Agriculture : la souveraineté alimentaire de la France est-elle menacée ?

Publié
Agriculture : la souveraineté alimentaire de la France est-elle menacée ?
FRANCEINFO
Article rédigé par
M. Perrier, D. Sébastien, P. Évêque, G. Bourlat, V. Poulain - franceinfo
France Télévisions

La France est aujourd'hui le seul grand pays agricole où les parts de marché reculent. Comment expliquer ce déclin ?

La France ne serait plus le grand fermier de l'Europe. C'est aujourd'hui le seul grand pays agricole où les parts de marché reculent. Le déclin de la puissance agricole française se voit dans les chiffres. Deuxième exportateur mondial il y a 20 ans, la France a chuté au sixième rang. Dans la Drôme, Bruno Darnaud, arboriculteur, doit faire de lourds investissements pour préserver la qualité de ses produits. "On va essayer, à travers ce verger, de le protéger, que ce soit pour la grêle, que ce soit pour le gel. On va le rendre un peu plus intensif pour essayer encore de gagner aussi en compétitivité. C'est un coût que, malheureusement, on retrouve en rayon, et qui parfois se trouve en concurrence avec des premiers prix espagnols ou italiens", déplore-t-il.

La surface agricole diminue

Les concurrents étrangers ne sont pas concernés par les lourdeurs réglementaires que la France s'impose. "On a ce réflexe, malheureusement franco-français, d'alourdir et de vouloir devenir le meilleur de la classe. Sauf qu'en devenant le meilleur de la classe, on perd des parts de marché", analyse Bruno Darnaud. Le recul est essentiellement lié à une perte de compétitivité. Avec les pommes, par exemple, une montée en gamme s'accompagne d'une hausse des coûts de production. La concurrence étrangère casse alors les prix. Les exportations baissent, et les importations augmentent. En 20 ans, la production de pommes françaises a été divisée par deux. Le pays a globalement multiplié par deux ses importations alimentaires. Par ailleurs, la surface agricole diminue, les rendements baissent et les agriculteurs désertent.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.