Déficit public : un débat aura lieu à l'Assemblée nationale le 29 avril prochain

Le déficit public de la France atteint 5,5% du PIB en 2023 selon l'Insee, plus que les 4,9% initialement prévus par le gouvernement.
Article rédigé par Hadrien Bect
Radio France
Publié
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L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 7 octobre 2019. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Un débat sur le déficit aura lieu à l'Assemblée nationale vendredi 29 avril, a appris franceinfo de source parlementaire mardi 26 mars franceinfo, confirmant une information de l'AFP, après l'annonce par l'Insee d'une forte dégradation de la situation budgétaire. Il atteint 5,5% du PIB en 2023 selon l'Insee, soit 15,8 milliards d'euros de plus que ce qu'avait prévu le gouvernement, compliquant l'objectif de désendettement pourtant réaffirmé mardi par le ministre de l'Économie.  

 "C'est un débat sur la loi d'orientation" des finances publiques et "pas tout à fait" à propos "du budget dont nous parlons en ce moment", a précisé le président de la Commission des affaires économiques de la chambre basse, Éric Coquerel, sur franceinfo. "Je l'ai demandé pour avoir au moins un débat sur l'orientation [des finances publiques], donc il aura lieu. Mais ce n'est pas un débat sur les modifications budgétaires en cours qui doivent venir devant l'Assemblée", a-t-il ajouté. Les oppositions ne digèrent pas que les 10 milliards d'euros de coupes budgétaires supplémentaires en 2024 aient été actés sans un vote du Parlement.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a répété mardi son objectif de passer sous la barre des 3% en 2027 sans augmenter les impôts. En plus des 10 milliards d'euros de coupes, c'est surtout dans le budget 2025 que des efforts seront réalisés. Le gouvernement a demandé une revue des dépenses de l'État, mais aussi de l'Assurance maladie et des collectivités locales, avec un but, selon Bruno Le Maire, "abandonner avec fermeté toutes les dépenses publiques qui ne donnent pas les résultats attendus". Il a notamment cité notamment l'indemnité journalière d'arrêt maladie. 

Le gouvernement taclé pour son excès d'optimisme

Les oppositions de droite et de gauche tiennent Bruno Le Maire et Emmanuel Macron pour "responsables". "Monsieur Macron est comptable de ce bilan désastreux !", a réagi sur X Éric Ciotti (LR).  Sur franceinfo, Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes accuse le président de vouloir "réarmer tout, sauf l’environnement et les services publics". Parlant de "mensonge ou d'incompétence", la députée PS Valérie Rabault, ancienne rapporteure générale du Budget, avait demandé le 21 mars sur franceinfo "un pilotage serré des finances publiques". Plutôt que de toucher aux dépenses publiques, l'insoumis Manuel Bompard préconise "une augmentation des recettes en concentrant les hausses d'impôts sur les plus riches". Plusieurs députés de la majorité, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) en tête, ont eux aussi évoqué ces derniers jours des hausses d'impôts ciblées ou visant les superprofits. 

Sur France Inter, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, parle de "dérapage, d'excès d'optimisme, de situation fâcheuse". "Nous avons la dépense publique la plus élevée d'Europe, le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé d'Europe, l'une des dettes publiques les plus élevées d'Europe et l'un des déficits les plus élevés de la zone euro. Avec une dette publique à 110% du PIB, comment voulez-vous investir dans l'avenir, dans la transition écologique, dans la transition numérique, dans l'éducation nationale, dans l'innovation et la recherche, dans la défense ?", interroge-t-il.

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