Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo appelle à l'organisation d'une primaire de la gauche

"Cette gauche fracturée, qui aujourd’hui désespère nos concitoyens, doit se retrouver et se rassembler pour gouverner", déclare la maire de Paris et candidate socialiste à l'élection présidentielle.

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France Télévisions
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Anne Hidalgo, le 29 novembre 2021, à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Une tentative pour "redonner de l'espoir au peuple de gauche". Invitée du journal de 20 heures de TF1, mercredi 8 décembre, la candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, a appelé à l'organisation d'une primaire de la gauche. "Cette gauche fracturée, qui aujourd’hui désespère nos concitoyens, doit se retrouver et se rassembler pour gouverner", a-t-elle déclaré.

"Le temps est venu de ce rassemblement", estime la maire de Paris, à la peine dans les sondages depuis plusieurs semaines. "Nous ne pouvons pas perdre plus de temps, il y a urgence. Urgence à parler de ces sujets qu'on ne voit plus du tout dans le débat : les services publics, la crise écologique." Anne Hidalgo espère voir de "très nombreux" Français participer à cette primaire, si elle devait avoir lieu.

La candidate a pris sa décision aujourd'hui dans le train qui l'amenait à La Rochelle, confie l'entourage d'Anne Hidalgo à France Télévisions. Elle espère que le scrutin pourra s'organiser en janvier avec tous les candidats de gauche. "Je ne suis pas là pour dire qui peut y participer ou pas", a-t-elle précisé, mais la candidate invite tous "les candidats et les candidates qui veulent gouverner ensemble" à venir participer à ce scrutin. "Pour ne pas faire disparaître la gauche, il faut la renforcer et organiser une primaire." 

"Choix courageux"

Pour l'organisation de cette primaire, le Parti socialiste pourrait se tourner vers les personnes à l'origine de la primaire populaire, destinée à désigner un candidat commun à la gauche pour la présidentielle. Anne Hidalgo n'avait pas souhaité dans un premier temps , tout comme Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, participer à cette initiative, lancée par un mouvement citoyen fort de 210 000 participants.

Selon les informations obtenues par France Télévisions, le patron du PS Olivier Faure doit rencontrer des représentants de la primaire populaire dès demain. Le député socialiste a par ailleurs salué sur Twitter le "choix courageux d’une femme d’Etat qui a le sens de la gravité du moment".

Au sein même du PS, tout le monde ne croit pas à l'idée d'une primaire. Quelques minutes avant la déclaration d'Anne Hidalgo, l'ancien président François Hollande a jugé sur BFMTV qu'"une candidature d'union n'a de sens que si tous les candidats partagent les mêmes propositions. Or on sait que ce n'est pas le cas".

Refus net des Insoumis et des communistes

Les réactions dans les autres partis de gauche n'ont pas tardé. "Anne Hidalgo ne peut pas nous proposer la machine à perdre que le PS a inauguré en 2016", a déclaré sur franceinfo Eric Coquerel, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, après la proposition de la candidate socialiste à la présidentielle d'organiser une grande primaire ouverte de la gauche pour proposer une candidature commune en 2022. C'est la "proposition de la dernière chance pour elle", a également raillé la députée Insoumise Danièle Obono à l'AFP.

Refus net aussi chez le candidat communiste Fabien Roussel. "Une primaire permet seulement de régler un problème de casting, or le problème de la gauche aujourd'hui c'est qu'elle ne parle plus aux classes populaires. Fabien Roussel est candidat et le restera", a assuré son entourage à l'AFP.

De son côté, Arnaud Monteboug, lui aussi au plus bas dans les intentions de vote, avait fait un peu plus tôt mercredi un appel similaire à se rassembler, en "offrant" sa candidature à "un projet commun". Enfin, Yannick Jadot réserve sa réaction pour la matinale de franceinfo.

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