Morandini, incertitudes sur l'avenir de la chaîne : la rédaction d'i-Télé vote la reconduction de la grève à une large majorité

Les journalistes d'i-Télé, réunis mardi en assemblée générale, ont voté à 81,5% en faveur de la reconduction de la grève entamée la veille pour protester contre leur direction et l'arrivée à l'antenne de Jean-Marc Morandini.

Le premier numéro de l\'émission de Jean-Marc Morandini sur i-Télé, diffusé le 17 octobre 2016 devant le siège du groupe Canal+ à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Le premier numéro de l'émission de Jean-Marc Morandini sur i-Télé, diffusé le 17 octobre 2016 devant le siège du groupe Canal+ à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).(MAXPPP)

La mobilisation des salariés d'i-Télé se poursuit. Les journalistes de la chaîne d'information du groupe Canal+ ont voté, mardi 18 octobre, en faveur de la reconduction de la grève entamée la veille, pour protester contre leur direction et l'arrivée à l'antenne de Jean-Marc Morandini, mis en examen pour "corruption de mineur aggravée". 

Les journalistes ont voté la reconduction de la grève à 81,5% (110 votes pour, 4 contre et 21 abstentions), précise à franceinfo la société des journalistes (SDJ) de la chaîne. Lundi, ils avaient voté pour la grève à 85% des voix. "Pourquoi on arrêterait cette grève ? Rien n'avance avec la direction", constate un gréviste interrogé par franceinfo. "Nos revendications n'ont pas changé. Nous n'avons pas pu parler avec la direction", confirme, Antoine Genton, président de la société des journalistes de la chaîne, devant le siège de la chaîne.

Une direction "dans le non-dialogue"

La rédaction est en conflit ouvert avec la direction depuis la confirmation, le 7 octobre, de l'arrivée de l'animateur, mis en examen dans le cadre de castings douteux pour la production d'une websérie érotique. Malgré le mouvement de grève, la première de "Morandini Live", émission consacrée aux médias, a bien été tournée et diffusée en direct lundi soir, sur un plateau d'i-Télé, avec des cadres techniques non grévistes et des pigistes.

Quand on regarde l'émission de Morandini, on a peut-être la même profession, mais on ne fait pas le même métierMilan Poyet, journaliste à i-Télédevant le siège de la chaîne

Mais cette arrivée n'est, pour reprendre les mots d'un gréviste, que "la goutte d'eau" qui a fait déborder le vase du ras-le-bol de la rédaction. A quelques jours du lancement, les journalistes ne savent pas quel est le projet de CNews, la nouvelle version d'i-Télé. Ils regrettent le vide hiérarchique à la direction de l'information de la chaîne, ainsi que le manque de moyens (suppression de 50 postes en juin, pas de mission à Mossoul, annulation des reportages prévus aux Etats-Unis).

Une réunion mercredi matin

Surtout, ils se demandent à quoi joue Vincent Bolloré, le nouvel homme fort du groupe Canal+, avec leur rédaction. C'est lui qui a insisté pour mettre Jean-Marc Morandini à l'antenne, malgré l'affaire. Un journaliste gréviste à sa petite idée : "il veut que tout le monde se barre sans avoir à faire de plan social"

Mardi, en fin d'après-midi, la direction est sortie de son silence. Selon nos informations, elle a annoncé aux grévistes que Maxime Saada, le directeur général de Canal+, viendrait présenter mercredi matin le projet CNews aux équipes d'i-Télé. "C'était l'une de nos revendications, même s'il faut attendre de voir ce qu'il a à nous dire", commente un gréviste. Ce rendez-vous pourrait amorcer une sortie de crise.