Covid-19 : "On va tout droit" vers une fermeture totale des bars et restaurants à Paris, estime Stéphane Manigold, patron de quatre restaurants parisiens

Le co-fondateur du collectif "Restons ouverts" demande à être reçu par le ministre de l'Économie pour obtenir "des mesures un peu plus progressives et moins radicales".

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Stéphane Manigold, propriétaires de restaurants à Paris et porte-parole du collectif de commerçants "Restons ouverts", le 22 mai 2020. (THOMAS COEX / AFP)

Le co-fondateur et l'un des porte-parole de "Restons ouverts", un collectif de patrons de bars, Stéphane Manigold, a estimé sur franceinfo lundi 28 septembre, que les restaurants et bars parisiens vont finir, comme à Marseille, par fermer totalement : "Nous allons fermer, c’est une certitude". "On va y arriver, on y va tout droit", a-t-il déclaré alors qu'à partir de ce lundi, à Paris et dans 10 autres grandes villes de France, les bars devront déjà fermer leurs portes à 22h pour lutter contre la reprise de l'épidémie de Covid-19

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Stéphane Manigold, qui s’était fait connaître en mai dernier après avoir obtenu gain de cause en justice pour que ses pertes d'exploitation liées au Covid-19 soient indemnisées par son assureur, redoute une décision rapide comme à Marseille où "ils ont eu deux jours de battement". Voilà pourquoi le collectif "Restons ouverts" réclame une consultation avec les élus locaux, les maires d'arrondissement, la maire de Paris, Anne Hidalgo "qui est également vent-debout contre une fermeture généralisée de nos établissements", explique Stéphane Manigold.

Il ne veut pas d"insurrection"

Le porte-parole de "Restons ouverts" indique avoir déjà rendez-vous mardi 29 septembre avec Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France : "Je sais qu'elle est vent-debout contre une décision qui pourrait être prise par le gouvernement de fermer (les restaurants et bars) en Île-de-France."

Stéphane Manigold précise que même s'il s'oppose à la mesure du gouvernement, il n'appelle pas pour autant à "l'insurrection". "Si demain le préfet nous dit de fermer, on va fermer. En revanche, on souhaite que ça se passe dans la concertation avec les élus locaux." Le chef d'entreprise et son collectif demandent à être reçus par Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, "de façon à ce qu'on puisse lui montrer tout ce qu'on a fait et pour, pourquoi pas, obtenir des mesures un peu plus progressives et moins radicales".

Un secret de polichinelle

Propriétaire de quatre restaurants gastronomiques à Paris, Stéphane Manigold ne fermera pas ses établissements à partir de ce lundi à 22h car ils possèdent une licence IV [ qui permet de rester ouvert tout comme la licence restauration ou petite restauration]. Toutefois, le commerçant se dit "solidaire" de ses collègues marseillais. Selon lui, les patrons de Marseille et d'Aix-en-Provence ont "investi dans des masques et du gel" et font "respecter les gestes barrières".

Si des établissements persistent à ne pas respecter les gestes barrières, qu'on les ferme. Mais que l'on ne ferme pas de façon généralisée !

Stéphane Manigold

à franceinfo

Selon Stéphane Manigold, la fermeture des bars à 22h dès ce lundi à Paris ne sera pas suffisante pour éviter, in fine, une fermeture totale des restaurants : "On va y arriver, on y va tout droit. D'ailleurs, tous les indicateurs nous montrent que nous allons fermer (...) C'est une certitude. Cela va devenir un secret de polichinelle"; affirme l'entrepreneur qui invite "tous les Parisiens et Parisiennes à venir dans nos établissements pour profiter avant ces fermetures."

Le restaurateur parisien indique que le personnel de ses établissements est testé contre le coronavirus "tous les 15 jours".Il dit avoir également commandé des vaccins contre la grippe saisonnière pour ses employés. "Diriger c'est prévoir", défend-il. Stéphane Manigold rappelle que la situation économique des restaurateurs a atteint un point critique.

On ne s'est toujours pas relevés de cette première casse économique qui a été violente pendant trois mois.

Stéphane Manigold

à franceinfo

"Il faut garder en tête que nous avons rentré zéro euro de chiffre d'affaires, poursuit Stéphane Manigold, que nos établissements sont globalement entre moins 40 et moins 60% de chiffre d'affaires depuis le début de l'année. Il est simple de comprendre qu'aucun business model au monde ne peut tenir un tel choc." Le chef d'entreprise est clair : "On ne survivra pas à une deuxième fermeture !"

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