Strasbourg : un prévenu en partie relaxé après une vidéo montrant un policier le frappant à la tête, l'IGPN a été saisie

L'homme était notamment accusé d'avoir agressé des policiers lors de son arrestation. La diffusion d'une vidéo, mardi 2 juin, lors du procès a entraîné sa relaxe pour ces mêmes faits.

Sur demande du président du tribunal de Strasbourg, le procureur a saisi l\'IGPN pour des violences commises par un dépositaire de l’autorité publique.
Sur demande du président du tribunal de Strasbourg, le procureur a saisi l'IGPN pour des violences commises par un dépositaire de l’autorité publique. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Le parquet de Strasbourg a saisi mercredi 3 juin l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre d'une affaire de violences policières, rapporte France Bleu Alsace. Mardi 2 juin, en comparution immédiate, un jeune homme de 21 ans a été relaxé par le tribunal pour violences et l'usurpation d'identité. Il a en revanche été condamné à quatre mois d'emprisonnement, aménageables, pour vol de vélo.

Le prévenu était accusé d'avoir frappé un policier, mais sur une vidéo diffusée à l'audience : "on voit le policier violenter le gardé à vue, lors de son entrée dans les geôles du commissariat de police de Strasbourg", explique son avocate, maître Kaoutare Choukour. Sur demande du président du tribunal, le procureur a saisi "la police des police" pour des violences commises par un dépositaire de l’autorité publique.

Le choc a été total, personne ne s'attendait à voir ses images.maître Kaoutare Choukour

L'homme, originaire de Guinée, a été interpellé dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 mai, vers 2h du matin pour un vol de vélo place de la gare à Strasbourg. Au commissariat, selon le procès-verbal rédigé par les policiers, il lui est reproché d'avoir été très agressif, d'avoir essayé de mettre un coup de poing à un policier qui se plaint d'avoir l'épaule luxée.

"Mon client m'a certifié qu'il n'avait pas touché le policier", raconte Me Kaoutare Choukour. C'est pour cela qu'elle a demandé à visionner à l'audience les vidéos placées sous scellés. "On y voit le policier enlever les menottes de mon client sans raison et lui mettre un coup de poing dans la tête sur le côté. Ensuite, on voit le policier prendre sa tête et la claquer contre la porte de la geôle". Des collègues du fonctionnaire interviennent alors immédiatement. L’Inspection générale des services enquête non seulement sur le fonctionnaire de police, mais aussi sur deux de ses collègues.

"Une poussette de la main" selon le syndicat Alliance

"Nous sommes conscients de l'émotion que suscite cette affaire", reconnaît Christophe Rouyer, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance dans le Bas-Rhin. "C'est un collègue très sérieux et expérimenté, il n'a fait que son boulot". Il n'a pas la même interprétation de la vidéo : "Il s'agissait d'un individu ivre, récidiviste et susceptible de commettre des violences. Il refusait d'avancer dans les geôles du commissariat de police de Strasbourg, il a donc fallu utiliser des mesures coercitives", justifie-t-il. "Le policier l'a poussé au niveau du cou. Il s'agit d'une poussette de la main. L'homme n'est pas tombé, mais il s'est retourné contre le policier qui a une fracture de l'épaule". Pour Christophe Rouyer, le contexte national et même international, avec l'affaire George Floyd, ne joue pas en faveur des policiers, "mais on en a marre d'être désigné comme les auteurs des violences".