Affaire Grégory : le père de l’enfant, Jean-Marie Villemin, espère obtenir la vérité "dans un avenir pas trop éloigné"

37 ans après la découverte du corps de son fils dans les Vosges, Jean-Marie Villemin évoque les rebondissements de l'enquête dans un livre publié par son avocat jeudi. Le père du petit Grégory ne s'était pas exprimé publiquement depuis 15 ans.

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Le corps de Grégory, quatre ans, est retrouvé le 16 octobre 1984 dans la Vologne (Vosges). (AFP)

Le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, s’exprime publiquement pour la première fois depuis 2006 dans le livre que fait paraître l’un de ses avocats vendredi 15 janvier. Malgré de multiples rebondissements, la mort du garçon de quatre ans, dont le corps a été retrouvé dans la Vologne (Vosges) il y a 37 ans, demeure une des plus retentissantes énigmes judiciaires en France.

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Dans la postface du livre "Parole d’avocat" de Thierry Moser, Jean-Marie Villemin rend hommage à ce dernier, qui est à ses côtés depuis 1985, et qu’il qualifie de "grand frère". Il revient aussi sur l’assassinat de son cousin Bernard Laroche, inculpé et emprisonné pour l’assassinat de Grégory en novembre 1984, puis relâché en février 1985. Le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin avait abattu Bernard Laroche d’un coup de fusil, persuadé qu’il s’agissait du coupable. "J’ai été voir Bernard Laroche pour qu’il avoue et je l’ai tué dans un moment d’aberration et de total désespoir", confie-t-il. Il sera condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis en 1993.

La mise en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle, un "rebondissement qui fait espérer"

Jean-Marie Villemin évoque également les rebondissements survenus en 2017 dans l’enquête, avec les mises en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle, suivies de leur annulation par la justice pour des questions de procédure. Ces mises en examen sont "un rebondissement qui nous fait espérer l’élucidation du crime dont notre enfant est la malheureuse victime", écrit-il. Mais Thierry Moser "pressent que les mis en examen vont se battre essentiellement sur le terrain de la procédure", poursuit-il. "De notre point de vue, il s’agit, d’une part de gagner du temps et d’autre part, de tenter d’éluder le débat sur le fond qui pourrait s’avérer très embarrassant pour eux", poursuit le père de Grégory.

Jean-Marie Villemin dit aussi garder espoir quant à la manifestation de la vérité, plus de 37 ans après les faits. "Nous espérons, Christine et moi, que nous pourrons enfin aboutir, dans un avenir pas trop éloigné, à une juste solution. Il le faut par respect pour la mémoire de Grégory", écrit-il, alors que le nouveau juge d’instruction chargé de l’affaire, Dominique Brault, a procédé ces dernières semaines à de nouvelles auditions, et que les avocats de Grégory ont réclamé à la justice de nouvelles expertises ADN.

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