Affaire Maëlys : "Les parents ont besoin de montrer leur détresse, leur volonté de savoir", estime le père d'Estelle Mouzin

Eric Mouzin, dont la fille Estelle a disparu en 2003, a souligné l'importance de la marche blanche pour Maëlys organisée mercredi. Selon lui, les proches expriment le besoin de "savoir ce qui s’est passé".

Eric Mouzin, le père d\'Estelle disparue en 2003  en Seine-et-Marne, lors d\'une marche silencieuse organisée le 7 janvier 2017. 
Eric Mouzin, le père d'Estelle disparue en 2003  en Seine-et-Marne, lors d'une marche silencieuse organisée le 7 janvier 2017.  (MAXPPP)

Les parents de Maëlys, disparue cet été, organisent, mercredi 27 décembre, une marche blanche à Pont-de-Beauvoisin (Isère), là où l'enfant a été vue pour la dernière fois lors d'un mariage il y a quatre mois. Eric Mouzin, dont la fille Estelle a disparu en 2003 en Seine-et-Marne, estime ce mercredi matin sur franceinfo qu'avec cette marche blanche "les parents ont besoin de montrer à la fois leur détresse leur volonté de savoir".

franceinfo : Quelle importance revêt ce type de marche blanche pour vous qui avez vécu cette situation ?

Eric Mouzin : Tous les parents, tous les proches éprouvent le besoin de se retrouver et de montrer à la fois leur détresse et leur volonté de savoir ce qui s’est passé. Et puis peut-être, s'agit-il de rappeler à la justice et aux services d’enquête que le temps des parents et des proches n’est pas toujours celui de la justice et qu’il conviendrait que les choses, parfois, aillent plus vite quand c’est possible. 

Je ne pense pas qu’on ait le sentiment d’être oublié, on a le sentiment d’une profonde incompréhension de ce qui nous tombe sur la tête.Eric Mouzinà franceinfo

Votre fille a disparu en 2003. Depuis, vous vous êtes battu pour la mise en place en France du système alerte enlèvement. Des choses ont-elles été faites également dans le dialogue avec la justice ?

Là, je crois qu’il y a encore beaucoup de choses à faire. L’association essaye de faire mettre en place trois grands thèmes d’amélioration des dispositifs : le premier est la création d’un corps de juges spécialisés où les juges auraient une compétence plus large qu’un simple dossier. Nous demandons également la constitution d’un fichier des enfants disparus à double entrée : une entrée grand public et une entrée enquêteurs spécialisés. Cela permettrait de mettre en ligne, pour les enquêteurs, tous les dossiers de disparition et éventuellement de leur fournir des pistes de réflexion ou des indices sur des affaires similaires. Le troisième point, c’est l’amélioration du dispositif des enterrés sous X pour éviter que des personnes qui sont recherchées soient enterrées et que personne n’en ait connaissance.

Nordahl Lelandais est mis en examen dans l’affaire de la disparition de la petite Maëlys. Pour quelle raison avez-vous demandé à ce qu'il soit entendu dans le cadre de l’affaire de la disparition de votre fille ?

Cette demande a été effectuée dès le mois de septembre. En fait, ce n’est pas vraiment une demande, c’est plutôt un rappel de la procédure qui est mise en place dans le cadre de la disparition d’Estelle. Car il y a des commissions rogatoires qui sont délivrées sur l’ensemble du territoire et en théorie les enquêteurs sont censés faire remonter l’information en direction de Versailles. Si des éléments utiles dans le dossier d’Estelle peuvent être collectés dans des affaires similaires, il faut que la fluidité de l’information fonctionne correctement. Cette demande fait partie de la procédure. Elle a été médiatisée, mais c’est de la routine. Nous nous apprêtons à avoir les résultats de ces investigations d’ici un ou deux ans.

Affaire Maëlys : "Les parents ont besoin de montrer leur détresse, leur volonté de savoir", estime Eric Mouzin, le père d'Estelle Mouzin
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