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Pourquoi ne voit-on pas les images de l'accident de Jules Bianchi ?

Même si elles circulent sur internet, les images de l'accident du coureur Jules Bianchi sur le circuit de Suzuka dimanche 5 octobre 2014 n'ont pas été diffusées officiellement. Pour quelles raisons ?

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France Télévisions
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Le coureur Jules Bianchi au départ du Grand prix du Japon, à Suzuka, le 5 octobre 2014. (HASAN BRATIC / NURPHOTO/AFP PHOTO)

Le pilote automobile français Jules Bianchi est dans un état "critique", au lendemain de son accident lors du Grand Prix de Formule 1 du Japon, dimanche 5 octobre, à Suzuka, a annoncé, lundi, la Fédération internationale de l'automobile (FIA).

Une polémique commence à naître sur la non-diffusion des images de l'accident par la société Formula One Management (FOM), détentrice des droits, d'autant qu'un amateur a filmé l'accident et diffusé les images sur internet. Retour en trois points sur cette polémique.

Des images officielles très protégées

Toutes les images de Formule 1 sont produites par la société Formula One Management (FOM), basée à Londres. Celle-ci contrôle donc de près tout ce qui est diffusé dans le monde sur la catégorie-reine du sport automobile. Elle dispose d'un contrat de très longue durée avec la FIA, et en dépend. Selon l'écurie de Bianchi, "la FIA a décidé de ne pas diffuser les vidéos de l'accident car elles sont jugées trop violentes".

Autre hypothèse, celle d'un réalisateur de Formule 1 cité sous couvert d'anonymat par 20 minutes : il n'exclut pas que la FIA n'ait pas montré les images de l'accident... parce qu'elle ne les avait pas. Selon lui, "statistiquement, c’est possible, ce n’est pas une science exacte. Ce n’est pas un terrain de foot, qui est un lieu fermé."

Une vidéo amateur supprimée 

Les images de l'accident, donc, n'ont pas été diffusées officiellement, mais une vidéo amateur circule sur internet.

Que montre cette vidéo, filmée depuis une tribune du circuit de Suzuka, où se déroulait la course ? Une grue sort la Sauber accidentée d'Adrian Sutil, immobilisée dans le virage n°7 (courbe Dunlop), puis effectue une marche arrière. C'est alors qu'arrive à toute vitesse la Marussia de Jules Bianchi, qui s'encastre dans le camion grue. La scène montre aussi un commissaire agitant un drapeau vert, ce qui peut donner l'impression d'un feu vert au coureur.

L'image de la vidéo mise en ligne par Philip Dabrowiecki (et retirée depuis de You Tube) montrant le drapeau vert brandi par le commissaire japonais. (PHILIP DABROWIECKI )

Cette vidéo a fait le tour d'internet juste après 16 heures, lundi, avant d'être bloquée par la FOM... mais pas partout : de nombreuses copies circulent toujours. Sur Youtube, la vidéo est bloquée avec le message suivant : "Cette vidéo inclut du contenu de Formula One Management, qui l'a bloqué pour des raisons de droits d'auteur".

Selon 20 minutes, l'auteur de la vidéo, Philip Dabrowiecki, assure : "La FOM ne m’a pas contacté, et je crois qu’ils essaient d’enterrer la vidéo, parce qu'elle montre toutes les erreurs commises. J’ai partagé cette vidéo pour que la vérité soit montrée à tous les fans de F1".

Des éléments pour l'enquête ? 

Un élément visible sur la vidéo amateur a interpellé ceux qui l'ont visionnée. "Ce ne sont pas deux drapeaux jaunes qui étaient déployés dans le virage au moment de l'accident de Jules Bianchi, mais bien un drapeau vert (en haut à droite), censé signaler aux pilotes que la zone du circuit était désormais dépourvue du moindre danger", explique Europe 1

"On aperçoit clairement que le commissaire de course, après avoir agité un double drapeau jaune, repasse en drapeau vert 10 secondes seulement avant l'accident de Jules Bianchi...", surenchérit L'Equipe.

Ces images pourraient être déterminantes dans l'enquête sur les circonstances de l'accident et l'établissement des responsabilités. 

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