''On est tous sacrifiés'' : la colère des restaurateurs et patrons de bars aixois et marseillais, obligés de fermer quinze jours à cause du Covid-19

Pour lutter contre le coronavirus, la préfecture des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté de fermeture des bars et restaurants. En signe de protestation, une centaine de patrons d'établissements ont tenté lundi de bloquer l'échangeur entre l'autoroute et le tunnel du Prado qui permet de traverser Marseille.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des patrons de bars et des restaurateurs manifestent, à Marseille, le 28 septembre 2020. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Ils enjambent le terre plein central, se mettent devant les barrières aux péages et sur les ronds-points, tandis que les automobilistes manifestent leur soutien. À Marseille et Aix-en-Provence, les restaurateurs et patrons de bars ne décolèrent pas : ils doivent fermer pour une période de quinze jours, décision de la préfecture des Bouches-du-Rhône pour lutter contre le coronavirus Covid-19. Aussi, après avoir baissé le rideau dimanche soir, ils ont manifesté à nouveau lundi 28 septembre. À la manière des gilets jaunes, ils étaient une centaine à tenter de bloquer l'échangeur entre l'autoroute et le tunnel du Prado qui permet de traverser Marseille.

Cela fait sourire Loïc, qui n'est pas restaurateur. Il travaille pour le torréfacteur marseillais Henry Blanc. Quand les cafés ferment, lui aussi se retrouve au chômage partiel.

Ils sont en train de geler tout le monde ! Les restaurants, les bars, les torréfacteurs, les brasseurs. N'importe quoi. Tout le monde perd de l'argent. Personne ne travaille, partout ! 

Loïc

à franceinfo

Au milieu de la route aussi, Sandrine, patronne d'un restaurant à Marseille, elle n'arrive plus à s'en sortir à la fin du mois. ''Moi, je n'ai pas de salaire pendant une année vu que ma saison n'a pas été faite, explique-t-elle. Comment on survit ? Au bout de vingt ans de carrière, ce n'est pas rigolo parce que les aides, c'est pas pour nous. Les salaires, si on n'en a pas, il n'y a personne qui vient taper à la porte en nous demandant si on a mangé ce mois-ci...''

''L'État n'a pas fait son travail''

Maryline, elle, arrête les voitures avec sa pancarte. Elle ne demande qu'à travailler et elle en veut beaucoup au gouvernement. ''Je suis en colère, je suis dégoûtée, tempête-t-elle. On est tous sacrifiés ! Pourquoi ? Parce que l'Etat n'a pas fait son travail ! Il s'est désengagé de ses hôpitaux, il s'est désengagé de la police. Il n'a rien fait, tout l'été. Et maintenant, il vient nous taper sur la gueule à nous, à Aix-en-Provence centre et Marseille ?''

Incompréhension aussi pour Bernard Marty, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie dans les Bouches du Rhône. ''On ne peut pas comprendre les décisions qui sont prises par ce gouvernement, explique-t-il, parce que les seuls lieux dans lesquels on était protégés par des gestes barrières, de la distanciation, du gel hydroalcoolique, c'était dans les restaurants, bars et des cafés.'' 

On préfère lâcher des gens dans la nature pour qu'ils puissent s'infecter sans aucune mesure barrière, sans aucun protocole sanitaire. Moi je dis au ministre : vous faites tout faux !

Bernard Marty

à franceinfo

''On aurait pu être vos alliés pour combattre le virus en respectant les règles, soupire Bernard Marti. Vous avez préféré qu'on soit vos ennemis...'' Il attend d'ailleurs beaucoup du recours déposé devant le tribunal administratif contre cet arrêté de fermeture des bars et des restaurants.

Colère à Marseille : écoutez le reportage de Mathilde Vinceneux - 0
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