Éducation nationale : où sont passés les candidats des concours de recrutement des enseignants ?

Le métier d'enseignant n'attire plus : tous les postes ouverts aux différents concours pour devenir professeur ne seront pas pourvus cette année, selon les premiers résultats publiés ces derniers jours.

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édité par Xavier Allain - Noémie Bonnin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Ces futurs professeurs n'ont pas reçu leur défraiement de 120 euros depuis le mois de janvier.  (PHOTO D'ILLUSTRATION / LIONEL VADAM / MAXPPP)

Il n'est déjà pas toujours facile de trouver des remplaçants quand des enseignants sont absents, et cela risque encore de s'aggraver. Tous les postes ouverts aux différents concours pour devenir professeur ne seront pas pourvus cette année, selon les premiers résultats publiés par l'Education nationale.

Si ce phénomène n'est pas nouveau, en revanche, il s'accentue d'année en année et pourrait provoquer des situations complexes dès la rentrée prochaine. Plusieurs disciplines de collège et lycée sont particulièrement concernées, notamment les maths, ou l'allemand.

Plus d'un millier de postes ouverts

Ce manque de candidats aux différents concours, dont le Capes, concours pour devenir enseignants du second degré, s'explique relativement simplement : ce n'est pas que les postulants ne sont pas au niveau, ils ne sont simplement pas assez nombreux. En allemand par exemple, il y a moins de candidats admissibles que de postes ouverts, après les premières épreuves écrites. Au bout du compte, avant même les dernières épreuves orales d'admission, 83 sont admissibles pour 215 places disponibles.

Idem en maths : 816 sont admissibles pour 1035 postes ouverts. Et c'est bien dans cette matière, les mathématiques, que la situation est la plus critique : on va justement avoir besoin de plus de professeurs, à la rentrée prochaine avec le retour des maths dans le tronc commun en classe de première.

Les syndicats, eux, sont bien plus inquiets et rappellent leur demande de hausse des salaires, notamment, pour contribuer à rendre le métier plus attractif.

"L'urgence, c'est les salaires"

Invitée de franceinfo, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, ne cache pas son inquiétude : "L'urgence, c'est clairement d'abord une question de salaire. Il faut rappeler que les enseignants débutants sont à 1,1 fois le SMIC. Il faut rappeler aussi que les enseignants débutants sont éligibles à la prime d'activité, qui est un dispositif de lutte contre la pauvreté. Il y a urgence à vraiment prendre des mesures fortes pour nos salaires de début de carrière, mais aussi pour l'ensemble de la carrière des enseignants."

"Aujourd'hui, qu'un jeune qui se destine à ce métier puisse se dire qu'il va être correctement rémunéré et  bien pouvoir faire son métier. Cela veut dire aussi travailler, par exemple, sur les conditions de travail, les effectifs par classe.... Mais aujourd'hui, vraiment, il y a une urgence en termes de salaires", précise-t-elle sur franceinfo.

Malgré tout, le ministère de l'Education, se veut rassurant : "On avait anticipé", "Il n'y a pas de difficulté particulière", assure l'équipe de Jean-Michel Blanquer.

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