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Mis en cause par "Les Inrocks", Jean-Marc Morandini contre-attaque et accuse Marc-Olivier Fogiel de "chantage"

L'animateur d'Europe 1 s'est expliqué après la publication d'une enquête accablante sur les méthodes de casting scabreuses de sa maison de production.

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France Télévisions
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L'animateur Jean-Marc Morandini lors d'une conférence de presse à Paris, le 19 juillet 2016. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"On veut me tuer." Mis en cause dans une enquête du magazine Les Inrocks parue une semaine plus tôt, Jean-Marc Morandini s'est dit "victime de chantage", mardi 19 juillet, lors d'une conférence de presse, dont le texte a été mis en ligne sur son blog. L'animateur d'Europe 1 a annoncé des "poursuites au pénal" contre son confrère Marc-Olivier Fogiel, qu'il accuse d'être à l'origine de ces révélations. La plainte vise également Matthieu Delormeau, un animateur de D8, Chris Bieber, un acteur pornographique belge, ainsi que Les Inrocks et la journaliste auteure de l'enquête. Francetv info résume les derniers rebondissements de cette affaire.

Quelles sont les accusations qui pèsent sur Jean-Marc Morandini ?

L'enquête des Inrocks se penche sur les castings d'une websérie produite par la société de Jean-Marc Morandini intitulée Les Faucons. Le magazine, qui a consulté des e-mails et recueilli le témoignage de plusieurs acteurs de la série, affirme qu'une personne se présentant comme directrice de casting leur a demandé, de façon insistante, d'envoyer des photos et des vidéos d'eux nus, voire, pour l'un des acteurs, une scène de masturbation. Ce que deux acteurs ont confirmé à francetv info

Les Inrocks affirment également que la directrice de casting en question ne travaille plus pour cette société de production et laissent entendre que leur véritable auteur pourrait être des employés de la société voire Jean-Marc Morandini lui-même. Un des acteurs assure par ailleurs avoir rencontré l'animateur avant le tournage et que celui-ci l'aurait pris en photo nu. Enfin, lors du tournage, les acteurs ont été amenés à tourner des scènes sexuelles explicites, ajoutées à la demande de l'animateur, selon un membre de l'équipe technique cité par Les Inrocks.

Que répond Jean-Marc Morandini à cette enquête ?

Durant sa déclaration à la presse, qui a duré une dizaine de minutes, au terme de laquelle il n'a pas accepté de questions, Jean-Marc Morandini a peu évoqué le contenu de l'enquête des Inrocks, si ce n'est pour répondre à ce qu'il considère comme les insinuations du magazine : "Je n’ai jamais abusé de personne ou forcé quiconque à avoir des relations sexuelles avec moi. Et, je vous le dis clairement puisque vous l’attendez, je n’ai jamais couché avec un mineur." Il accuse l'hebdomadaire et l'auteure de l'article, contre lesquels il annonce porter plainte, de "manipuler la vérité" pour le faire passer "pour un immense pervers""Evidemment il y a eu des maladresses et je suis en train de m’en occuper", a reconnu l'animateur, sans plus de précisions.

Jean-Marc Morandini assure que "le scénario [des Faucons] ne laissait aucune ambiguïté sur les rôles à jouer", impliquant des scènes de nu qui ne représentent "que deux minutes de nudité par épisode". Il affirme également qu'un seul des acteurs était mineur et que sa mère était présente sur le tournage. Enfin, il attaque la crédibilité d'un comédien, Jonathan Louis, que les Inrocks n'ont pas interrogé mais qui a témoigné dans Le ParisienSelon Jean-Marc Morandini, le jeune homme n'a pas été retenu après son casting alors que le journal le présente comme ayant joué "des scènes" de la série.

Contre qui l'animateur veut-il porter plainte, et pourquoi ?

Outre Les Inrocks et la journaliste auteure de leur enquête, Fanny Marlier, Jean-Marc Morandini, qui assure disposer de "preuves indiscutables", a annoncé son intention de poursuivre l'animateur de RTL et France 3 Marc-Olivier Fogiel, le chroniqueur de D8 Mathieu Delormeau et un acteur de films pornographiques appelé Chris Bieber.

Jean-Marc Morandini, qui anime une émission quotidienne en partie consacrée aux médias sur Europe 1, la radio rivale de RTL, affirme être victime d'un chantage de la part de Marc-Olivier Fogiel. Ce dernier lui aurait envoyé "plusieurs messages" menaçant de "sortir des saloperies sur moi", selon Jean-Marc Morandini, si celui-ci ne cessait pas d'évoquer à l'antenne les mauvaises audiences des émissions de Marc-Olivier Fogiel. Jean-Marc Morandini affirme avoir fait constater ces menaces par un huissier, et avoir envoyé une mise en demeure à son rival, en avril 2016.

Marc-Olivier Fogiel, interrogé par Buzzfeed, reconnaît avoir évoqué des "dossiers" dans un message envoyé à son concurrent, mais assure que "c'était une expression". Il a aussitôt contre-attaqué en annonçant à l'AFP qu'il allait porter plainte pour "dénonciation calomnieuse" et "diffamation". Il a aussi démenti être associé à Mathieu Pigasse, actionnaire des Inrocks, comme l'a affirmé Jean-Marc Morandini, qui pense que c'est ce lien qui serait à l'origine de la publication de l'article dans l'hebdomadaire. 

Ce dernier a présenté Mathieu Delormeau et Chris Bieber comme des alliés de Marc-Olivier Fogiel dans ce qu'il appelle un "assassinat public". Jean-Marc Morandini affirme détenir "la preuve et des enregistrements qui attestent que Delormeau", chroniqueur de l'émission "Touche pas à mon poste" sur D8"a appelé plusieurs personnes, jusqu’à vendredi dernier, pour les pousser à témoigner contre moi" et aurait proposé à des témoins potentiels de prendre en charge leurs frais d'avocat. Le chroniqueur a réagi sur Twitter.

Quant à Chris Bieber, acteur de films pornographiques qui a accusé l'animateur d'attouchements sexuels, Morandini le présente comme un ami de Mathieu Delormeau, qui l'accuserait "dans le seul but de se faire de la pub".

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