Brétigny : y a-t-il eu des vols et des caillassages ?

"Le Point" s'est procuré un rapport de la Direction centrale des CRS, qui assure notamment que "certains fauteurs de troubles avaient réussi à s'emparer d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes".

Le train Paris-Limoges après son déraillement en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), le 12 juillet 2013.
Le train Paris-Limoges après son déraillement en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), le 12 juillet 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Que s'est-il réellement passé aux abords de la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), peu après le déraillement du Paris-Limoges ? L'hebdomadaire Le Point rapporte, jeudi 18 juillet, de nouveaux éléments après avoir consulté le "rapport de synthèse des affaires marquantes du 10 au 16 juillet" de la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS).

D'après ce document, il y a bien eu des scènes de caillassage à l'arrivée des secours. Et même plus : des vols sur des victimes. Un rapport qui relance la polémique et contredit les propos du gouvernement. Francetv info revient sur les différentes versions des événements.

Ce que dit le rapport de la DCCRS

Selon le magazine, "une page est consacrée à l'opération de sécurisation mise en place après la catastrophe ferroviaire par deux sections de la CRS 37-Strasbourg venues du cantonnement de Meaux". Cette page indique que "les fonctionnaires protégeaient ensuite les lieux de l'accident pour favoriser le travail des enquêteurs et des techniciens et sécuriser la visite des nombreuses autorités (président de la République, Premier ministre, ministre de l'Intérieur, ministre des Transports, ministre de la Santé...)".

Le rapport affirme également qu'il y a eu des vols. "Certains de ces fauteurs de troubles avaient réussi à s'emparer d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes", indique-t-il.

Ce que dit le syndicat de police Alliance

Le jour même du drame, Nathalie Michel, déléguée du syndicat de police Alliance, tient un récit particulièrement glaçant sur Europe 1 : "A 17h30, alors que nos collègues interviennent, ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui semblent porter secours aux victimes. Très rapidement, ils se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes, et notamment les premiers cadavres." 

Par ailleurs, des témoignages de policiers, recueillis notamment par France 2, font état de vols commis sur des membres des secours et des victimes.

Ce que disent les autorités

Ces indications contredisent notamment les propos du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, qui avait déclaré ne pas avoir connaissance de "victimes dépouillées" et avait simplement évoqué des comportements "un peu rudes" de la part d'habitants du quartier. Contacté par Le Point.fr, jeudi, le directeur départemental de la sécurité publique de l'Essonne soutient toujours cette thèse : "J'étais sur place, il y a certes eu des tensions pour repousser des individus, mais je n'ai vu ni scène de pillage ni violences urbaines, a-t-il dit. J'ai déclenché une enquête pour en avoir le cœur net."

Le maire PS de Brétigny-sur-Orge, Bernard Decaux, avait expliqué que "le mot 'caillassage' paraît très exagéré""Il y a eu des pierres lancées contre les pompiers et les policiers" mais "aucune" ne les aurait atteints.

Ce que disent les journalistes qui étaient sur place

Arrivés très tôt sur les lieux de la catastrophe ferroviaire, Peggy Mauger, de France 3, et Hugo Clément, de France 2, ont pu témoigner de l'ambiance qui régnait autour de la gare après l'accident. Le second est formel : "Oui, il y a eu de la tension, de la bousculade, mais non, il n'y a pas eu de pillage."

Lorsqu'il est arrivé sur place, "des jeunes étaient en train de filmer l'accident, les policiers les ont repoussés. Ça s'est un peu frotté, mais il n'y a rien eu de grave, malgré une certaine tension", raconte le journaliste de France 2. "C'est vers 19 heures que la tension est montée. (...) Les policiers sont venus nous voir en disant 'éloignez-vous, on reçoit des pierres'. Des CRS et des agents de la BAC ont ensuite confirmé des jets de pierres. Mais moi, personnellement, je n'en ai pas vu", relate la journaliste de France 3.

Par ailleurs, les quatre personnes qui avaient été placées en garde à vue dimanche, soupçonnées d'avoir volé le téléphone d'un secouriste, ont été remises en liberté, lundi. Mais "l'enquête se poursuit", avait alors précisé le parquet d'Evry.