En dépit de la grève, Morandini a fait ses débuts sur l'antenne d'i-Télé

Une nouvelle assemblée générale des journalistes de la chaîne d'information est prévue mardi matin.

Un salarié de la chaîne i-Télé observe Jean-Marc Morandini animer le premier numéro de son émission, le 17 octobre 2016 devant le siège du groupe Canal+ à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Un salarié de la chaîne i-Télé observe Jean-Marc Morandini animer le premier numéro de son émission, le 17 octobre 2016 devant le siège du groupe Canal+ à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). (MAXPPP)

La mobilisation des salariés d'i-Télé n'a pas eu raison de la détermination de Vincent Bolloré. Comme le souhaitait le patron du groupe Canal+, l'animateur Jean-Marc Morandini a démarré lundi 17 octobre son émission consacrée aux médias, malgré une grève massive contre lui décidée par la rédaction.

Les journalistes de la chaîne d'information du groupe Canal+ s'étaient mis en grève à une écrasante majorité contre l'arrivée de l'animateur, mis en examen pour "corruption de mineur aggravée" dans le cadre de castings douteux pour le tournage d'une websérie érotique. Ils estiment que ce recrutement compromet l'image de la chaîne.

Pas un mot sur la grève

Cela n'a pas empêché la diffusion en direct de "Morandini Live", tournée sur un plateau d'i-Télé avec des cadres techniques non grévistes et des pigistes, a indiqué un responsable de +Libres, le syndicat autonome du groupe Canal+. Une nouvelle assemblée générale des journalistes est prévue mardi matin.

Souriant, Jean-Marc Morandini, qui promet de décrypter "toute l'actualité des médias", a commencé en évoquant un épisode de la série américaine New York Unité Spéciale dont le scénario s'inspire de l'affaire DSK. Il n'a toutefois pas mentionné la grève au sein de sa chaîne. Il a simplement conclu son émission en remerciant "les équipes d'i-Télé, même si cela n'a pas été facile".

La rédaction réclame un vrai projet pour la chaîne

Pendant l'émission, les salariés grévistes s'étaient rassemblés devant le siège du groupe Canal+. L'ambiance était grave, selon notre journaliste Thomas Baïetto, présent sur place.

La Société des journalistes (SDJ), soutenue par +Libres, a présenté lundi une série de revendications : outre le report de la venue à l'antenne de Morandini, elle demande la définition d'un projet pour la chaîne et des moyens accrus. Selon le syndicat, plusieurs annonceurs se sont retirés de l'émission de Morandini.

La SDJ demande aussi la nomination d'un directeur de la rédaction qui puisse garantir l'indépendance des journalistes vis-à-vis des intérêts du groupe Canal+, comme le stipule la convention conclue avec le CSA.