Formule 1 : quelles sont les causes de l'accident du pilote Jules Bianchi ?

Le pilote français, âgé de 25 ans, s'est grièvement blessé, dimanche, lors du Grand prix du Japon de Formule 1. Son accident suscite de nombreuses interrogations.

Des secouristes s\'affairent autour du véhicule du pilote français Jules Bianchi, lors du Grand prix de Formule 1, le 5 octobre 2014 à Suzuka (Japon).
Des secouristes s'affairent autour du véhicule du pilote français Jules Bianchi, lors du Grand prix de Formule 1, le 5 octobre 2014 à Suzuka (Japon). (HOCH ZWEI / AFP)

Son état reste critique. Le pilote français Jules Bianchi, 25 ans, s'est très grièvement blessé, dimanche 5 octobre, lors du Grand Prix du Japon de Formule 1. Membre de l'écurie russe Marussia, il a perdu le contrôle de sa monoplace dans un virage. Il a subi une opération neuro-chirurgicale en urgence dans la soirée.

Aucun communiqué ou bulletin de santé n'est prévu lundi de la part de l'hôpital japonais. Mais plusieurs éléments peuvent expliquer le tragique accident.

Des pneus usés et une piste détrempée

Avant que le centre du typhon Phanfone n'atteigne le Japon, lundi, des trombes d'eau sont tombées sur une grande partie de l'archipel samedi et dimanche. Conséquence : la piste du circuit de Suzuka était détrempée. Le départ de la course a été retardé à cause d'une forte averse, mais il a finalement été donné pendant une accalmie. "L'eau était en grande partie évacuée, la piste était praticable", explique dans Le Parisien Patrick Tambay, ex-pilote et consultant sur RMC.

Toutefois, la pluie a refait son apparition pendant la course. Jules Bianchi disposait à ce moment-là de pneus intermédiaires montés au 24e tour et probablement très usés. Il allait sûrement repasser au stand pour remettre des pneus pluie, mais il est sorti de la piste avant.

Au virage numéro 7, où l'accident s'est produit, la nuit tombait et les flaques d'eau étaient difficiles à détecter. La visibilité était très mauvaise à cet endroit-là du circuit, selon les explications données dimanche soir par Adrian Sutil. Ce pilote allemand est sorti de la piste au même endroit, un tour plus tôt.

La malchance

C'est l'enchaînement des événements à la suite de l'accident d'Adrian Sutil qui est pointé du doigt. Le pilote a planté sa Sauber-Ferrari dans le décor. Une dépanneuse est alors intervenue pour dégager la voiture endommagée, sous la "protection" d'un double drapeau jaune imposant aux pilotes de ralentir. Jules Bianchi a perdu le contrôle de sa monoplace, puis il a percuté cette grue de remorquage.

L'Agence France-Presse avance un facteur crucial, qu'elle impute à la malchance : la dépanneuse se trouvait pendant quelques minutes au mauvais endroit, entre deux rails de sécurité, pour soulever et poser la Sauber de Sutil derrière le mur de pneus, et donc au pire moment. Le pilote français n'a peut-être même pas vu les doubles drapeaux jaunes lui conseillant de ralentir fortement.

Une dépanneuse au mauvais endroit

Mais pour les anciens pilotes interrogés dimanche, ce n'est pas un accident dû au hasard. "Ça ne devrait pas se produire, la grue n'avait rien à faire là", s'agace Patrick Tambay dans Le Parisien. "Avoir une grue sur la piste, c'est juste lamentable. Ça fait des années et des années que nous en parlons. Nous étions toujours passés à côté de la catastrophe jusqu'ici. Malheureusement, c'est arrivé à Jules. Il faut toujours une catastrophe pour avoir des progrès", a regretté dimanche l'ancien pilote Olivier Panis, sur Eurosport.

"Il est navrant que le directeur de course des Grands Prix, Charlie Whiting, autorise l'intervention, sur le bord de la piste, d'engins de chantier non protégés, alors que les monoplaces sont en action à quelques mètres et déboulent à près de 200 km/h", souligne Libération. "Pourquoi la Fédération internationale de l'automobile n'impose-t-elle pas des grues à levier postées au-delà des rails de sécurité, comme sur les circuits en ville ?" s'interroge le quotidien.

Impossible, pour l'instant, de répondre à toutes les interrogations : sans images de l'accident, des zones d'ombre doivent encore être éclaircies. Depuis la mort d'Ayrton Senna et Roland Ratzenberger sur le circuit d'Imola (Italie) en 1994, aucun pilote n'est mort en course. A l'époque, "une table ronde avait été ouverte et de nombreuses mesures mises en place pour améliorer la sécurité des pilotes", rappelle Le Parisien. "On peut s'attendre au même scénario avec l'accident de Jules Bianchi", ajoute le quotidien.