"Gilets jaunes" : "On est dans un schéma nouveau où ceux qui soutiennent sont complices" estime un syndicat de police

Le secrétaire général adjoint du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) a dénoncé, dimanche sur franceinfo, les violences de la 18e journée de mobilisation des "gilets jaunes".

Des policiers tentent de disperser la foule de manifestants sur l\'avenue des Champs-Elysées, lors de la 18e journée de mobilisation des \"gilets jaunes\".
Des policiers tentent de disperser la foule de manifestants sur l'avenue des Champs-Elysées, lors de la 18e journée de mobilisation des "gilets jaunes". (MAXPPP)

Boutiques saccagées, manifestants et policiers blessés, plus de 200 interpellations, la manifestation des "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées, samedi 16 mars à Paris, a largement dégénéré. "On est dans un schéma nouveau où ceux qui soutiennent sont complices", a expliqué dimanche sur franceinfo Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). "C'est une délinquance diffuse ou par procuration", a t-il estimé.

franceinfo : Le dispositif sécuritaire était-il suffisant ?

Christophe Rouget : Le dispositif des forces de l'ordre était forcément insuffisant puisque nous avions d'autres manifestations à surveiller. Le mouvement des "gilets jaunes" dure depuis 18 semaines, c'est le plus long conflit social qu'on ait connu en France. Des policiers n'ont pas été présents le week-end depuis 18 semaines dans leurs familles. On ne peut pas mettre du monde partout.

A quoi est dû ce regain de violence ?

Les messages sur les réseaux sociaux étaient clairs : il n'y a que lorsque l'on casse que l'on est entendu. On est dans le cadre de délinquants qui ont appelé, sur les réseaux sociaux, à la haine, aux attroupements et qui sont venus [samedi] pour casser à des endroits multiples sans parcours prédestinés. Les forces de l'ordre ne peuvent intervenir que lorsque les actions de casse arrivent.

Des responsables des "gilets jaunes" avaient laissé entendre qu'il fallait radicaliser le mouvement mais cela ne semble pas avoir été entendu en termes de sécurité. Comment l'expliquez-vous ?

On ne peut pas mettre un policier devant chaque magasin. Il faut se poser des questions au sujet de ces personnes qui appellent à la haine et qui ne sont pas inquiétées. On est dans un schéma nouveau où ceux qui soutiennent sont complices. On a vu une haie d'honneur qui a été faite à des black blocs, des "gilets jaunes" se prenant en photo devant le Fouquet's. C'est une délinquance diffuse ou par procuration. Si les personnes ne commettent pas des délits elles-mêmes, elles sont satisfaites que d'autres le fassent pour elles.

Certains "gilets jaunes" pacifistes envisagent d'arrêter de manifester à Paris. Cela changerait-il les choses ?

Les manifestations de [samedi] n'étaient pas autorisées. Ceux qui sont assez naïfs pour penser qu'en allant sur les Champs-Elysées, il ne va pas y avoir de dégradations, plus personne ne les croit. Il y a eu des milliers de pavés et de projectiles qui ont été jetés sur les forces de l'ordre, on a eu des véhicules de police attaqués, brûlés, des policiers lynchés, des immeubles incendiés. Je tiens à remercier mes collègues pour le sang-froid qu'ils ont eu afin d'éviter qu'il y ait des drames humains.