"Gilets jaunes" : à quoi va ressembler le 16e week-end de mobilisation ?

Des appels à manifester ont été lancés dans toute la France, mais les figures les plus médiatiques du mouvement concentrent leurs efforts sur le week-end suivant.

Des manifestants participent à un rassemblement des \"gilets jaunes\" le 23 février 2019 à Bordeaux.
Des manifestants participent à un rassemblement des "gilets jaunes" le 23 février 2019 à Bordeaux. (GEORGES GOBET / AFP)

Les semaines se suivent et les "gilets jaunes" continuent leur mouvement, partout en France. Plusieurs appels à des rassemblements samedi 2 mars, à Paris, Bordeaux, Lyon ou encore Lille, ont été lancés sur les réseaux sociaux, en amont de ce seizième week-end consécutif de mobilisation.

Va-t-elle se maintenir au même niveau ? Alors que 55% des Français souhaitent l'arrêt du mouvement, selon un récent sondage, Emmanuel Macron a estimé que les participants aux manifestations violentes se rendaient "complices du pire". Lors du précédent samedi, le 23 février, la mobilisation était même repartie légèrement à la hausse selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, avec 46 000 manifestants dont 5 800 à Paris. Voici ce que l'on sait des rassemblements prévus.

Plusieurs rassemblements à Paris

Comme chaque semaine, difficile de savoir à l'avance quels sont les appels à se rassembler qui rencontreront le plus de succès. A Paris, ils sont multiples. Sur Facebook, celui qui réunit le plus de personnes "intéressées" – plus de 4 800 dans l'après-midi de vendredi – est intitulé "Gilets jaunes acte 16 : Insurrection". Ses initiateurs appellent à bloquer la place de l'Etoile à Paris, où se trouve l'Arc de triomphe, à en finir avec "le pacifisme" et à ne pas déclarer la manifestation en préfecture, pour "retrouver ce côté spontané qui faisait vraiment peur au gouvernement". Un message que partage un autre appel, "Acte 16 : Déclare ta colère, pas ta manif !", qui "intéressait" 1 500 personnes, mais ne donne pas de lieu de rassemblement.

Un autre appel au rassemblement au niveau de l'Arc de triomphe réunit, lui, 2 200 personnes "intéressées". Un autre événement appelle à se rendre devant le siège de BFMTV, dans le 15e arrondissement de la capitale. Enfin, un groupe baptisé "Rassemblement des gilets jaunes citoyens" organise un pique-nique sur le Champ-de-Mars, qui "intéresse" 3 000 personnes.

Des manifestations dans les grandes villes

• A Bordeaux, une des villes où la mobilisation a été la plus importante depuis le début du mouvement, pas moins de quatre événements Facebook différents appelant à se réunir à 13 heures sur la place de la Bourse ont réuni plus de 1 000 personnes "intéressées". Le plus détaillé appelle à une manifestation dont le parcours reste à définir suivie d'une "assemblée citoyenne" puis d'une "nuit des jaunes".

 A Lyon, un appel à une "mobilisation régionale" a été lancé, et réunit plus de 5 000 personnes "intéressées". Il donne rendez-vous à 13 heures devant le palais de justice de la ville. 

• A Toulouse, autre ville où les manifestations ont réuni une foule conséquente, un rassemblement est prévu au niveau du métro Jean-Jaurès.

• A Lille, des "gilets jaunes" des Hauts-de-France appellent à une manifestation régionale et même "internationale", au départ de la place de la République, à 13 heures.

Une action plus importante en préparation le week-end suivant

Sur les réseaux sociaux, les figures les plus médiatiques du mouvement depuis ses débuts n'ont pas relayé d'appel concernant la journée de samedi. Christophe Chalençon, ancien porte-parole d'une éphémère liste de "gilets jaunes" pour les élections européennes, a en revanche lancé mercredi, sur Facebook, un mystérieux compte à rebours qui se termine samedi.

En revanche, Priscillia Ludosky, créatrice de la pétition sur le prix des carburants qui a contribué à lancer le mouvement, a relayé à plusieurs reprises un appel aux "gilets jaunes" de toute la France en vue d'un rassemblement à Paris le week-end suivant. Elle évoque un sit-in censé durer du vendredi 8 au dimanche 10 mars, "et pourquoi pas jusqu'au 16". Elle a aussi partagé une bande-annonce appelant à "assiéger Paris" à partir du 8 mars et jusqu'au 16 mars, date de la fin du "grand débat national" organisé par le gouvernement.

Dans une vidéo mise en ligne jeudi, Eric Drouet, autre figure du mouvement, a également relayé cet appel, insistant sur cette date. "Le 16 mars arrive, plus organisé que jamais, il va y avoir beaucoup de mobilisation", a-t-il promis dans un message adressé à Emmanuel Macron. "Vous allez avoir un mois de mars où vous n'allez pas beaucoup dormir."