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Retraites, impôts, chômage… La rentrée de tous les dangers

Après quinze jours de vacances, le gouvernement a fait sa rentrée, lundi.

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France Télévisions
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Le président de la République, François Hollande, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à l'issue du séminaire gouvernemental de rentrée, le 19 août 2013 à l'Elysée, à Paris. (BENOIT TESSIER / REUTERS)

François Hollande le sait : après ses quelques jours de vacances passés à la résidence de la Lanterne, à Versailles (Yvelines), la rentrée qui l'attend s'annonce particulièrement compliquée. Présentation de la réforme des retraites, préparation du buget pour 2014, annonce de nouveaux impôts sur les ménages, poursuite éventuelle de la hausse du chômage… Les sujets à fort potentiel d'impopularité ne manquent pas. "La seule certitude, c'est que ça ne peut pas être pire que l'an I", philosophe le proche d'un ministre cité par Libération (article payant).

Conscient des risques, le chef de l'Etat va tenter de déminer au plus vite les dossiers chauds. Des réponses seront "apportées par le gouvernement d’ici la fin de ce mois", a-t-il promis lundi 19 août. Son espoir : que sa cote de popularité déjà faible - seuls 23% à 32% des Français lui font encore confiance, selon les instituts de sondages - ne s'enfonce pas un peu plus.

La réforme des retraites

Dès la fin du mois, Jean-Marc Ayrault va dévoiler aux partenaires sociaux les lignes de la réforme des retraites, qui sera officiellement présentée en Conseil des ministres le 18 septembre. Allongement de la durée de cotisation, hausse de la CSG… L'objectif à court terme est de dégager 20 milliards d'euros à l'horizon 2020. "Tout le monde fera un effort", a prévenu François Hollande dans son interview du 14-Juillet.

D'emblée, les syndicats les plus contestataires (CGT, FO, FSU et Solidaires) ont appelé à une journée de mobilisation le 10 septembre, dont l'ampleur pourrait s'avérer déterminante. Et la fronde sera également politique, relayée par Jean-Luc Mélenchon, mais aussi par l'aile gauche du PS, qui juge la réforme "ni urgente ni opportune".

Le budget 2014 et les hausses d'impôts

Le 25 septembre, et donc quelques jours seulement après la présentation de l'épineuse réforme des retraites, le gouvernement lèvera le voile sur le projet de loi de finances pour 2014. On saura alors précisément de combien augmenteront les impôts, et qui sera touché par la hausse des prélèvements.

Le gouvernement a promis qu'il se limiterait à 6 milliards d'euros de hausses d'impôts supplémentaires, pour 14 milliards d'économies dans les dépenses. Du côté des dépenses, justement, les fonctionnaires savent déjà que le point d'indice salarial sera gelé, et que les effectifs n'augmenteront pas. Objectif : poursuivre la réduction du déficit public, qui doit officiellement descendre sous la barre des 3% du PIB d'ici 2015.

La lutte contre le chômage

Les efforts sur les retraites et les hausses d'impôts passeront peut-être mieux si le gouvernement parvient enfin à enrayer la hausse du chômage. "L'emploi est notre objectif prioritaire", rappelle la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, dans un entretien au Parisien (article payant).

Fin juin, la France comptait près de 3 280 000 demandeurs d'emploi en catégorie A. Soit environ 335 000 chômeurs de plus qu'en juin 2012. Le gouvernement espère que la création d'emplois aidés (contrats de générations et emplois d'avenir) va s'accélérer, et permettre l'inversion de la courbe promise par François Hollande. Mi-juillet, l'OCDE a pourtant fait savoir que le taux de chômage devrait continuer à grimper en France dans les prochains mois, pour atteindre 11,2% fin 2014. 

Les rythmes scolaires

Environ 4 000 communes, sur les 24 000 qui possèdent au moins une école, vont mettre en œuvre la réforme des rythmes scolaires, avec le retour à la semaine de quatre jours et demi dans le primaire. Les autres, arguant du coût financier induit par cette réforme, attendront la rentrée 2014. A Paris, où le maire Bertrand Delanoë a décidé une application dès cette rentrée 2013, la réforme se heurte à de vives oppositions de parents et d'enseignants.

"Il y aura forcément des couacs mais, en fin d'année, plus personne n'en parlera, et on s'apercevra que les choses tournent", prédit un proche du ministre de l'Education, Vincent Peillon, interrogé par Les Echos.

Les fonctionnaires

Enfin, la rentrée pourrait aussi être agitée du côté des quelque cinq millions d'agents de la fonction publique, dont une partie participera à la mobilisation sur les retraites le 10 septembre. Les syndicats de fonctionnaires doivent se réunir le 29 août pour discuter d'une autre journée de mobilisation sur le pouvoir d'achat, l'emploi, les conditions de travail et les missions de service public.

Ils réclament unanimement une revalorisation du point d'indice qui sert de base au calcul des salaires de tous les agents, gelé depuis 2010 et qui devrait le rester en 2014. Des négociations sur les carrières et les rémunérations devraient démarrer à l'automne avec les syndicats.

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