parquet anti-terroriste n'est pas saisi pour l'instant. Alors que la France est encore sous le choc de l'attentat islamiste de Nice, la piste d'un conflit privé est étudiée, parmi d'autres. Voici ce que l'on sait de cette attaque.

Attaqué alors qu'il fermait son église

Le prêtre orthodoxe, Nicolas Kakavelakis, a été attaqué par un homme seul dans l'après-midi du samedi 31 octobre, à Lyon, alors qu'il fermait son église. Agé de 52 ans, visé par deux coups de feu, il a été atteint "au foie et à bout touchant". Il se trouve dans un état grave et a été hospitalisé. L'arme, un fusil à canon scié, n'a pas été retrouvée. 

L’attaque a eu lieu dans le quartier Jean-Macé, dans le 7e arrondissement de Lyon. L'église orthodoxe grecque de l'Annonciation est un gracieux édifice entouré d'immeubles de bon standing dans un quartier résidentiel réputé tranquille. Le prêtre de 52 ans était apprécié. "Il courait toute la journée pour trouver du travail aux Grecs qui arrivaient", explique à franceinfo un homme qui fréquente l'église orthodoxe. "C'est quelqu'un d'enjoué, toujours volontaire et dynamique, indique une femme émue. Je suis passée par franchement des moments difficiles, il me disait : 'T'inquiète pas, tu t'en sortiras.' Et là, maintenant, on peut prier pour lui."

La garde à vue du suspect est levée 

Un suspect "pouvant correspondre au signalement donné par les premiers témoins a été placé en garde à vue", avait précisé samedi la justice. Mais le parquet de Lyon a annoncé dimanche 1er novembre que cette garde a vue avait été levée "en début d'après-midi""Le médecin ayant examiné l'intéressé a jugé que son état de santé n'était pas compatible avec une mesure de garde à vue et qu'il relevait d'une hospitalisation sous contrainte. En l'état des investigations (...), aucun élément ne permet cependant de l'impliquer dans la commission des faits", précise le communiqué.

Une enquête pour "assassinat" ouverte

"A ce stade aucune hypothèse n'est écartée, ni privilégiée", a indiqué le procureur de Lyon, Nicolas Jacquet. L'enquête pour "tentative d'assassinat" a été confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lyon. Parallèlement, le parquet "reste en contact étroit avec le Parquet national anti-terroriste" qui n'est pas saisi pour le moment.  

Un "conflit" avec un ancien fidèle évoqué

On ne connaît pas pour l'instant les motivations de l'agresseur du prêtre. Parmi les hypothèses évoquées par les enquêteurs, un vieux conflit entre le prêtre et un ancien fidèle. "Ce prêtre est arrivé vers 2007 et depuis cette époque, il y a toujours eu un conflit dans cette église", mais "on n'a jamais pensé que ça puisse arriver à ce niveau", a expliqué à franceinfo Antoine Callot, de l’église orthodoxe francophone à Lyon

"Il y a eu des interventions de la police qui a été appelée par le père Nicolas, au moins une fois, sinon plusieurs dans l'église. Il y avait des bagarres dans l'église."

Antoine Callot, prêtre orthodoxe

à franceinfo

Cependant, "on ne sait pas du tout aujourd'hui" si c'est dans la direction d'un conflit privé "qu'on doit chercher", a-t-il nuancé. Dans l'église, "le climat n'était pas sain et d'ailleurs le père Nicolas ne célébrait plus dans cette église depuis plus d'un mois, il logeait encore au-dessus de l'église", il y avait "des menaces mais de là à voir quelqu'un passer à l'action comme on a vu cet après-midi, c'est invraisemblable", ajoute-t-il.

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