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Code du travail, couacs, affaire Pénicaud... Quatre choses à retenir de l'interview d'Edouard Philippe

Le Premier ministre a défendu les méthodes de son gouvernement et son projet de réforme du Code du travail dans une interview au "Parisien" publiée vendredi. Franceinfo revient sur ses principales déclarations.

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France Télévisions
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Le Premier ministre, Edouard Philippe, sort du palais de l'Elysée à Paris, le 2 août 2017.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Un besoin de faire de la pédagogie. Alors que le Parlement a définitivement adopté par un ultime vote du Sénat, mercredi 2 août, le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour réformer le Code du travail, le Premier ministre, Edouard Philippe, a précisé le calendrier de cette réforme phare du quinquennat Macron et défendu les méthodes de son gouvernement dans une interview au Parisien, publiée vendredi 4 août. Franceinfo fait le point sur ce qu'il faut retenir de ses déclarations. 

1Sur la réforme du Code du travail : le projet "sera présenté le 31 août"

C'est la principale annonce du Premier ministre : celle qui concerne le calendrier de la réforme du Code du travail. "La concertation se poursuit pendant l’été pour finaliser le projet, qui sera présenté le 31 août, et les textes définitifs seront approuvés par le Conseil des ministres avant la fin de l’été", a précisé Edouard Philippe.

Une manière d'éclaircir la feuille de route du gouvernement et de réitérer la volonté de ce dernier de mener à bien sa réforme, alors que les députés "insoumis", communistes et socialistes ont annoncé, jeudi 3 août, qu'ils saisiraient "cette semaine" le Conseil constitutionnel au sujet du projet de loi habilitant le gouvernement à réformer par ordonnances le Code du travail.

Des mesures paraîtront trop audacieuses à certains et pas assez à d'autres, c'est la vie, mais toutes auront fait l'objet d'un dialogue approfondi avec les partenaires sociaux.

Edouard Philippe

au "Parisien-Aujourd'hui en France"

2Sur les partenaires sociaux : "Je ne suis pas là pour faire plaisir à tel ou tel"

Pas question de laisser croire que le gouvernement Philippe II cédera uniquement aux revendications du patronat. Dans son interview, le Premier ministre a défendu pied à pied la manière dont son gouvernement a, jusqu'à présent, mené les négociations avec les partenaires sociaux pour dessiner les grands axes de la réforme. "Nous tenons l’ensemble de nos engagements. Sur le fond, en libérant l’activité tout en protégeant les salariés, et sur la méthode, en discutant longuement avec les organisations syndicales et patronales", a-t-il assuré.

Estimant que le texte sera "bon pour tout le monde, les entreprises comme les salariés", il s'est réjoui de ce qu'il permette de "placer la négociation sociale au niveau le plus efficace, plus près de la réalité du terrain, dans l’entreprise ou au niveau de la branche en fonction des sujets, ou de rendre enfin applicable le compte pénibilité sans remettre en cause les droits acquis."

Et d'ajouter, pour répondre à la gronde des opposants à la réforme du Code du travail : "Je ne suis pas là pour faire plaisir à tel ou tel, je suis là pour mettre en œuvre les engagements du président de la République et pour faire redémarrer le pays." 

3Sur les couacs : "Bien sûr qu'on va s'améliorer"

Problème de communication concernant la baisse des APL, démission du chef d'état-major des armées Pierre de Villiers. Le quinquennat d'Emmanuel Macron a déjà connu une première série de couacs. "L'expérience montre que les politiques aguerris peuvent aussi "couaquer"", se défend Edouard Philippe, qui reconnaît qu'"il y a forcément, comme au début de chaque période, des choses qui se calent".

Prenant la défense de ses ministres, il explique : "Nous avons voulu intégrer des hommes et des femmes qui n'étaient pas issus du monde politique, avec des expériences professionnelles variées. Ils entrent dans le bain de la politique et ont parfois eu besoin d'un peu de temps pour trouver leurs marques." Pas de quoi s'inquiéter donc, selon Edouard Philippe, qui assure que les "qualités" de ses ministres "sont incomparablement supérieures aux petits inconvénients liés à leur période d'adaptation". Lui, assure qu'il n'a "jamais cherché à être spectaculaire", qu'il "essaie d'être sérieux, solide, de monter au créneau quand c'est nécessaire" et que, pour lui, "seule l'efficacité compte".  Il conclut : "Bien sûr qu'on va s'améliorer." 

On peut toujours s'améliorer. C'est vrai pour le Parlement, pour le gouvernement... et pour moi.

Edouard Philippe

au "Parisien-Aujourd'hui en France"

4Sur Muriel Pénicaud : "Une remarquable ministre"

Invité à s'exprimer sur les polémiques qui écornent l'image de la ministre du Travail, le chef du gouvernement a volé à son secours, jugeant qu'elle s'était montrée "admirable pendant toute (la) phase de discussion" sur la réforme du Code du travail. Empêtrée dans l'affaire Business France, Muriel Pénicaud est par ailleurs accusée d'avoir réalisé une plus-value boursière d'un million d'euros en 2013, après la vente de stock-options à l'époque où elle était DRH chez Danone, et au moment où un plan de départs volontaires touchait plusieurs centaines de salariés du groupe. Concernant cette dernière affaire, Edouard Philippe répond : "Il y a sans doute des gens dans ce pays qui sont outrés par le fait que certains gagnent de l’argent, voire beaucoup d’argent. Je ne partage pas ce sentiment aussi longtemps que c’est légal et qu’on paye des impôts dessus."

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