VIDEO. Gilets jaunes : la bataille des fausses nouvelles

Comme souvent désormais lorsqu'il y a des violences, on a vu circuler des images impressionnantes sur les réseaux sociaux qui n'avaient parfois rien à voir avec les manifestations des “gilets jaunes”.

Voir la vidéo

Sur le fil d’actualité des réseaux sociaux, L’oeil du 20 heures a vu apparaître de nombreuses photos choc ces derniers jours : des publications à sensation qui cachent une vraie bataille de communication… à grands renforts de fausses nouvelles.

La photo d’un gendarme qui arbore un écriteau “ne lâchez rien” a été partagée 180 mille fois ces derniers jours, accompagnée du commentaire : “un message de la gendarmerie”. Mais ce message date un peu. La même photo est apparue sur internet en octobre 2016, à l’époque en soutien aux policiers, qui dénonçaient le manque de moyens. Des brassards orange, mais pas de gilets jaunes dans les rues en ce temps-là.

Une manifestante photographiée à Barcelone l’an dernier

Autre photo, ressortie ce weekend, d’une femme au visage ensanglanté. L’internaute qui la poste s’adresse au ministre de l’Intérieur : “Castaner ! Une dangereuse manifestante ?” Nous avons retrouvé une autre image de la même femme, issue de la même série de photos. Au fond apparaît le logo de la banque espagnole “Santander”. Normal, ce cliché a été pris à Barcelone l’an dernier.

Sur les réseaux sociaux, une séquence a cette fois été relayée à foison par les anti-gilets jaunes : un manifestant qui, samedi 24 novembre, fait en direct un signe de la main devant une caméra… aussitôt inteprété par le compte Twitter “Team Macron” comme un salut nazi. Une députée de la majorité, Naïma Moutchou, partage elle aussi sur Twitter cette image et dénonce ceux qui “piétinent ainsi la République.”

La rapporteure de la loi contre les fausses informations prise au piège

Nous avons retrouvé la vidéo originale, avec le son cette fois. On entend l’homme prononcer distinctement “Ave Macron !”. Notre vieux dictionnaire Latin-Français est formel, “Ave” signifie bonjour en latin.

La députée qui a diffusé cette fausse nouvelle, avant de la retirer, est pourtant rapporteure de la loi contre la manipulation de l’information. Un comble. “Il peut y avoir une part d’erreur, et il faut les limiter au maximum, reconnaît Naïma Moutchou. Mais si on raisonne comme ça on finit par ne plus rien dénoncer.

Du côté de la majorité, comme des gilets jaunes, les fausses nouvelles ont du succès. Pas sûr que la prochaine loi sur laquelle travaille Naïma Mouchou puisse y changer quelque chose.

Le JT
Les autres sujets du JT
Gilets jaunes : la bataille des fausses nouvelles
Gilets jaunes : la bataille des fausses nouvelles (FRANCE 2 / FRANCETV INFO)