DIRECT. Réforme des retraites : Edouard Philippe "ferme" sur le système universel, mais "pas fermé" à la discussion

L'ensemble des syndicats ont exprimé leur colère après les annonces d'Edouard Philippe sur la future réforme des retraites.

Edouard Philippe, le 11 décembre 2019, à Paris. 
Edouard Philippe, le 11 décembre 2019, à Paris.  (THOMAS SAMSON / AFP)
Ce qu'il faut savoir

"Le gouvernement s'est moqué du monde", a réagi le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, mercredi 11 décembre, après l'allocution d'Edouard Philippe sur la réforme des retraites. "Le gouvernement veut individualiser le système de retraite (...). Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable !" a-t-il poursuivi. De son côté, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé que le gouvernement avait franchi une "ligne rouge" en fixant l'âge d'équilibre à 64 ans. Le Premier ministre a présenté le projet du gouvernement, qui prévoit une entrée en vigueur du système universel à points, remplaçant les 42 régimes spéciaux existant, en 2022, après une discussion en février à l'Assemblée. Suivez les réactions après les annonces du Premier ministre.

Les personnes nées avant 1975 ne sont pas concernées par la réforme. Edouard Philippe a précisé les contours et le calendrier de la réforme. Les personnes nées avant 1975 ne sont pas concernées par le futur système à points. Celles nées à partir de 1975 verront leur retraite calculée sur les deux systèmes (leur régime actuel jusqu'en 2025, le régime à points ensuite). La génération 2004, qui aura 18 ans en 2022, basculera elle à 100% dans le nouveau système. Certaines professions bénéficieront de dérogations : les policiers, pompiers et militaires bénéficieront d'aménagements, les enseignants verront le montant de leur pension "sanctuarisé", les personnels hospitaliers qui travaillent la nuit pourront partir plus tôt.

Un âge pivot fixé à 64 ans en 2027. "L'âge légal restera à 62 ans" pour le départ en retraite mais le futur système créera un "âge d'équilibre", a ajouté Edouard Philippe. "Pour atteindre l'âge d'équilibre de 64 ans en 2027, il nous faudra mettre en place un système de bonus-malus qui incitera les Français à travailler plus longtemps", a-t-il précisé, en affirmant qu'"avant le 1er janvier 2022", les responsables de la nouvelle gouvernance "auront à définir le bon système de bonus-malus pour aller vers ces 64 ans"Mais les personnes qui ont commencé à travailler tôt, "avant 20 ans", pourront "continuer de partir deux ans avant les autres", tout comme ceux "qui exercent des métiers usants", a-t-il promis.

La "ligne rouge franchie" selon la CFDT et l'Unsa. Les deux syndicats qui soutenaient la réforme sont insatisfaits de ces annonces. Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, et le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure, ont estimé qu'une "ligne rouge" était franchie avec la décision d'instaurer un âge pivot à 64 ans. La CFDT a ensuite appelé "à se mobiliser le 17 décembre". "Malgré [nos] alertes, le Premier ministre a imposé des mesures d'âge inutiles et injustes à travers l'instauration d'un 'âge d'équilibre' dès 2022", a écrit le syndicat. De son côté, le numéro 1 de la CGT, Philippe Martinez, a jugé que "le gouvernement [s'était moqué] du monde"

Septième journée de mobilisation. Après la grande journée de grève du 5 décembre et les manifestations du 10, cheminots de la SNCF et agents de la RATP sont toujours mobilisés pour la défense de leur régime de retraites. Ils ont été suivis également par des personnels hospitaliers, des enseignants ou des fonctionnaires de police... Ils dénoncent tous la réforme du gouvernement. La mobilisation, à l'appel des syndicats, CGT et FO en tête, se poursuit mercredi dans les transports. Suivez les perturbations en direct toute la journée.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #RETRAITES

23h49 : "On a perdu trois mois, six mois, de discussions parce que le gouvernement n'a rien écouté, pris en compte."

Il n'y a pas d'avancée "par rapport au rapport Delevoye", a expliqué sur franceinfo Frédéric Sève, secrétaire national à la CFDT en charge du dossier des retraites.

22h13 : Bonjour @Lucile. En effet ! C'est une première depuis 23 ans : du NPA aux radicaux de gauche, PS, EELV, LFI, Générations et LO inclus... es partis de gauche tiennent ce soir un meeting commun sur les retraites. Le PCF, à l'origine de cette initiative, espère ainsi poser la première pierre d'une "alternative" politique, quand d'autres se montrent bien plus circonspects.

22h13 : Allez France Info, un petit mot sur le rassemblement de toutes les forces de gauche en meeting ce soir à Saint-Denis contre le projet de réforme des retraites ?

22h00 : "Ma porte est ouverte, ma main est tendue."

Lors des questions au gouvernement au Sénat, le Premier ministre a voulu se montrer rassurant et ouvert à la concertation, après avoir annoncé les principaux points de la réforme des retraites un peu plus tôt. Interpellé sur l’instauration d’un service minimum garanti, il s'est dit déterminé à compléter les dispositions en matière de continuité du service public.

21h21 : "Notre responsabilité d'hommes et de femmes politiques n'est pas d'être une girouette et de tourner en fonction du vent."

Le patron des députés LREM Gilles le Gendre a réagi aux critiques des syndicats sur le projet de réforme des retraites annoncé par Edouard Philippe.

20h37 : Laurent Berger était à l'instant invité du "20 heures" de France 2. Voici un extrait de l'interview :

20h32 : "C'est vrai que je suis déterminé. Je ne veux pas de vainqueur ni de vaincu. Je veux qu'on puisse créer une système universel, juste et efficace. Et le faire maintenant plutôt qu'un peu plus tard quand il y aura une urgence financière."

20h29 : "Nous avons pris en compte beaucoup des demandes qu'il [Laurent Berger, de la CFDT] formule."

20h27 : "Cette réforme est insuffisante sur le fond, sur la pénibilité par exemple. Et aujourd'hui, elle est plombée par cette mesure d'économie."

20h25 : "Je suis ferme mais pas fermé." Edouard Philippe ouvre la porte à de nouvelles négociations, à la marge, du nouveau système de retraite.

20h23 : "Je crois que tout le monde sera gagnant."

20h23 : "La CFDT est contre cette mesure d’économie, [l'âge pivot]. Aujourd'hui, c’était le temps de la justice et de l’égalité. La CFDT veut que le gouvernement revienne en arrière. Nous appellerons les salariés à manifester le 17."

Laurent Berger est de son côté invité de France 2.

20h22 : "Notre objectif, c'est de faire en sorte que nous dégagions les moyens de financer des retraites équitables à l'avenir."

20h14 : "Les Français savent très bien que l'on va devoir travailler un peu plus longtemps."

20h17 : "Le projet que j'ai proposé est clair dans sa philosophie (...). Mais je ne suis pas fermé et j'ai indiqué à l'ensemble des syndicats qu'il y avait toute une série de points sur lesquels nous pouvons améliorer la réforme."

20h11 : "Dans ce que j'ai proposé aujourd'hui, il y a un nombre considérable de progrès sociaux très nets."

Ce soir, sur TF1, le Premier ministre donne des précisions sur le nouveau système de retraite, annoncé plus tôt dans la journée.

20h07 : Officiellement, le gouvernement ne touchera pas à l'âge légal de départ à la retraite, qui reste fixé à 62 ans. Mais, avec sa réforme des retraites, l'exécutif entend instaurer un "âge d'équilibre", qui s'établirait à 64 ans en 2027. Franceinfo vous explique ce que changerait cet âge pivot, dénoncé par plusieurs syndicats.

20h00 : Voici le point sur l'actualité à 20 heures :

Fin des régimes spéciaux, système universel à points indexés sur les salaires, âge d'équilibre à 64 ans, basculement à partir de la génération née en 1975 : le Premier ministre a détaillé le projet de réforme des retraites du gouvernement.

• La pression syndicale s'accentue après les annonces d'Edouard Philippe : la CFDT et la CFTC appellent aussi à la mobilisation le 17 décembre.


• Côté transports, la situation ne risque pas de s'améliorer dans les prochains jours. Seul un train SNCF sur quatre roulera en moyenne demain, et dix lignes de métro resteront à l'arrêt à Paris.

• Plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre l'élection présidentielle dans le centre d'Alger, à moins de 24 heures d'un scrutin massivement rejeté par la rue.

19h46 : "La CFDT appelle l'ensemble des travailleurs à se mobiliser le 17 décembre pour que le gouvernement renonce à toute mesure d'âge et rouvre les discussions pour un système de retraite universel qui soit réellement juste", précise la CFDT dans un communiqué.

19h44 : La pression syndicale s'accentue après les annonces d'Edouard Philippe : la CFDT et la CFTC appellent aussi à la mobilisation le 17 décembre

19h31 : Bonjour @anonyme. Pas facile de faire simple pour un sujet si compliqué... Nous vous avons résumé toutes les annonces à retenir dans cet article. Voici quelques-unes des grandes lignes :







19h29 : Est-il possible de faire une sorte de petit résumé de ce qu’a annoncé le Premier Ministre comme si c’était à un enfant de 12 ans svp ?😂

19h10 : Bonjour @Sami. Les personnes nées à partir du 1er janvier 1975 entreront dans le nouveau dispositif à partir de l'année 2025. Le montant de leur pension de retraite dépendra donc d'un double calcul. Plus de détails dans notre article.

19h10 : Bonsoir FI. Et pour ceux nés entre 1975 et 2004, comment ça se passe?

18h35 : Bonjour @Olivier. Depuis le 1er janvier 2018, le régime de retraite des députés est aligné sur celui des fonctionnaires. Par contre, le régime de retraite des sénateurs est un régime autonome. Le sujet doit être abordé demain lors du bureau du Sénat. "Si nous avons une réforme, nous nous l'appliquerons", avait affirmé son président, Géard Larcher, dès le 1er décembre. Affaire à suivre, donc.

18h32 : Bonsoir fin des régimes spéciaux mais les députés et sénateurs sont ils concernés ?

18h29 : Adieu les 43 annuités de cotisation... et bienvenue au système de retraite par points. Les personnes nées avant le 1er janvier 1975 ne sont pas concernées par la réforme. Et celles nées à partir du 1er janvier 2004 entreront dans le nouveau système dès 2022. Voici ce que vous réserve le projet du gouvernement en fonction de votre année de naissance.

18h06 : Voici le point sur l'actualité à 18 heures :

Fin des régimes spéciaux, système universel à points indexés sur les salaires, âge d'équilibre à 64 ans, basculement à partir de la génération née en 1975 : le Premier ministre a détaillé le projet de réforme des retraites du gouvernement. Une annonce qui a fait immédiatement basculer la CFDT parmi ses opposants, après déjà sept jours d'une grève appelée à se renforcer.

• Côté transports, la situation ne risque pas de s'améliorer dans les prochains jours. Seul un train SNCF sur quatre roulera en moyenne demain, et dix lignes de métro resteront à l'arrêt à Paris.

"Vous étiez un peu de notre humanité" : un an après, Christophe Castaner a rendu hommage à Strasbourg aux victimes de l'attentat du marché de Noël, qui avait coûté la vie à cinq hommes et bouleversé toute une ville.

• Plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre l'élection présidentielle dans le centre d'Alger, à moins de 24 heures d'un scrutin massivement rejeté par la rue.

17h30 : Comment le corps enseignant réagit-il aux annonces d'Edouard Philippe ? Camille Da Silva, de France 3, s'est rendue à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), où avait lieu le congrès du syndicat enseignant FSU.

16h54 : Alors que la CFDT se réunit actuellement pour se mettre d'accord sur une ligne commune après les annonces du gouvernement, Jean-Paul Delevoye, chargé du dossier, estime que l'exécutif peut encore rassurer l'organisation réformiste.

16h53 : Les services du Premier ministre précisent par ailleurs que les conducteurs de trains de la SNCF et de la RATP seront concernés par la réforme des retraites à partir de la génération née en 1985.

16h25 : Une nouvelle organisation syndicale va-t-elle se joindre au mouvement de grève contre la réforme des retraites ? Contacté par Le Monde, la CFE-CGC l'assure.

16h07 : Si vous n'avez pas suivi l'ensemble des annonces d'Edouard Philippe, je ne saurais d'ailleurs que trop vous recommander l'article de ma collègue Anne Brigaudeau, qui suit le dossier depuis plusieurs semaines maintenant et qui a compilé les principaux points du projet gouvernemental de façon très claire.

16h04 : Bonjour @Julien ! Vous n'êtes pas seul à vous poser cette question. La manière dont nous avons retranscris dans ce direct le discours du Premier ministre n'était d'ailleurs pas limpide, et nous nous en excusons. Voici la réponse : les Français nés avant 1975 "ne seront pas concernés" par la réforme des retraites.

Pour les autres (ceux nés entre le 1er janvier 1975 et le 31 décembre 2003), la transition sera "progressive" : "toute la partie de carrière effectuée jusqu'en 2025 donnera lieu à une retraite calculée sur les anciennes règles" , et "seules les années travaillées à partir de 2025 seront régies par le système universel". J'espère que c'est plus clair !

16h02 : Bonjour franceinfo, j'ai un peu de mal à comprendre. Plusieurs articles annoncent la date d'entrée en vigueur de la nouvelle réforme pour les personnes: soit nées AVANT 1975 , soit nées APRES 1975, soit "la génération 75" ? Du coup, si je suis né en 75, il se passe quoi pour moi ?

15h44 : Par expérience, je peux vous annoncer que la publication de ces réactions va déclencher une avalanche de messages opposés au gouvernement 😅 Merci en tout cas de nous suivre, et gardez à l'esprit que nous ne publierons aucun message insultant ou agressif. Nous recevons en moyenne une quinzaine de commentaires par minute, et il est matériellement impossible de tout publier.

15h42 : Incroyable...prendre les concytoyens en otage en bloquant les trains, rer, métros, etc😠 et les pauvres gens qui ne souhaitent qu'une chose : rejoindre leur travail

15h41 : Quelle surprise : aucun syndicat soutient les propositions du gouvernement ! n'est-ce pas une règle universelle (comme la réforme des retraites) de définition des syndicats ?

15h41 : Après les réactions des partenaires sociaux en très grande majorité hostiles au projet de réforme des retraites, nous recevons de très nombreux messages favorables à l'exécutif et hostiles aux syndicats.

15h17 : Edouard Philippe se trouve actuellement au Sénat, où il effectue le service après-vente de sa réforme des retraites. Devant les parlementaires, il assure que sa "porte est ouverte et sa main tendue" aux partenaires sociaux.

14h45 : "Cette réforme permet à la France d'envisager l'avenir sur le long terme. (...) S'agissant de l'Education nationale, on a deux éléments intéressants : la garantie que les pensions ne baisseront pas, ce qui était une crainte que certains exprimaient, et l'augmentation des traitements."

14h41 : "Le Premier ministre a donné un discours fondateur et profondément républicain. Le fait que notre régime de retraite, pour les décennies à venir, soit refondé par une base inspirée par l'égalité est ce que tout le monde doit avoir à l'esprit."

Le ministre de l'Education nationale réagit aux annonces d'Edouard Philippe.

14h26 : L'eurodéputé écologiste Yannick Jadot fustige à son tour la réforme des retraites dont le contenu a été détaillé à la mi-journée par Edouard Philippe.

14h22 : Si vous nous rejoignez à l'instant, voici quelques points à retenir des annonces d'Edouard Philippe :

• Les Français nés avant 1975 "ne seront pas concernés" par la réforme des retraites, et la génération 2004, celle "qui aura 18 ans en 2022", sera "la première à intégrer [entièrement] le système universel" voulu par le gouvernement.

• Pour les régimes de fonctionnaires qui fondent leur calcul de retraite sur les 6 derniers mois de carrière, "nous sommes prêts à mettre en place des dispositifs très protecteurs qui permettront de garantir que nul n'est lésé", a-t-il ajouté.

• Par ailleurs "l'âge légal restera à 62 ans" pour le départ en retraite mais le futur système créera un "âge d'équilibre" à 64 ans en 2027.

• Les personnes qui ont commencé à travailler tôt, "avant 20 ans", pourront "continuer de partir deux ans avant les autres", tout comme ceux "qui exercent des métiers usants", a promis le Premier ministre.

14h13 : De son côté, Force ouvrière insiste sur la "nécessité de renforcer la mobilisation" après les annonces gouvernementales.

14h12 : "Le mécontentement et la détermination restent entiers" après les annonces d'Edouard Philippe, réagit la FSU, premier syndicat chez les enseignants.