SNCF : près de six Français sur dix jugent la grève du 5 décembre injustifiée, selon un sondage

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro", plus des trois quarts des Français se disent favorables à l'instauration d'un service minimum pendant le mouvement de grève.

Le hall de la Gare de Lyon, à Paris, pendant un mouvement social de la SNCF, le 20 octobre 2019.
Le hall de la Gare de Lyon, à Paris, pendant un mouvement social de la SNCF, le 20 octobre 2019. (DENIS MEYER / HANS LUCAS)

Près de six Français sur dix (57%) estiment que le mouvement de grève à la SNCF prévu à partir du 5 décembre est injustifié. C’est ce qui ressort du sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 31 octobre.

La perception de ce mouvement social est toutefois très nuancée selon la sensibilité politique des personnes interrogées. Si plus de sept sympathisants de La France insoumise sur dix (72%) défendent la grève, ce soutien décroît nettement dès que l’on se déplace vers la droite de l’échiquier politique. Les deux tiers des proches du PS (64%) appuient le mouvement. Seule la moitié des sympathisants EELV (50%) le soutient. A l’inverse, plus de huit sympathisants Les Républicains sur dix (84%) trouvent la grève injustifiée, un rejet qui grimpe à 87% chez les partisans de La République en marche. A noter que les sympathisants RN restent totalement partagés entre soutien et désapprobation (50/50).

L'instauration d'un service minimum plébiscitée

Face aux conséquences de la grève du 5 décembre, plus des trois quarts des Français (77%) se disent favorables à l’instauration d’un service minimum. Il est très largement plébiscité par les Marcheurs (93%) et les proches de LR (90%), mais également par les sympathisants PS à 83%. Sept sympathisants RN sur dix (69%) approuvent aussi cette idée de service minimum, idée partagée également par les deux tiers des proches d'EELV et 60% de LFI.

Toutefois, moins de quatre Français sur dix (37%) pensent qu'ils seront pénalisés par le mouvement social. Dans le détail, 17% des personnes interrogées pensent qu'elles seront "beaucoup pénalisées" et 20% estiment qu'elles le seront "un peu". A l'inverse, 41% des sondés assurent qu'ils ne seront "pas du tout" pénalisés, et 21% à ne l'être "pas vraiment". A noter que la moitié des 18-24 ans (50%), des cadres (56%) et des Franciliens (57%) pensent qu’ils en pâtiront.

Remise en cause du statut de cheminot

L’enquête s’est également penchée sur le regard porté par les Français sur le statut des cheminots. Pour les deux tiers des personnes interrogées (65%), il faut faire disparaître ce statut, qui est un privilège et n'a plus lieu d'être aujourd'hui. Seul un tiers des Français (34%) juge qu'il faut le maintenir comme contrepartie d'un travail souvent pénible. Dans le détail, neuf proches de LREM sur dix (91%) jugent le statut obsolète, tout comme 85% des sympathisants LR. Dans une moindre mesure, les sympathisants RN, à 60%, et EELV, à 54%, approuvent la fin du statut des cheminots. A gauche, son maintien est défendu, mais à seulement 54% pour les Insoumis et 51% pour les proches du PS.

A noter enfin que les cheminots recueillent une majorité de soutiens des Français sur leur droit de retrait exercé après l’accident de TER du 16 octobre. Malgré les gênes qu'elles ont pu ressentir, 58% des personnes interrogées estiment ce droit de retrait justifié. Les catégories populaires, à 70%, et les sympathisants de gauche (79% des Insoumis et 69% des socialistes) approuvent la réaction des cheminots. Les deux tiers des EELV (66%) et des RN (64%) appuient également la démarche. A l'inverse, le droit de retrait n'était pas justifié pour les proches de LREM (72%) et de LR (58%).

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée en ligne les 30 et 31 octobre, sur un échantillon de 1 005 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.