A Brétigny, "oui il y a eu de la tension, non, il n'y a pas eu de pillage"

Arrivés très tôt sur les lieux de la catastrophe ferroviaire, Hugo Clément, pour France 2, et Peggy Mauger, pour France 3, peuvent témoigner de l'ambiance qui régnait autour de la gare.

La police délimite le périmètre de sécurité à Bretigny sur Orge. Le 12 juillet 2013.
La police délimite le périmètre de sécurité à Bretigny sur Orge. Le 12 juillet 2013. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY)

Des jeunes ont-ils voulu profiter de la confusion provoquée par le déraillement du train Paris-Limoges, vendredi 12 juillet, pour tenter de piller voyageurs et secouristes à Brétigny-sur-Orge? Le syndicat policier Alliance l'affirme, mais les secouristes n'ont rien vu de tel et les autorités démentent. Arrivés parmi les premiers sur les lieux de la catastrophe, les journalistes Hugo Clément, pour France 2, et Peggy Mauger, pour France 3, témoignent  de la tension qui régnait autour de la gare.

Francetv info : Vous êtes arrivés très vite, quelle était l'ambiance sur les lieux ?

Hugo Clément : Quand nous sommes arrivés sur place, il n'y avait pas encore de périmètre de sécurité. Nous avons donc pu nous déplacer sans trop de problème. Des jeunes étaient en train de filmer l'accident, les policiers les ont repoussés. Ça s'est un peu frotté, mais il n'y a rien eu de grave, malgré une certaine tension. 

Peggy Mauger : Il y avait beaucoup de monde autour de la gare, dont beaucoup de jeunes. Quand je suis arrivée, le périmétre de sécurité était très proche de la gare, à 20 à 30 mètres de la catastrophe. Vers 19 heures, avec leurs boucliers, les CRS ont commencé à repousser les jeunes présents pour élargir le périmètre, ça a commencé à se bousculer. Et juste à coté de moi, il y a eu une interpellation.

Certains témoins parlent de caillassage...

Peggy Mauger: J'ai vu partir un projectile. D'où il est parti et à qui il était destiné, je ne sais pas. Je devais intervenir en direct dans le 19/20 et c'était vraiment chaud autour de moi. Sur une catastrophe pareille, on ne s'attend pas à trouver une telle tension, à la limite de l'affrontement de banlieue. Les jeunes étaient très excités.

Hugo Clément: C'est effectivement plus tard, vers 19 heures, que la tension est montée. Quand toute la presse est arrivée, ainsi que les secours et la police. Les policiers sont venus nous voir en disant "éloignez-vous, on reçoit des pierres". Des CRS et des agents de la BAC ont ensuite confirmé des jets de pierres. Mais moi, personellement, je n'en n'ai pas vu. 

Qu'en est-il des rumeurs de pillage ?

Peggy Mauger : Quand nous sommes arrivés, nous ne pouvions déjà plus approcher des blessés. Ils étaient dans un zone bien délimitée. Le seul moment où nous avons pu les voir, c'est lors de la viste de François Hollande. Mais là, nous n'avons pas pu les interroger. S'il s'est passé quelque chose, c'est avant.

Hugo Clément : Il y a eu une tentative de vol du portable d'un secouriste mais le pillage sur les cadavres, je sais pas d'où Alliance sort ça ! Toutefois les agents de police sur place vendredi soir nous ont bien parlé de vols et de tentatives de vols sur les victimes. Mais encore une fois, nous étions tous focalisés sur la castatrophe. Oui, il y a eu de la tension, de la bousculade, mais non il n'y a pas eu de pillage.