Crise des éleveurs : les abatteurs estiment avoir joué le jeu sur l'augmentation des prix

France 2 s'est rendue dans un abattoir en Normandie pour connaître leur point de vue.

FRANCE 2

Les journalistes de France 2 sont allés dans une entreprise du Calvados. C'est l'un des 260 abattoirs de France. Thierry Ricoeur dirige 150 salariés. Près de 60 gros bovins ont été abattus très tôt ce matin à des prix variables. "Tout dépend de la catégorie et de la classification de l'animal", détaille Thierry le dirigeant de "Webert-Ricoeur". Les prix au kilo dépendent de la qualité. "Pour les vaches, ça va de 3,20 à 3,30 jusqu'à 5 euros pour les très bonnes bêtes", ajoute l'homme. La transformation peut commencer. La première contrainte est de désosser et de découper la viande. 400 kg de carcasses ne donneront que 280 kg de viandes, soit une perte de 30 % minimum. Une perte répercutée sur le prix du client.

Une faible marge

Désosser la viande demande beaucoup de main d’œuvre et de charges. La moitié de la viande préparée ici est destinée à la grande distribution. Le reste, à des boucheries ou des industriels. Depuis mi-juin, l'abatteur joue le jeu de l'augmentation des prix aux éleveurs : +5 centimes d'euros le kilo chaque semaine. Et il n’est pas toujours facile de répercuter cette hausse sur les clients. Thierry Ricoeur assure se contenter d'une marge de 45 à 60 centimes le kilo. Mais ce n'est pas forcément pareil pour les grandes enseignes.

Le JT
Les autres sujets du JT
Un grossiste en viande de bœuf dans le pavillon des viandes, au marché de Rungis (Val-de-Marne), en novembre 2000.
Un grossiste en viande de bœuf dans le pavillon des viandes, au marché de Rungis (Val-de-Marne), en novembre 2000. (EMMANUEL PAIN / AFP)