À Rouen, un restaurant emploie uniquement des salariés handicapés pour favoriser leur insertion professionnelle

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Durée de la vidéo : 1 min.
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Article rédigé par
Corentin Mirallés - franceinfo
France Télévisions

L'association Trisomie 21 a ouvert à Rouen un restaurant inclusif qui permet à ses 12 salariés en situation de handicap de se former à la restauration. Le but ? Étoffer leur CV et leur permettre de trouver un travail. #IlsOntLaSolution  

Être en situation de handicap en France, c’est parfois un véritable parcours du combattant, y compris pour trouver du travail. Selon les chiffres de l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), près d’un demandeur d’emploi sur dix est une personne en situation de handicap. Et quand il arrive enfin à trouver du travail, une fois sur deux, c’est pour un contrat en temps partiel.

Douze salariés handicapés formés à la cuisine

Face à ce triste constat, le restaurant rouennais Le XXI a fait de cette situation son combat. Il emploie 12 salariés souffrant de trisomie 21, de troubles cognitifs ou de déficience intellectuelle. La plupart n’ont pas de diplôme en lien avec la restauration mais Michel Heliot, l’un des deux cuisiniers, est là pour les former et les encadrer : “Le plus important, c’est qu’il y ait une cohésion entre eux et qu’ils nous fassent confiance. Donc c’est passé par pas mal de période de rire. C’est une cuisine où jamais personne ne crie, il n’y a jamais de violence verbale, on ne hausse pas le ton et on ne crée pas de stress.”

Le projet est porté par l’association Trisomie 21 de Seine-Maritime. Grâce à des subventions et des salaires pris en charge à 75% par l’État, Le XXI a pu voir le jour. Depuis des mois, toute l’équipe prépare ensemble la carte. Au menu ? Des produits frais et locaux compris entre 15 et 25 €.

Retardée par le crise sanitaire, l’ouverture du restaurant est une immense joie pour Eric Van de Wynckele, vice-président de Trisomie 21 : “Le plus grand plaisir, c’est de voir ces jeunes travailler. Quand vous êtes porteur de handicap, trouver un travail ce n’est pas facile. Le but, c’est vraiment d’être un laboratoire de formation sur le restaurant, d’en accueillir le maximum, qu’ils puissent tous remplir leur CV, comme tout un chacun.”

Les mener vers l'autonomie professionnelle

Cet environnement formateur et bienveillant doit avant tout permettre de les mener vers l’autonomie professionnelle. Si chacun des salariés est en CDI, à terme, le but est qu’ils puissent trouver un emploi dans n’importe quel établissement. En attendant, c’est aussi le moyen pour certains d’entre eux de relever des défis personnels : “La cuisine, ça me plaît. Franchement, c’est presque une passion. C’est pour me prouver que je suis capable vraiment de faire toutes les démarches pour travailler”, détaille Gauthier Hauguel.

Depuis trois ans qu’elle est au chômage, juste après avoir obtenu son CAP cuisine, Julie Vanhoutte se challenge en passant côté salle : “Je vais vers les clients et ça me plaît beaucoup. J’avais une appréhension mais maintenant il n’y en a plus. Et c’est magique, c’est une occasion en or de travailler ici.”

Si vous souhaitez découvrir les bons petits plats concoctés par cette fine équipe, rendez-vous au 43 rue aux Ours à Rouen, ils vous y attendent tous les midis du lundi au samedi.

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