Grève du 5 décembre : SNCF, RATP, Air France... Qui a d'ores et déjà décidé de participer au mouvement social ?

Le front syndical contre la réforme des retraites s'étoffe de jour en jour. De nombreux syndicats appellent à la grève le 5 décembre, un écueil de plus pour l'exécutif.

 Des personnes attendent le RER pendant la grève de la RATP à Paris, le 13 septembre 2019.
 Des personnes attendent le RER pendant la grève de la RATP à Paris, le 13 septembre 2019. (JULIE SEBADELHA / HANS LUCAS / AFP)

De la SNCF aux poids lourds, de la RATP à Air France, en passant par EDF et les hôpitaux publics : les appels à faire grève le 5 décembre contre la réforme des retraites s'accumulent. Voici un état des lieux, deux semaines avant le jour J.

A la SNCF, quatre syndicats appellent à la grève

Les quatre syndicats représentatifs appellent à la grève. La CGT-Cheminots, l'Unsa ferroviaire et Sud-Rail ont signé un appel unitaire à un mouvement illimité pour défendre les retraites "de l'ensemble des salariés" car selon eux, "les régimes spéciaux [dont celui des cheminots] comme le régime général sont ciblés" par la réforme. Les voyageurs sauront "le 3 décembre dans l'après-midi" quels trains circuleront le 5, précise la direction de la SNCF.

La CFDT-Cheminots, restée jusqu'alors en retrait, a annoncé, jeudi en fin de matinée, vouloir déposer "dès ce soir ou demain" un préavis de grève reconductible à partir du 5 décembre. "Le gouvernement n'a pas mesuré les attentes des cheminots" qui ont "besoin d'être rassurés", a estimé son secrétaire général, Didier Aubert, à l'issue d'une réunion au ministère des Solidarités.

"Le 5 on commence, le 6 on continue", haranguait mardi lors d'une manifestation le responsable de la CGT-Cheminots. "Il y aura une grosse journée de mobilisation le 5, toutes catégories confondues", y compris dans l'encadrement où règne "un très fort mécontentement sur les retraites", a expliqué Laurent Brun à l'AFP.

A la RATP, ce sera "aussi fort que le 13 septembre"

Après l'électrochoc de la grève très suivie du 13 septembre, qui avait mis Paris quasiment à l'arrêt, les trois syndicats représentatifs de la régie appellent cette fois-ci à une grève illimitée contre la réforme.

"Le 5 décembre sera a priori aussi fort que le 13 septembre", estime Fabrice Ruiz de la CFE-CGC. "Ce sera une très grosse journée" au vu des "remontées du terrain et des déclarations des agents qui doivent prévenir à l'avance s'ils seront grévistes", explique Bertrand Hammache de la CGT. "On n'est pas très inquiets pour le 6 décembre", qui devrait voir la grève se poursuivre, note Thierry Babec de l'Unsa.

Dans le transport routier et urbain, deux syndicats pour une grève illimitée

La CGT et FO appellent à une grève illimitée dès le 5 décembre dans le transport urbain et routier de voyageurs, de marchandises, de fonds. Un appel qui concerne également les ambulanciers, les déménageurs et les taxis.

"On fait ce qu'il faut pour que ce soit suivi", a indiqué Patrice Clos de FO Transports et Logistique. "Pour le transport urbain et le transport routier de voyageurs, des notifications avant préavis de grève, assez nombreuses, ont été déposées", par exemple "à Lyon, Montpellier, Bordeaux", a-t-il précisé. Dans le privé, aucun préavis n'est nécessaire.

A Air France, un préavis de grève qui concerne le personnel au sol 

Chez Air France, les syndicats de pilotes et ceux des hôtesses et stewards n'appellent pas à la grève. En revanche, trois syndicats particulièrement implantés auprès du personnel au sol ont déposé des préavis : FO, premier syndicat toutes catégories, qui souhaite un mouvement reconductible, comme la CGT. SUD-Aérien veut mobiliser le 5, en scandant "ni retraite à points, ni droits en moins". Les grévistes impliqués dans l'exploitation aérienne (navigants ou personnel au sol) doivent se déclarer individuellement au plus tard 48 heures avant le début du conflit pour permettre à la compagnie de s'organiser et d'informer ses passagers.

Chez les contrôleurs aériens, le SNCTA, premier syndicat, n'appelle pas à la grève, contrairement à l'USAC-CGT, numéro deux. Ces fonctionnaires sont soumis à un système d'astreinte destiné à assurer un service minimum mais une mobilisation importante pourrait engendrer retards ou annulations de vols.

Des avocats pour une "journée de justice morte"

Le Conseil national des barreaux (CNB) a voté, jeudi, en assemblée générale pour une "journée de justice morte", le 5 décembre, "tant pour continuer à défendre fermement les spécificités des régimes autonomes qu’en solidarité avec ceux qui ont à souffrir de l’absence d’écoute du gouvernement et de sa réforme dogmatique". Dans une lettre ouverte, les avocats annoncent avoir transmis une lettre ouverte à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour dénoncer "la situation historiquement critique des relations" entre le ministère de la Justice et la profession d’avocat.

Dans cette lettre, le CNB réaffirme également son opposition au régime universel de retraite proposé par le gouvernement qui a "choisi unilatéralement l’exemple d’un avocat qui n’existe pas", soit celui qui "commence sa carrière à 23 ans (alors que la moyenne d’âge d’entrée dans la profession est de 28,1 ans et qu’en 2018, aucun avocat n’est entré dans la profession à cet âge".

Vendredi, c'est le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, qui a appelé "l'ensemble des professionnels de justice" à la grève le 5 décembre, notamment pour protester contre la réforme des retraites. L'organisation estime que cette réforme "aura pour conséquence d'augmenter [les] cotisations pour des pensions moindres et non garanties". Le Syndicat de la magistrature entend également protester contre "la mise en œuvre de la loi programmation et de réforme pour la justice" qui a été faite "sans concertation" et "dans la plus grande précipitation".

Chez EDF, la CGT prône "des coupures dans les bâtiments publics d'Etat"

Plusieurs syndicats d'EDF, parmi lesquels la CGT, Force ouvrière et Sud, ont appelé jeudi, à leur tour, à la grève reconductible le 5 décembre pour protester contre la réforme des retraites, a appris franceinfo de sources syndicales. En revanche, la CFDT n'appellera pas à faire grève le 5 décembre, a indiqué jeudi à l'AFP le secrétaire général de la fédération CFDT Chimie-Energie, Dominique Bousquenaud.

La CGT appelle à la grève ainsi qu'à des "baisses de production d'électricité, des coupures en énergie des bâtiments publics d'Etat (hors lieux de santé)" ainsi que dans des entreprises de la branche, et à l'inverse à remettre le courant chez les particuliers où il aurait été "injustement coupé", selon un communiqué.

Des syndicats de policiers pour "une fermeture symboliques des commissariats"

Plusieurs syndicats de police, dont Alliance et Unsa, ont menacé, mardi, de se joindre au mouvement social du 5 décembre, si le ministère de l'Intérieur "ne répond pas à [leurs] attentes". Ils envisagent de lancer, le jour de mobilisation contre la réforme des retraites, des "actions de 10 heures à 15 heures dans tous les services de police", notamment la "fermeture symbolique des commissariats, le refus de rédiger des PV ou encore des contrôles renforcés aux aéroports et aux péages d'autoroutes".

Dans l'Education nationale, trois syndicats mobilisés

Dans l'Education nationale, les syndicats SNES-FSU, SUD-Education l'Unsa-Education appellent à une grève des enseignants le 5 décembre. D'autres syndicats de l'intersyndicale Education sont également mobilisés.

A l'hôpital, au moins un syndicat d'infirmiers veut faire grève

Après 8 mois de crise dans les hôpitaux publics, le gouvernement a annoncé, mercredi, une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans, ainsi que des primes pour les personnels. Pourtant, les personnels hospitaliers ne sont pas convaincus par ce nouveau "plan d'urgenceet prévoient de nouvelles journées d'action. Ces collectifs et l'ensemble des syndicats de la fonction publique hospitalière, dont la CGT, FO et la CFDT, ont estimé dans un communiqué commun que le gouvernement "ne répond pas à la gravité de la situation" et fixé deux nouvelles dates de mobilisation. Mais certains appellent aussi à se joindre à la journée de grève du 5 décembre.

"Nous avons donné un rendez-vous pour manifester le 30 novembre en fonction des annonces, ainsi qu’une journée de grève massive le 17 décembre. Les internes et les praticiens hospitaliers seront en grève le 10 décembre. Notre syndicat appellera à rejoindre le mouvement du 5 décembre", résume Renaud Péquignot, président du syndicat Avenir Hospitalier à Allodocteurs.fr. Le syndicat national des professionnels infirmiers a aussi annoncé, mercredi, qu'il allait continuer à faire grève : "Le 5 décembre, on sera là."

Dans d'autres services publics, le mouvement sera également suivi

Plus généralement, dans la fonction publique, la fédération FSU et la fédération CGT des services publics appellent tous les syndicats représentants des agents de la fonction publique à faire grève. Des syndicats de pompiers sont également sur le pont, tout comme ceux de La Poste.

Les "gilets jaunes" "à l'heure de la convergence"

Dans leur "Assemblée des assemblées" à Montpellier, des "gilets jaunes" ont voté, le 3 novembre, une proposition pour rejoindre la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites. L'appel a été adopté à une écrasante majorité lors d'un vote à main levée, en séance plénière. "L'heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui, comme nous, n'acceptent pas", ont-ils ensuite précisé dans un communiqué de presse. "L'Assemblée des assemblées de Montpellier appelle les 'gilets jaunes' à être au cœur de ce mouvement, avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs gilets bien visibles !", ajoutait le communiqué.

Les syndicats étudiants et lycéens veulent "maintenir la pression"

Plus de dix jours après l'immolation d'un étudiant devant un Crous de Lyon, le mouvement étudiant ne décolère pas et réclame des mesures pour lutter contre la précarité étudiante. Surfant sur la grande grève, le syndicat Unef a appelé à manifester le 5 décembre pour "maintenir la pression" sur le gouvernement et exiger une réévaluation des bourses universitaires. Il a été rejoint par d'autres organisations syndicales et de jeunesse, FIDL, MNL, UNL.