Attaque à Paris : "Pour quelle raison cet immeuble n'était pas protégé depuis le début du procès de janvier 2015 ?", s'interroge la société Premières Lignes

"C'est un immeuble symbolique de la liberté de la presse dans notre pays", affirme le co-fondateur de la société de production télévisuelle.

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Des militaires et la BRI ont été mobilisés après l'attaque dans le 11e arrondissement de Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

"Pour quelle raison cet immeuble n'était pas protégé depuis le début du procès de janvier 2015 ?", s'interroge sur franceinfo Luc Hermann, journaliste, cofondateur de Premières Lignes, alors qu'une attaque à l'arme blanche a eu lieu vendredi 25 septembre en fin de matinée devant les locaux de la société de production, tous proches des anciens locaux de Charlie Hebdo, faisant deux blessés grave.

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Une interrogation dont a fait part Luc Hermann à Jean Castex, Premier ministre et Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, lors de leur visite sur les lieux de l'attaque, un peu plus tard dans l'après-midi. "Gérald Darmanin a assuré prendre les choses extrêmement au sérieux, et le Premier ministre nous a assuré qu'il était absolument important de protéger la liberté de la presse", raconte le journaliste, avant de conclure : "on attend les actes".

"Un immeuble symbolique"

"On ne sait pas si c'est Charlie Hebdo qui a été visé", s'interroge également le cofondateur de Premières Lignes qui ne pense pas que la société de production ait été directement prise pour cible. "C'est un immeuble symbolique de la liberté de la presse dans notre pays", ajoute Jean-Luc Hermann. Même s'il n'a que "très peu de nouvelles" des deux collaborateurs de son équipe, le journaliste confirme que leurs jours ne sont pas en danger.

"On a mis en place une cellule de soutien psychologique", ajoute Luc Hermann, précisant que certains des collaborateurs qui étaient dans les locaux de Premières Lignes lors de l'attaque avaient "malheureusement assisté à l'attentat de janvier 2015" dans les anciens locaux de Charlie Hebdo, qui "ne sont pas les mêmes que ceux de Premières Lignes", tient à préciser son cofondateur.

"Ce n'est pas un hasard"

Co-fondateur de Premières Lignes, Paul Moreira estime lui que l'attaque dont ont été victime deux salariés de la société de production n’est pas un "hasard" : "Ce sont nos locaux. On a toujours été là." 

On était là pendant l'attaque de Charlie Hebdo. On a été parmi les premiers qui sont rentrés dans la pièce, on avait porté secours aux survivants.

Paul Moreira, fondateur de la société de production "Premières Lignes"

à franceinfo

"On constate qu’il y a le procès des attentats de janvier 2015, et que c'est le même immeuble. Il y a des gens qui pensent que c'est toujours les locaux de Charlie Hebdo", affirme Paul Moreira.

"Des gens avec des comportements étranges"

"Pourquoi n'y a-t-il pas eu de protection policière en plein 'procès Charlie ?'", s'interroge également Emmanuel Gagnier, rédacteur en chef de Cash Investigation - émission produite par Premières lignes - sur franceinfo. "Nous n'avons jamais été menacés", précise-t-il , tout en soulignant avoir "parfois vu des gens avec des comportements étranges devant le bâtiment" mais s'être "habitué à vivre avec cela". 

On n'imaginait pas que cela puisse se reproduire

Emmanuel Gagnier

à franceinfo

Emmanuel Gagnier indique que les deux salariés blessés sont "un homme et une femme, l'un directeur de la post-production, l'autre assistant de production", sans donner plus d'informations sur leur identité, pour "protéger leur vie privée". "Pour certains qui étaient à l'Agence au moment des attentats de Charlie Hebdo, ça fait ressurgir tout un tas de choses", ajoute, ému, le rédacteur en chef.

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