Chute du dernier bastion communiste, première victoire pour Claude Chirac, succès pour Gérald Darmanin... Ce qu'il faut retenir des élections départementales

Le Finistère, les Alpes-de-Haute-Provence, le Puy-de-Dôme, l’Ardèche, le Val-de-Marne basculent à droite, qui étend son influence dans les conseils départementaux. 

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Un électeur dans un bureau de vote pour les élections régionales et départementales au Touquet (Pas-de-Calais), le 27 juin 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Dans l'ombre des régionales, les élections départementales ont de nouveau été marquées par une abstention massive, dimanche 27 juin. Les électeurs et électrices qui se sont déplacés votaient pour un binôme, composé d'un homme et d'une femme. A l’instar des régions, la prime a été donnée aux équipes sortantes à la tête des départements. Succès de la droite dans plusieurs départements, échec du FN notamment dans les Pyrénées-Orientales, personnalités confortées… Franceinfo vous résume les principaux enseignements de ce scrutin, dont vous pouvez retrouver le détail sur notre carte des résultats, canton par canton.

>> Elections régionales et départementales : retrouvez dans notre direct les derniers résultats commentés et analysés

Le Finistère, les Alpes-de-Haute-Provence, le Puy-de-Dôme, le Val-de-Marne basculent à droite

Plusieurs départements basculent à droite, confirmant la percée bleue des dernières élections départementales. Dans le Finistère, 14 cantons sur 27 sont d'ores et déjà acquis à la droite, selon France Bleu. C'est ce qu'il faut pour espérer remporter la présidence du département, que la gauche avait gagnée en 2015. 

Les Alpes-de-Haute-Provence, ancrées à gauche depuis 1998, basculent aussi à l'issue du second tour. Cette victoire permet à la droite d'asseoir un peu plus son assise dans la région Paca.

Le Puy-de-Dôme, dont le sort était très incertain, bascule également à droite, qui prend la majorité au conseil départemental. Le président sortant, l’ancien socialiste Jean-Yves Gouttebel, rallié à la majorité présidentielle, avait renoncé à se représenter après avoir dirigé le département depuis 2004. 

Dernière conquête, et non des moindres : le Val-de-Marne, ultime bastion communiste depuis 1976, change de couleur et sera gouverné par la droite. Candidat à sa réélection dans le canton de Champigny-sur-Marne-1, Christian Favier a reconnu sa défaite.

La gauche reprend la Charente et les Côtes-d’Armor

Maigre consolation pour la gauche, qui reprend deux départements. En tête dans 19 cantons sur 27, elle remporte les Côtes-d'Armor, que la droite lui avait ravi en 2015. Christian Coail, conseiller départemental depuis 2008, pourrait être le prochain président du département, précise France 3 Bretagne.

La gauche reprend aussi le contrôle de la Charente, selon France Bleu

Le RN échoue à ravir les Pyrénées-Orientales à la gauche

En échec aux régionales, le Rassemblement national espérait malgré tout augmenter son nombre de conseillers départementaux. Ce ne sera probablement pas le cas. Le RN de Marine Le Pen essuie un premier échec dans les Pyrénées-Orientales, qu’il espérait bien ravir à la gauche. Les socialistes parviennent à garder le département de justesse. Une défaite pour le maire de Perpignan, Louis Aliot, qui avait porté la campagne du Rassemblement national dans le département, même s'il n'était pas personnellement candidat. 

Selon France 3 Hauts-de-France, le RN perd par ailleurs six sièges dans l'Aisne et échoue à percer dans plusieurs départements qu'il avait dans le viseur : les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et le Var, qui restent à droite ainsi que l’Hérault, qui reste à gauche. Dans le Pas-de-Calais, il perd quatre des six cantons gagnés en 2015, au profit de la gauche.

Pas de changement de couleur pour la Loire-Atlantique, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Seine-Saint-Denis et le Cher

En Loire-Atlantique, la gauche au pouvoir depuis 2004 n'avait qu'un léger avantage sur la droite au premier tour et ne l'avait emporté en 2015 qu’avec un canton d’écart. Elle parvient finalement à conserver le département, seul bastion rose dans les Pays de la Loire. Michel Ménard devrait en prendre la présidence le 1er juillet prochain. 

De l'autre côté du pays, la Meurthe-et-Moselle reste l'exception de gauche dans le Grand Est : l'union du centre et de la droite n'a pas réussi à faire basculer suffisamment de cantons pour avoir une majorité, analyse L'Est républicain. Mais la majorité sortante, reconduite, va devoir se trouver un ou une candidate : la présidente sortante, Valérie Beausert-Leick, a été battue dans le canton de Laxou.

Dans le Pas-de-Calais, la majorité de gauche sort renforcée de ce scrutin. Le président sortant, Jean-Claude Leroy, devrait donc retrouver son fauteuil dès le 1er juillet. En Seine-Saint-Denis, où la droite espérait l'emporter, l'union de la gauche dirigée par le président (PS) sortant, Stéphane Troussel, conserve finalement la majorité

Dans le Cher, la droite l'emporte dans 12 cantons sur les 19 du département, et conserve la majorité. La gauche, qui espérait refaire basculer le "18", conserve sept cantons

Statu quo en Occitanie: 12 des 13 départements, y compris ceux des Pyrénées-Orientales et du Gard où le RN avait des ambitions, se maintiennent à gauche, alors que l'Aveyron conserve son statut de terre historique de droite.

Les personnalités confortées dans leur canton

La majorité présidentielle, en déroute lors de ces élections locales, parvient à sauver les meubles là où elle avait réussi à passer le cap du premier tour. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, est arrivé en tête avec sa binôme Catherine Delalande dans le canton de Vernon (Eure) avec 81% des voix.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a, lui, revendiqué sa victoire dans son canton de Tourcoing (Nord), avec "près de 65% des voix", recueillies par son binôme (divers droite) formé avec la maire de la commune, Doriane Bécue.

Sa collègue Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, remporte le canton de Desvres (Pas-de-Calais) avec 66,37% des suffrages, deux fois plus que le RN. 

A droite, Claude Chirac, qui faisait ses premiers pas en politique, est largement élue au second tour dans le canton de Brive-la-Gaillarde-2. La fille de Jacques et Bernadette Chirac récolte, avec son binôme Julien Bounie, 70,6% des voix. Toujours à droite, Guillaume Pelltier, numéro 2 de LR, revendique la victoire dans le canton de Chambord (Loir-et-Cher).

Malgré l'échec de son parti à ces élections, Marine Le Pen décroche haut la main, avec Steeve Briois, le canton de Hénin-Beaumont-2 (Pas-de-Calais) avec 59,72% des voix. "Je suis plus que jamais déterminée à mettre toute mon énergie et ma volonté à réhabiliter la politique, à lui rendre son utilité au service des Français", a-t-elle déclaré.

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