Législatives : Olivier Faure accuse deux ministres de complaisance avec le RN, "une faute historique"

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Le premier secrétaire du Parti socialiste a également pointé la responsabilité d'Emmanuel Macron qui a, selon lui, "fait fondre le front républicain".

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a exigé du "maître des horloges" Emmanuel Macron qu'il "remette les pendules à l'heure", après des déclarations de deux de ses ministres à propos du Rassemblement national. Sur franceinfo mardi 21 juin, il a visé en particulier le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, et le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau.

Il s'est ainsi indigné "d'entendre Éric Dupond-Moretti expliquer qu'il faut aller chercher les voix de l'extrême droite au Parlement". Dimanche soir, sur BFMTV, ce dernier a évoqué la possibilité d'"avancer ensemble" sur certains textes, alors qu'il faisait face au député européen RN Thierry Mariani. "Est-ce que vraiment, vous pensez qu'il y a une majorité possible avec l'extrême droite, est-ce que vraiment ces gens-là pensent ce qu'ils disent ?", s'est-il insurgé. "Il y a quelques temps, ils expliquaient que [l'extrême droite] c'était l'anti-République", qualifiant le comportement des ministres de "faute historique".

"Comment peuvent-ils en être arrivés là ? Dans quelle dérive sont-ils entrés ?"

Olivier Faure

à franceinfo

Ces propos d'Olivier Faure ont suscité une vive réaction, en retour, de l'entourage du garde des Sceaux ce mardi après-midi. Eric Dupond-Moretti "a toujours combattu le Front national", fait savoir son entourage à franceinfo. "Contrairement aux caricatures qui ont pu être faites, le garde des Sceaux a appelé les oppositions à prendre leur responsabilité pour faire avancer le pays dans l'intérêt des Français. Il a critiqué les oppositions de blocage qui ne sont pas constructives. On verra texte par texte ce que font les oppositions", poursuit son entourage.

Passe d'armes sur la commission des Finances

Quant à Marc Fesneau, Olivier Faure lui reproche d'avoir "expliqué", lundi sur franceinfo, "qu'il aurait finalement une préférence pour l'extrême droite à la tête de la commission des finances, plutôt que quelqu'un qui serait issu de la Nupes".

"La présidence de la commission des finances à l'Assemblée nationale revient au groupe le plus important de l'opposition", a affirmé le ministre de l'Agriculture. "Quand bien même ça ne me plaise pas, que ce soit le Rassemblement national, ça s'impose à nous, ça s'impose à moi", a-t-il ajouté. En réalité, le règlement de l'Assemblée nationale stipule seulement que cette fonction revient à un député qui appartient à un groupe d'opposition, sans préciser qu'elle revient au plus important.

"Emmanuel Macron a fait fondre le front républicain"

Si le député de Seine-et-Marne, réélu dimanche, reconnaît que "chacun doit prendre sa part" dans la percée historique du Rassemblement national, il estime que "les parts ne sont pas égales".

"Vous avez un président de la République qui s'était présenté comme le barrage contre l'extrême droite, poursuit Olivier Faure. Et dans ces élections législatives, on a abouti à cette espèce de confusion totale avec des gens dans son parti, la Première ministre, lui-même, qui ont expliqué qu'il fallait faire face aux extrêmes, comme si on pouvait mettre dans ce pays un trait d'équivalence entre la gauche et les écologistes et l'extrême droite. Il a fait fondre le front républicain."

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