Recours au référendum, réforme des retraites, apprentissage... Ce qu'Emmanuel Macron prévoit pour la suite de son quinquennat

Emmanuel Macron dévoilera plusieurs "mesures concrètes" avant son discours du 14-Juillet, selon son entourage.

Emmanuel Macron, lors d\'une conférence de presse à l\'Elysée, le 18 mai 2020 à Paris.
Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse à l'Elysée, le 18 mai 2020 à Paris. (FRANCOIS MORI / AFP)
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L'Elysée se projette dans l'après-coronavirus. Fini le temps des interventions solennelles à 20 heures pour évoquer la gestion de la crise. Emmanuel Macron devrait "accélérer le tempo des réformes engagées" et préciser les contours des deux dernières années de son quinquennat, confie son entourage. Sa feuille de route sera dévoilée entre le second tour des municipales, le 28 juin, et l'échéance du 14-Juillet. A quoi faut-il s'attendre, au juste ? A voir certains sujets du "monde d'avant" revenir sur la table.

La réforme des retraites

Pas question de renier ou d'abandonner un certain nombre de réformes initiées dans le "monde d'avant". La réforme des retraites universelle et par points, ainsi que la suppression des régimes spéciaux, sont considérés comme "des éléments de justice sociale dont il faut poursuivre le processus". Devraient en revanche être "définitivement abandonnés les éléments de crispation court-termistes" de cette réforme, à l'image de l'âge pivot – retiré provisoirement du texte au profit d'un "âge d'équilibre" voisin – qui bloquait notamment la CFDT pendant le mouvement de grève de décembre dernier. La volonté affichée est désormais de "ramener tout le monde à la table des négociations".

La réforme de l'assurance-chômage

Concernant la réforme de l'assurance-chômage, sa "philosophie" devrait être conservée. Le calcul par rapport au salaire de référence ainsi que la dégressivité seront donc "maintenus dans le texte", toujours selon des proches du chef de l'Etat. En revanche, la durée d'indemnisation ne devrait plus être raccourcie, "compte tenu de l'état du marché du travail".

L'apprentissage 

L'exécutif serait "parfaitement conscient que les jeunes font et feront les frais de la crise économique actuelle et à venir". Difficulté à trouver des boulots d'été, étudiants décrocheurs, apprentis sans entreprise à la rentrée… En plus des mesures déjà annoncées, l'une des pistes sérieusement étudiée par le sommet de l'exécutif réside dans "la prise en charge, par l'Etat, de la totalité du coût de la première année d'apprentissage". Ce dispositif devrait être finalisé avec les partenaires sociaux "dans les jours à venir".

La Convention citoyenne sur le climat

Autre échéance de court terme "très attendue" par le chef de l'Etat : la Convention citoyenne sur le climat, dont les conclusions doivent être livrées fin juin. Certaines propositions de cette assemblée citoyenne, dont les 150 membres ont été tirés au sort, pourraient ainsi être soumises à référendum. Une méthode qui pourrait être "répliquée" à d'autres secteurs que celui de l'environnement. L'avantage étant, selon les proches d'Emmanuel Macron, "d'associer les Français à la prise de décision, sans pour autant court-circuiter la démocratie représentative et le Parlement". A l'image du grand débat national, qui avait permis de répondre à certaines doléances nées durant la crise des "gilets jaunes", les conventions citoyennes peuvent "répondre à ce besoin de revivifier la démocratie", estime l'entourage d'Emmanuel Macron.

La décentralisation

Autre tournant attendu : une nouvelle étape de déconcentration et de décentralisation. La crise sanitaire du Covid-19 a montré la nécessité de rapprocher les centres de décision des administrés pour gagner en efficacité. Il s'agit donc de "remettre à plat les compétences, les responsabilités et les financements de chaque échelon territorial". Cette réflexion se poursuivra "avec les élus locaux", assure encore l'entourage du chef de l'Etat.

La suppression de l'ENA

Celle-ci est toujours à l'ordre du jour. A travers la suppression de l'Ecole nationale d'administration, l'Elysée entend "faire bouger cette administration parfois responsable des blocages et rétive aux réformes".

Le Ségur de la santé

Enfin, les critiques envers le Ségur de la santé ne semblent pas passer du côté de l'Elysée. On se défend notamment de toute forme de lenteur dans la remise des premières conclusions, celles-ci étant attendues avant la mi-juillet. "Vu les sommes engagées et la nécessité de réformer le système en profondeur, il n'y a pas d'impatience à avoir", fait-on savoir.

Le remaniement

Le petit monde politique ne bruisse que du remaniement à venir et du maintien ou non d'Edouard Philippe. Dans un entretien à Paris-Normandie, le Premier ministre avait lui-même laissé entendre qu'il pourrait quitter Matignon avant la fin du quinquennat. Côté Elysée, "toutes les possibilités sont sur la table (...) Il ne s'agit de rien de personnel (...) la réflexion est en cours". Et tout cela sera bouclé avant le 14-Juillet, assure-t-on.