Grève à la SNCF : 57% des Français estiment que le mouvement de grève reconductible n'est pas justifiée, selon un sondage

Pour une majorité de Français, la grève reconductible des cheminots n'est pas justifiée, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting publié jeudi. Cette tendance va à l'encontre de ce que l'on perçoit sur les réseaux sociaux.

A la gare du Nord le 4 avril 2018, au second jour de grève des cheminots.
A la gare du Nord le 4 avril 2018, au second jour de grève des cheminots. (MAXPPP)

Une majorité de Français (57%) estime que la grève reconductible des cheminots contre la réforme de la SNCF est un mouvement qui n'est "pas justifié", selon un sondage* Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 4 avril. À l'inverse, 42% des sondés trouvent le mouvement "justifié".

Ce niveau est pratiquement inchangé depuis la précédente étude d'Odoxa, qui date du 23 mars : à l'époque, 58% des Français (contre 41%) estimaient que le mouvement annoncé n'était pas justifié.

Une tendance inverse sur les réseaux sociaux

Par ailleurs, seuls les sympathisants de gauche considèrent, dans leur grande majorité (68%), que cette grève à la SNCF est justifiée. Les sympathisants La République en marche, de droite ou du Front national sont, en grande majorité, opposés à ce mouvement.

Cette tendance va à l'encontre de ce que l'on perçoit sur les réseaux sociaux, où le soutien aux cheminots grévistes semble important : plus de 189 400 messages avec les #jesoutienslagrèvedescheminots ou #jesoutienslescheminots ont été publiés. À l'inverse, aucun mot-dièse n'apparaît de façon significative contre le mouvement : les #stopgreve, #arretgreve, #jenesoutienspaslescheminots ou #jenesoutienspaslesgrevistes plafonnent à 4 500 messages seulement. Cela montre que l'exaspération mobilise moins que le soutien aux grévistes sur les réseaux sociaux.

Une très courte majorité de Français (51%) considère toutefois que le gouvernement doit tout faire pour éviter cette grève, quitte à renoncer à certains points de sa réforme. 48% pensent au contraire que le gouvernement doit tenir bon et ne rien lâcher aux syndicats, quitte à ce que le conflit dure.

La peur de revivre le blocage de 1995

Par ailleurs, un tiers des Français (33%) se dit pénalisé par la grève, que ce soit pour aller au travail ou pour préparer leur départ en vacances. Ce chiffre grimpe à 49% pour les 18-24 ans, à 40% pour les cadres et à 43% pour les Franciliens. Au contraire, 67% des Français disent ne pas être pénalisés par le mouvement.

L'inquiétude sur les suites de ce mouvement est grande : près de six Français sur dix (59%) pensent que la mobilisation des syndicats contre la réforme de la SNCF pourrait conduire la France à un blocage complet, comme celui que le pays a connu en décembre 1995.

* Ce sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 1 013 Français interrogés par internet les 4 et 5 avril 2018. L'échantillon est représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et il comprend notamment 205 sympathisants de gauche, 131 sympathisants LREM, 120 sympathisants de droite hors FN et 170 sympathisants du FN.