Elections régionales et départementales : un scrutin perturbé par plusieurs couacs

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Un bureau de vote à Lyon, le 20 juin 2021. (SABINE GREPPO / HANS LUCAS)

Des incidents dans l'organisation du vote ont été rapportés dimanche et les jours précédents. Tous ne sont pas liés à la situation sanitaire.

Avec 26,72% de participations enregistrés à 17 heures selon le ministère de l'Intérieur, le premier tour des élections régionales et départementales du dimanche 20 juin pourrait faire l'objet de la pire abstention de l'histoire de ces deux scrutins.

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Si, au niveau national, l'explication se joue sans doute au niveau politique, localement, certains incidents n'auront pas aidé. Le jour du vote et ceux qui ont précédé ont été marqués par des incidents très divers, que franceinfo vous résume.

Des bureaux fermés à Marseille

Dimanche matin, les électeurs marseillais les plus matinaux ont parfois eu la mauvaise surprise de découvrir que leurs bureaux n'avaient pas ouvert, faute de personnes pour les tenir. "Sur 480 bureaux, 40 présidents ne sont pas venus récupérer leur sacoche samedi", a expliqué à l'AFP la direction générale des services de la mairie de Marseille. La mairie explique avoir réagi en réquisitionnant certains de ses fonctionnaires, mais seuls 20 des 40 présidents désignés ont manqué à l'appel.

La préfecture des Bouches-du-Rhône évoque elle, auprès de franceinfo, 34 bureaux qui "ne disposaient pas de présidents" à l'ouverture du vote. Dix d'entre eux étaient encore "en cours d'installation" en milieu de matinée selon la mairie, qui explique que les assesseurs réquisitionnés "ne sont pas habitués et donc [que] l'ouverture des bureaux est plus lente". Ce n'est qu'à 12h30 que la situation a été complètement résolue, selon France 3. "Beaucoup de gens âgés sont repartis, ils ne reviendront sûrement pas", s'insurgeait une électrice rencontrée par la chaîne.

Des bulletins absents

A Cousolre (Nord), le bureau de vote a bien ouvert à 8 heures, et c'est même là que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a déposé son bulletin dans l'urne une heure plus tard. S'il avait souhaité voter pour la liste de gauche emmenée par l'écologiste Karima Delli, le garde des Sceaux se serait peut-être rendu compte que les bulletins de celle-ci étaient absents du bureau, comme le rapportent La Voix du Nord et France 3 Hauts de France.

Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, vote pour les élections régionales et départementales à Cousolre (Nord), le 20 juin 2021. Sur la table devant lui, un emplacement libre, où auraient dû se trouver les bulletins de la liste de l'écologiste Karima Delli. (THOMAS LO PRESTI / AFP)

Le quotidien explique que c'est à 11 heures que la sous-préfecture d'Avesnes a été prévenue, par Benjamin Saint-Huile, maire PS de la ville voisine de Jeumont et candidat sur la liste de Karima Delli. Ce qui a permis aux bulletins d'être acheminés à la mi-journée. La sous-préfète, jointe par le quotidien, explique que c'est à la municipalité de s'assurer que rien ne manque au matériel de vote.

"Si, sur les quatre premières heures de vote, aucun électeur n'a pu choisir ce bulletin, cela pose la question de la sincérité du scrutin", estime Benjamin Saint-Huile, interrogé par l'AFP. La commune de Cousolre compte un peu plus de 2 000 habitants.

De façon plus brève, les bulletins d'un binôme PS-PRG candidat aux élections départementales n'ont pas été proposés pendant plus d'une heure ce matin aux électeurs d'un bureau de Montauban (Tarn-et-Garonne), rapporte La Dépêche du Midi. Si les bulletins ont été mis à disposition des électeurs après la remarque d'une d'entre eux, l'équipe de campagne de Catherine Bourdoncle et José Gonzalez a déposé un signalement, ajoute le quotidien.

Une distribution aléatoire de la propagande électorale

Dans les jours précédant le scrutin, des voix se sont élevées, dans plusieurs familles politiques, pour déplorer des ratés dans la distribution des documents officiels de propagande électorale. Régions de France, l'Assemblée des départements de France et l'Association des maires de France s'en sont plaints dans un communiqué commun, samedi, appelant le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à "mobiliser des moyens exceptionnels" pour que le problème ne se présente pas avant le second tour.

Déjà interpellé sur le sujet jeudi au Sénat, ce dernier a pointé du doigt la société Adrexo, à qui cette distribution avait été déléguée, l'accusant d'avoir "particulièrement mal distribué une partie de la propagande électorale". Il a présenté des "excuses" au nom du gouvernement. Dimanche, le secrétaire général du ministère de l'Intérieur a confié aux préfets la mission de superviser la distribution de ces documents par ce prestataire. Alors que la participation s'annonce faible, sur fond de désintérêt et parfois d'ignorance de l'organisation des deux scrutins, ce couac ne manquera pas d'être commenté.

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