Agression homophobe, insultes racistes, menaces... Le mouvement des "gilets jaunes" a (aussi) dérapé

Cognac, Saint-Quentin, Besançon, Paris... Plusieurs incidents ont émaillé les manifestations qui ont rassemblé plus de 280 000 personnes samedi.

Les \"gilets jaunes\" manifestent à la Porte d\'Armor à Nantes le 17 novembre 2018.
Les "gilets jaunes" manifestent à la Porte d'Armor à Nantes le 17 novembre 2018. (ESTELLE RUIZ / NURPHOTO)

"Violences volontaires", "outrage", "rébellion sur un policier"... Plusieurs "gilets jaunes" ont rendez-vous au tribunal, lundi 19 novembre, pour y être jugés. Car la grande journée de mobilisation de samedi, qui a fait un mort et 400 blessés, a aussi été le théâtre de plusieurs incidents. Parmi eux, des agressions racistes ou homophobes. Franceinfo fait le point.

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A Bourg-en-Bresse, un couple homosexuel agressé

"Une véritable émeute". Un conseiller municipal de Bourg-en-Bresse a été victime d'"une violente agression", rapporte La Voix de l'Ain. Vers 11h30, samedi 17 novembre, l'élu se rendait avec son ami à l'hypermarché Leclerc de la ville, dont l'accès était barré par des "gilets jaunes". Quand la voiture a essayé d'avancer, les manifestants ont tenté d'arracher les deux hommes de leurs sièges.

J'ai entendu certains manifestants dire : 'Je le reconnais, c'est un pédé.' A partir de là, ils nous ont menacés.Raphaël Duretdans "La Voix de l'Ain"

Le journal local évoque des coups de poing et des coups de pied. Deux policiers sont intervenus pour mettre fin à l'agression. "Ils ont dû m'accompagner pour me faire sortir du secteur en sécurité car j'ai reçu des menaces de mort", précise le compagnon de l'élu dans un message publié sur les réseaux sociaux. Raphaël Duret, qui a décidé de porter plainte, a publié des photos de sa voiture sur Facebook. On voit clairement que les feux arrière, les rétroviseurs et le pare-brise arrière sont détruits. 


Sur Twitter, SOS Homophobie et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ont apporté leur soutien aux victimes.

A Saint-Quentin, une conductrice forcée de retirer son voile

Au rond-point d'Auchan-Fayet à Saint-Quentin (Aisne), les automobilistes qui avaient osé s’aventurer sur le barrage avaient jusque-là été "moqués", "vilipendés" et "parfois bloqués quelques instants" pour ne pas avoir mis leur gilet jaune. Mais selon Le Courrier picard, une conductrice voilée a, elle, été traitée différemment. "Ils lui ont fait retirer son voile", a raconté une manifestante, qui a assisté à la scène.

Un autre témoin de la scène assure qu'il a vu plusieurs individus mettre leurs gilets jaunes sur leurs têtes "pour mimer le voile islamique, insulter l'automobiliste et lui faire des grimaces de singe". L'incident est rapidement remonté aux oreilles de l'organisateur du rassemblement qui s'est dit scandalisé. "Ce n'est pas normal ! Je suis contre ça. Nous allons arrêter tout ça", a-t-il réagi dans les colonnes du quotidien local.

A Cognac, une femme noire victime de propos racistes

"Retourne chez toi, retourne dans ton pays", "Dégage" ou encore "Casse-toi pouffiasse !" Une automobiliste noire a été la cible de propos racistes, "entre le rond-point de la Trache et Lidl" à Cognac, comme le montre une vidéo sidérante diffusée par La Charente libre. Sur les images, on voit des personnes portant des gilets jaunes bloquer le passage à cette conductrice en l'invectivant.

Sous le regard de ses enfants, la jeune femme sort de sa voiture, avant d'être repoussée violemment par un "gilet jaune". "La mère de famille, elle aussi énervée, revient au contact puis essuie une bordée d'insultes, dont certaines racistes et inadmissibles", décrit le journal. "L'histoire des Noirs, on ne veut plus entendre parler de ça !" lui lance-t-on.

Les organisateurs, qui "dénoncent ces propos et s'en désolidarisent", précisent qu'ils ont aussi dû exclure de la manifestation un "homme alcoolisé".

Sur Twitter, la préfecture de la Charente annonce que la police nationale a aussitôt fait un signalement au procureur de la République d'Angoulême. A lui désormais de décider des suites judiciaires à donner à cette affaire.

A Besançon, un reporter visé par des injures racistes

L'incident s'est produit sur le barrage filtrant de Châteaufarine, le plus grand centre commercial de Franche-Comté. "Un reporter bénévole de la radio associative locale Bip" a été "pris à partie par un manifestant, a essuyé des injures racistes" puis "a été frappé au visage", raconte L'Est républicain. Le journaliste est allé aux urgences faire constater ses blessures. La radio condamne une "agression raciste" et "abjecte".

A Paris, un autre journaliste agressé

Le journaliste de BFMTV Raphaël Maillochon intervenait à l'antenne lorsqu'un individu casqué "a surgi sur sa droite, s'est jeté sur lui et lui a balancé ce qui semble être un œuf sur la tête", écrit Télé Loisirs. Le reporter a donc "dû interrompre son direct", comme le montre la vidéo ci-dessous. Plusieurs de ses confrères lui ont témoigné leur soutien.

Le journaliste Raphaël Maillochon a lui aussi réagi sur Twitter, condamnant une "lâche agression".