Ce que l'on sait de la spectaculaire évasion en hélicoptère du braqueur Redoine Faïd

Cette figure du banditisme était incarcérée à la prison de Réau (Seine-et-Marne) pour le meurtre de la jeune policière Aurélie Fouquet en 2010.

Des enquêteurs inspectant l\'hélicoptère utilisé par Redoine Faïd et ses complices pour s\'évader de la prison de Réau (Seine-et-Marne), le 1er juillet 2018.
Des enquêteurs inspectant l'hélicoptère utilisé par Redoine Faïd et ses complices pour s'évader de la prison de Réau (Seine-et-Marne), le 1er juillet 2018. (MAXPPP)

Redoine Faïd est à nouveau en cavale. Le médiatique braqueur de fourgons blindés est parvenu à s'échapper, dimanche 1er juillet, par hélicoptère, de la prison de Réau (Seine-et-Marne), où il était incarcéré. Une opération "de quelques minutes" qui n'a pas fait de blessés. Le point sur les faits.

Qui est Redoine Faïd ? 

C'est un visage bien connu du grand banditisme. Braqueur très médiatisé, cet homme de 46 ans a publié en 2010 un livre sur son expérience, Braqueur : des cités au grand banditisme. Sa spécialité : le braquage de fourgons blindés de transport de fonds. Ce natif de Creil (Oise) est considéré comme l'organisateur du braquage avorté qui avait entraîné la mort de la jeune policière Aurélie Fouquet, mère de famille de 26 ans, le 20 mai 2010 à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Il a été condamné en appel à vingt-cinq ans de prison, en avril 2018.

L'homme est aussi un spécialiste de l'évasion. Il s'était déjà fait la malle le 13 avril 2013 de la prison de Lille-Sequedin (Nord). Redoine Faïd avait sorti une arme d'un paquet de linge sale avant de prendre en otage quatre surveillants puis de faire exploser des portes de la maison d'arrêt. Sa cavale avait pris fin le 29 mai suivant dans un hôtel de Pontault-Combault (Seine-et-Marne).

Comment s'est-il évadé ? 

C'est vers 11h20, dimanche, que Redoine Faïd s'est évadé de la prison de Réau (Seine-et-Marne). Selon une source policière à France 3, trois complices équipés d'armes de guerre ont pénétré dans l'enceinte de la prison en se posant en hélicoptère dans la cour d'honneur, non protégée par des filets de sécurité. Martial Delabroye, représentant FO au centre pénitentiaire de Réau, interrogé par BFTMTV, parle lui de deux hommes descendus de l'hélicoptère. Cagoulés, habillés de noir et armés, ils ont allumé des fumigènes et "disqué" les portes (ils ont ouvert les portes avec une disqueuse) pour atteindre Redoine Faïd.

Ils ont ensuite extrait le braqueur des parloirs. L'opération n'a duré que "quelques minutes" et n'a fait aucun blessé, précise l'administration pénitentiaire.

Une vidéo, tournée par un détenu de la prison de Réau et authentifiée par une source policière auprès de France 3, montre de courts instants de l'évasion. On distingue des personnes qui courent dans les allées de la prison et on aperçoit un hélicoptère voler dans le ciel, sous les cris d'autres détenus. Selon Martial Delabroye, l'évasion "a duré dix minutes en tout".

"Il y a quelques mois, les services de l'établissement avaient repéré des drones qui survolaient l'établissement", a déclaré Nicole Belloubet, ministre de la Justice, en ne se disant toutefois "pas en capacité" de faire un lien formel avec l'évasion. "L'enquête judiciaire qui est en cours le dira", a-t-elle ajouté, soulignant que les complices du braqueur étaient passés par "une porte très peu utilisée". "Quelqu'un a repéré cette voie de passage possible, cela a pu être fait par le biais des drones."

>> VIDEO. Evasion de Redoine Faïd : des drones repérés "il y a quelques mois" au-dessus de la prison, selon la ministre de la Justice

Où en sont les recherches ?

Une course-poursuite dans le nord de l'Ile-de-France s'est depuis engagée. Volant à basse altitude, l'hélicoptère s'est posé et a été retrouvé, incendié, à Gonesse, dans le Val-d'Oise, entre les aéroports du Bourget et de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Le pilote de l'hélicoptère, un professeur de pilotage qui attendait un cours à l'aérodrome de Lognes (Seine-et-Marne), selon une source policière, avait été pris en otage. Il a été relâché sans avoir été blessé, mais l'homme est choqué, selon la police, et a été transporté à l'hôpital. Les occupants auraient alors pris la fuite à bord d'une Mégane Renault noire en direction de l'autoroute A1. La voiture des fuyards été retrouvée en feu sur le parking du centre commercial O'Parinor à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Un officier de police se tient à côté du véhicule utilisé pour l\'évasion de Redoine Faïd et abandonné dans le parking du centre commercial O\'Parinor, à Aulnay-Sous-Bois, au nord de Paris, le 1er juillet 2018.
Un officier de police se tient à côté du véhicule utilisé pour l'évasion de Redoine Faïd et abandonné dans le parking du centre commercial O'Parinor, à Aulnay-Sous-Bois, au nord de Paris, le 1er juillet 2018. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Le commando aurait alors pris place à bord d'un nouveau véhicule, une camionnette blanche de type Citroën Berlingo avec un logo Enedis sur le capot. Ils auraient pris la direction du Val-d'Oise.

Le frère de Redoine Faïd, Brahim, avec qui le braqueur discutait au parloir juste avant son évasion, a été placé en garde à vue, a appris franceinfo de source judiciaire. Une enquête du parquet de Paris est ouverte pour "évasion en bande organisée" et "association de malfaiteurs". 

Toutes les forces de police nationale, municipale, de sécurité publique et les forces de gendarmerie sont en alerte afin d'empêcher que Redoine Faïd ne gagne l'étranger. La police aux frontières est mobilisée, notamment à la frontière belge, car la voiture a pris la direction du Nord.