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Pourquoi les retraites complémentaires sont menacées

Selon un rapport de la Cour des comptes, dévoilé par "Le Parisien" lundi, les caisses de retraites complémentaires des salariés (Arrco) et des cadres (Agirc) pourraient se retrouver en faillites dans une dizaine d'années. 

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Un homme entre au siège des organismes de retraites complémentaires, Agirc et Arrco, le 16 octobre 2012 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les retraites complémentaires sont au bord de la faillite. Un rapport de la Cour des comptes, qui doit être rendu public jeudi, mais dont les principales conclusions ont été dévoilées par Le Parisien, lundi 15 décembre, annonce que les caisses de retraites complémentaires des salariés (Arrco) et des cadres (Agirc) sont menacées de cessation de paiements d'ici à à une dizaine d'années. La situation est si préoccupante que la Cour des comptes envisage de repousser l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans.

Francetv info vous explique pourquoi il faut s'inquiéter du financement des retraites complémentaires des salariés et cadres du privé.

Parce que les réserves s'épuisent

Depuis 2009, les déficits s'accumulent, explique Le Parisien. A tel point qu'un épuisement des réserves à une courte échéance est inéluctable, poursuit le quotidien. En clair, à l'horizon 2017 pour l'Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc), dont le déficit est estimé aujourd'hui à 5 milliards d'euros, et d'ici à une dizaine d'années pour l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco), dont le déficit est évalué à 3 milliards d'euros. 

Le problème ? Les caisses de retraites complémentaires enregistrent plus de dépenses que de cotisations. Un phénomène qui s'explique, notamment, par le départ à la retraite de la génération des baby-boomers et l'allongement de l'espérance de vie, explique L'Express. Sans oublier que la possibilité, depuis 2012, d'accorder la retraite à 60 ans pour les "longues carrières" n'a pas arrangé leurs comptes. 

Or, 18 millions de salariés cotisent à l'Arrco et 4 millions l'Agirc. Et la perspective d'une faillite est d'autant plus inquiétante pour les cadres que les retraites complémentaires représentent 30 à 50% de leur retraite globale, voire même plus parfois.

Parce que les mesures déjà prises sont insuffisantes

Des mesures d'économies ont déjà été prises en 2013 pour faire face au déficit des retraites complémentaires et les partenaires sociaux ont signé un accord, rappelle Le Figaro. L'idée était de prévoir un taux de revalorisation d'un point inférieur à l'inflation en 2013, 2014 et 2015. Or, l'inflation étant trop faible, la mesure s'est révélée insuffisante. Les pensions complémentaires du privé ont été gelées au 1er avril mais les comptes n'ont pas retrouvé leur équilibre.

Par ailleurs, il avait été décidé d'augmenter les taux de cotisations salariales et patronales de 0,25 point au total, et d'étaler cette mesure sur deux ans, signale L'Express. Là encore, cela s'est avéré insuffisant. 

Parce que seule une importante réforme peut inverser la tendance 

Pour la Cour des comptes, il faut prendre des mesures d'urgence. Tout d'abord, les sages de la rue Cambon estiment qu'il faut revenir sur l'âge de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans. Pour pouvoir toucher sa retraite complémentaire, l'idée serait de le repousser à 64 ans. Mise en œuvre progressivement sur quatre ans, la mesure permettrait de dégager une marge cumulée de 59 à 94 milliards d'euros en 2030 et de 98 à 170 milliards en 2040, détaille Capital qui précise que cette marge serait moitié moins élevée si l'âge légal n'était repoussé que d'un an. 

Autre piste évoquée par la Cour des comptes : augmenter encore la hausse des cotisations. L'esprit serait donc de cotiser aujourd'hui plus, pour toucher... moins plus tard lors du versement de la pension. 

Troisième idée également mise sur la table : fusionner l'Agirc et l'Arrco. Une vieille revendication de la CFDT. "Il n'y a pas trente-six solutions : soit on fusionne, ce qui renforce la solidarité du système en faveur des cadres, soit on demande à ces derniers de payer tout le prix du redressement financier", confirme un responsable syndical au Figaro. Mais cette proposition divise les syndicats, car certains estime, que "ce n'est pas en additionnant deux déficits qu'on créera un excédent". 

Les partenaires sociaux doivent se retrouver le 17 février pour ouvrir les négociations. Un accord doit être conclu pour juin 2015.

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