SNCF : la perspective d'une grève massive à Noël s'éloigne, un accord salarial signé par la CFDT et l'UNSA

La CFDT et l'UNSA ont signé mercredi l'accord salarial proposé par la direction, mais pas la CGT et SUD Rail, majoritaires. La perspective d'un mouvement social d'ampleur au moment des fêtes semble très peu probable.
Article rédigé par Raphaël Ebenstein - édité par Théo Uhart
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
La gare du Nord à Paris. Photo d'illustration. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Pas d'unité syndicale à la SNCF à l'issue des négociations salariales. La CFDT et l'UNSA ont en effet approuvé l'accord proposé par la direction, qui était ouvert à la signature jusqu'à mercredi 22 novembre au soir, à l'inverse de la CGT et de SUD Rail.

Les 140 000 cheminots devraient donc être augmentés de 4,6% en moyenne l'an prochain, selon les calculs de la direction. Dans le détail, c'est une augmentation générale de 1,8%, couplée à diverses hausses de primes ou promotions, particulièrement pour les plus bas salaires. Mais si SUD Rail laisse planer la menace d'une grève lors des vacances de Noël, l'hypothèse d'un gros mouvement social apparaît toutefois peu probable pour le moment.

La menace de grève, une manière d'installer un rapport de force

"Même SUD Rail n'a jamais été fan de perturber les départs des familles pour Noël", confient plusieurs sources au sein de la SNCF, qui voient surtout dans les menaces de grève une manière d'installer un rapport de force avec la direction de l'entreprise. Les mêmes font remarquer que ni SUD, ni la CGT n'avaient signé les propositions salariales de la direction l'an dernier, sans pour autant faire grève ensuite. Ce sont les contrôleurs qui, dans un mouvement spontané hors des principaux syndicats, avaient débrayé au moment des fêtes en 2022.

Si une réunion commune des quatre principaux syndicats de cheminots doit se tenir mardi prochain, l'ordre du jour portera surtout sur l'avenir de la filiale fret, un sujet qui suscite beaucoup d'inquiétude et de colère en interne, ou sur la gestion des fins de carrière. Les modalités d'organisation d'une grève ne sont donc pas à l'ordre du jour, à condition que la direction de la SNCF "ne mette pas le feu d'ici là", selon les termes d'un syndicaliste. Et qu'elle applique bien les mesures salariales prévues, malgré les non-signatures de la CGT et de SUD Rail, majoritaires à eux deux.

Finalement, le point d'alerte concerne peut-être les aiguilleurs, dépendants de SNCF Réseau et en sous-effectifs chroniques, appelés à une grève spécifique début décembre sur les questions d'emploi. C'est précisément un conflit catégoriel, celui des contrôleurs, qui avait dégénéré et perturbé le trafic en plein week-end de Noël l'an passé.

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