Retraites complémentaires : pourquoi les négociations ont échoué

Une nouvelle séance de discussions entre patronat et syndicats est prévue le 13 mars. 

Le siège social des organismes de retraite complémentaire Agirc et Arrco, le 16 octobre 2012 à Paris. 
Le siège social des organismes de retraite complémentaire Agirc et Arrco, le 16 octobre 2012 à Paris.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Elles avaient débuté en novembre. Les négociations sur les retraites complémentaires ont échoué jeudi 7 mars. Les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur l'avenir du régime, en grandes difficultés financières. Une nouvelle séance de discussions entre patronat et syndicats est prévue mercredi 13 mars. Francetv info vous explique les raisons de cet échec. 

A quoi servent ces négociations ? 

Ces discussions visent à assainir la situation financière délicate de l'Agirc (retraites complémentaires des cadres du privé) et de l'Arrco (tous les salariés du privé) gérés par les syndicats et le patronat. Comme l'expliquent Les Echos, leurs comptes sont "dans le rouge depuis trois ans" et le besoin de financement est estimé entre 6 et 10 milliards d'euros d'ici à 2017.

L'une des pistes envisagées par le gouvernement et le patronat est un gel partiel des pensions, dont la revalorisation serait inférieure à l'inflation. Les syndicats consentent à cet effort mais demandent qu'il soit temporaire. Ils proposent également une hausse des cotisations. 

Voici les explications de Jean-Paul Chapel au 20 heures de France 2 : 

Francetv info / Jean-Paul Chapel - France 2

Quels sont les points de blocage ? 

Philippe Pihet, qui représente Force ouvrière dans ces négociations, a rejeté la responsabilité de cet échec sur le patronat, dont les dernières propositions "ne nous (vont) absolument pas". En fin de journée mercredi, la délégation patronale est revenue avec un projet d'accord jugé par les organisations syndicales plus dur que celui présenté dans la matinée.

Le Medef a notamment posé plusieurs conditions supplémentaires. L'une d'elles est "un recul significatif de l'âge effectif moyen de départ à la retraite", ce qui renvoie à la réforme du régime de base que le gouvernement veut lancer d'ici fin 2013. Le syndicat patronal prône aussi une hausse limitée des pensions de l'Agirc et de l'Arrco, à un point de moins que l'inflation, estimée à 1,8% en 2013. Et ce, pendant trois ans. Cela ferait donc baisser le pouvoir d'achat des retraites du privé. "C'est un recul pour les retraités, il n'y a rien en face" de la part du patronat, a renchéri Philippe Pihet, qui s'est dit "très, très déçu"

Doit-on craindre un blocage complet ? 

C'est en tout cas l'avis de Danièle Karniewicz, de la CFE-CGC. Pourtant, les négociations entre les partenaires sociaux doivent aboutir avant fin mars afin que les nouveaux niveaux de cotisations et de prestations s'appliquent au 1er avril. Patronat et syndicats doivent donc se retrouver le 13 mars pour tenter de s'accorder. Mais pas sûr que cela aboutisse, à en croire Eric Aubin, représentant de la CGT.

 

S'ils ne parviennent toujours pas à s'entendre à l'issue de ce nouveau round de discussions, c'est un accord de mars 2011 qui s'appliquera : les pensions seraient revalorisées à hauteur de l'inflation. Une situation qui creuserait encore davantage les déficits des retraites complémentaires. L'enjeu est d'autant plus important que la solution adoptée pourrait inspirer le gouvernement pour la réforme du régime général des retraites qu'il doit engager.