Violences conjugales : le gouvernement va généraliser deux dispositifs de suivi locaux pour améliorer la coordination entre les différentes autorités

L'objectif de ces mesures qui seront précisées par le Premier ministre Jean Castex est de vérifier que les mesures décidées par le gouvernement sont bien mises en place.

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Le numéro d'écoute des victimes, le 3919, a été renforcé et est désormais ouvert sept jours sur sept, 24 heures sur 24. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Deux ans après le lancement du Grenelle des violences conjugales qui avait abouti à la définition de 46 mesures pour mieux protéger les femmes, le gouvernement souhaite aller plus loin sur la coordination et l'échange d'informations entre les différentes autorités, judiciaires, policières et administratives, a appris franceinfo jeudi 2 août. L'exécutif veut en fait "identifier tous les trous dans la raquette, toutes les failles possibles", selon une source à Matignon.

Le premier ministre Jean Castex doit ainsi signer vendredi 3 août une circulaire généralisant deux dispositifs. D'abord, des comités de pilotage locaux pour suivre les dossiers de violences conjugales au cas par cas. Il en existe pour l'instant une soixantaine réunissant des magistrats, des services d'insertion et de probation ou encore des associations d'aide aux victimes. Ensemble, ils se réunissent tous les mois pour trouver une solution adaptée à chaque situation, qui peut aller jusqu'au téléphone grave danger ou au bracelet anti-rapprochement.

Les précisions de Jean Castex attendues

Les comités de suivi locaux vont également devenir systématiques dans en cas de violences conjugales. Ils réunissent un panel d'acteurs plus large, avec le préfet et l'agence régionale de santé par exemple. L'objectif de ces comités est de vérifier que les mesures décidées par le gouvernement sont bien mises en place. "On veut s'assurer que notre politique est appliquée jusqu'au dernier kilomètre", affirme l'entourage du Premier ministre.

Ces deux dispositifs doivent répondre aux manquements soulevés par les missions d'inspection lancées après les féminicides de Mérignac et d'Hayange, les 4 et 24 mai derniers. Le Premier ministre Jean Castex doit en préciser les contours ce vendredi dans la Manche. Il est attendu au tribunal judiciaire de Coutances, dans un centre de réinsertion sociale à Saint-Lô, puis en préfecture, avec le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, et la ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes Élisabeth Moreno.

Des formations en cours pour 90 000 policiers et gendarmes

Deux ans après le lancement du Grenelle des violences conjugales, certaines mesures ont déjà été mises en place comme la création de 400 postes d'intervenants sociaux dans les commissariats et les gendarmeries. Le numéro d'écoute des victimes, le 3919, a lui été renforcé et est désormais ouvert sept jours sur sept, 24 heures sur 24.

D'autres mesures se poursuivent, comme la formation au traitement des violences conjugales déjà suivie par 90 000 policiers et gendarmes. En revanche, seuls 245 bracelets anti-rapprochement sont pour l'instant en fonction quand 1 000 autres sont toujours dans les tiroirs. Le bilan est également mitigé pour les 2 300 téléphones grave danger, dont seulement deux tiers sont actifs.

Les associations estiment toujours de leur côté que le gouvernement ne met pas assez de moyens pour lutter contre les violences faites aux femmes. Osez le féminisme estime par exemple qu'il faudrait investir un milliard d'euros pour traiter efficacement le problème, là où le budget dédié à l'égalité entre les femmes et les hommes sera de 50 millions d'euros en 2022.

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