"Gilets jaunes" : Philippe annonce la mobilisation de 80 000 policiers et gendarmes samedi

Matignon a par ailleurs promis des "annonces" après les "violences inacceptables" qui ont eu lieu lors de certains rassemblements de "gilets jaunes" samedi.

Le Premier ministre Edouard Philippe, le 7 janvier 2019 sur le plateau du \"20 heures\" de TF1.
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 7 janvier 2019 sur le plateau du "20 heures" de TF1. (ERIC FEFERBERG / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Edouard Philippe montre les muscles. Invité de TF1 pour réagir aux violences qui ont émaillé les derniers rassemblements des "gilets jaunes", lundi 7 janvier, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement serait "favorable à ce qu'une loi nouvelle" permettant de sanctionner plus durement les organisateurs, les casseurs et les participants à une manifestation non déclarée "soit adoptée" prochainement. Il a en outre annoncé que 80 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés samedi pour le prochain rassemblement national des "gilets jaunes".

 Un total de 345 personnes ont été interpellées samedi. Parmi elles, 281 ont été placées en garde à vue dans toute la France dans le cadre des mobilisations de samedi, a indiqué lundi le ministère de l'Intérieur, qui avait comptabilisé 50 000 manifestants. A Paris, des individus sont notamment parvenus, en défonçant la porte avec un engin de chantier, à pénétrer dans l'enceinte du ministère du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a dû être exfiltré. Des membres des forces de l'ordre ont également été violentés, dans le centre de la capitale ou encore à Dijon.

Des violences dénoncées. L'ancien boxeur professionnel Christophe Dettinger, soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes samedi à Paris, s'est présenté à la police lundi matin et a été placé en garde à vue. Dans une vidéo, l'ex-champion de France 2007 et 2008 des lourds-légers admet avoir "mal réagi", tout en affirmant s'être "défendu" face aux violences policières. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a par ailleurs été saisie, après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant un commandant divisionnaire, Didier Andrieux, donner plusieurs coups de poing au visage à un homme à Toulon (Var).

Des syndicats de policiers réclament un nouveau fichier. Alliance demande notamment la création d'un fichier de personnes interdites de manifestations, sur le modèle des interdits de stade, qui pourraient pointer au commissariat en amont d'évènements sensibles. Un fichier similaire existe pourtant depuis 2014, explique la journaliste spécialisée Camille Polloni sur son compte Twitter.

Une "réflexion" annoncée dès samedi soir. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nunez avait indiqué qu'une "réflexion" était "en cours" au gouvernement "pour savoir s'il faut durcir les textes pour éviter ce genre de débordements et surtout qu'ils soient punis". Il avait évoqué "la mesure éventuellement d'avoir un fichier, d'avoir un durcissement de la législation pénale dans un certain nombre de circonstances".

 

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23h29 : "On est en train de donner une réponse sécuritaire à un à problème politique et social, et nos collègues ne peuvent plus assurer leurs missions convenablement."

"Il y a des mesures qui pourraient être intéressantes à prendre, déjà appliquer les lois qui existent", a réagi le policier sur franceinfo.

22h38 : "Je parlais à un CRS, je lui disais ma façon de voir, il a cru que c'était à lui que je parlais et il est arrivé. Il m'a mis un coup de poing", affirme l'une des personnes interpellées à France 2.

22h40 : Le parquet de Toulon a ouvert une enquête préliminaire sur les conditions d’interpellation de manifestants samedi à Toulon (Var) par le policier Didier Andrieux et a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a-t-il indiqué au Parisien.

22h23 : "Je peux vous indiquer qu'il y a 49 députés LREM qui ont reçu des menaces, allant de courriers de menaces de mort, jusqu'à l'effigie de pendus ou de guillotinés, jusqu'à des incendies dans leurs domiciles privés".

"On a atteint un cran supplémentaire", s'est alarmé le député de l'Eure sur Europe 1.

22h20 : "Nous faisons trop de 'mono-actualité' : depuis un mois et demi, rien n’existe sur l’antenne à part les 'gilets jaunes'". A la suite d’agressions "systématiques depuis des semaines", les reporteurs de BFMTV ont boycotté la mobilisation de ce lundi. Le Monde a interrogé des journalistes de la rédaction.

21h55 : Le Premier ministre a annoncé au "20 heures" de TF1 une série de mesures après la manifestation de samedi. Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon, chef de La France Insoumise, a raillé "le roi des Shadoks est à Matignon" et Laurent Wauquiez a évoqué des mesures "sans efficacité immédiate".

21h12 : Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a proposé aux "gilets jaunes" d'utiliser la plateforme internet de son parti pour "organiser des événements sur le territoire" français ou "définir leur programme électoral". "Ne faiblissez pas !", a-t-il écrit sur le blog du Mouvement Cinq Etoiles.

Les vice-Premiers ministres italiens Luigi Di Maio et Matteo Salvini à Rome, le 1er juin 2018.


(ALBERTO PIZZOLI / AFP)

20h50 : Les citoyens qui se rendent à un rassemblement interdit encourent en revanche une amende d’un maximum de 38 euros. Si les forces de l’ordre donnent l’ordre de se disperser et que les personnes visées ne suivent pas cet ordre après "deux sommations, ces dernières encourent une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

20h49 : Bonsoir @anonyme Si une manifestation se déroule sans déclaration préalable, si cette déclaration est incomplète ou inexacte, ou bien si l’événement est maintenu malgré un arrêté d’interdiction, l’article 431-9 du code pénal prévoit une sanction de "six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende". Ces sanctions ne s’appliquent pas à tous les participants mais seulement aux organisateurs, rappelle Le Monde.

20h45 : Si je participe samedi à une manifestation non déclarée qu'est-ce que je risque ?

20h50 : La "nouvelle loi" annoncée par Edouard Philippe doit muscler l'arsenal répressif en créant notamment sur le modèle de la lutte contre le hooliganisme, un "dispositif" interdisant l'accès aux manifestations de casseurs identifiés avec la création d'un fichier dédié.

21h03 : Edouard Philippe précise que 80 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés dès samedi pour encadrer la manifestation. Même si le nombre de manifestants est reparti à la hausse samedi dernier, l'exécutif juge que le mouvement se réduit désormais à une minorité "radicalisée".

20h24 : Edouard Philippe annonce une "loi nouvelle" durcissant les sanctions contre "les casseurs" et les manifestations non déclarées.

20h18 : "Au total, li y a eu plus de 1000 condamnations, 5 600 gardes à vue depuis le début de l'événement", a précisé le Premier ministre. Concernant "les auteurs des dégradations scandaleuses dans l'Arc de Triomphe (...) 13 ont été interpellés et placés en garde à vue."

20h19 : "Aujourd'hui, si l'on veut défendre la liberté de manifester (...) il faut faire évoluer notre droit et compléter notre dispositif législatif."



(THOMAS SAMSON / AFP)

20h13 : "Le gouvernement est favorable à ce que notre loi soit modifiée et à sanctionner ceux qui ne respectent pas cette obligation de déclaration [de la manifestation]", rajoute le Premier ministre.

20h14 : "Investir dans du nouveau matériel, être plus mobile". Le Premier ministre évoque une modification de la façon de manifester de certains, qui a conduit à une modification de la doctrine du maintien de l'ordre lors des précédentes manifestations.

20h11 : "Afin de garantir l'ordre public, nous avons pris la décision d'assurer une mobilisation considérable des forces de l'ordre samedi prochain", déclare le Premier ministre Edouard Philippe au "20 heures" de TF1.

20h10 : Depuis la manifestation des "gilets jaunes" samedi, le syndicat de police Alliance a demandé la création d'un fichier recensant les casseurs. Le Figaro a regroupé dix questions sur cette idée.

19h49 : Le Premier ministre Edouard Philippe doit annoncer dans le "20 heures" de TF1 de nouvelles mesures "d'ordre public" après les nouveaux débordements violents lors de "l'acte 8" des "gilets jaunes" samedi. Vous pourrez suivre son intervention dans notre direct.



(FRANCOIS GUILLOT / AFP)

19h39 : "On a l'habitude de recevoir des coups mais là c'était vraiment frapper, ça frappait dur et correctement", a décrit l'un d'entre eux. "Il savait où il frappait et il frappait à pleine puissance."



(FRANCE 3)

19h37 : "Il remonte ses manches, il vient vers moi, avec une envie d'en découdre et a commencé à donner des coups. Il visait mon visage, ma tête." France 3 a rencontré les deux gendarmes blessés samedi à Paris par Christophe Dettinger, ancien boxeur.

18h43 : Le centre des finances publiques de Forbach (Moselle), fermé depuis plus de deux semaines en raison de la présence de "gilets jaunes", a pu rouvrir sous la surveillance des policiers. Les "gilets jaunes", réunis devant le centre assurent vouloir rester pour "bloquer ce symbole de l’Etat", cite Le Républicain Lorrain.