Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : "Je suis en colère car ce drame aurait pu être évité" dénonce Sylvie Pierre-Brossolette

La journaliste déplore un manque de moyens alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes.

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Radio France
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Sylvie Pierre Brossolette au Conseil supérieur de l'audiovisuel à Paris en mars 2016.  (MAXPPP)

"Je suis en colère car ce drame aurait pu être évité" dénonce lundi 28 décembre sur franceinfo Sylvie Pierre-Brossolette, journaliste et membre de la Fondation des femmes, dans le contexte de la cérémonie d'hommage aux trois gendarmes tués par le forcené Frédérik Limol dans le Puy de Dôme. Son ancienne compagne avait déposé trois plaintes, d'après les informations de France Bleu Drôme Ardèche.

franceinfo : Pourquoi êtes-vous en colère aujourd'hui ?

Sylvie Pierre-Brossolette : Je suis en colère car je suis saisie d'une émotion à l'égard de ces gendarmes courageux qui ont perdu leur vie. Je suis en colère car ce drame aurait pu être évité. Comment en est-on arrivé là ? C'est sans doute à cause de l'inaction antérieure, malgré tous les signaux émis sur la dangerosité des hommes. C'est absolument navrant car les signaux existaient.

L'ex-compagne de Frédérik Limol avait déposé plainte pour "menaces de mort". Dénoncez-vous un "dysfonctionnement de la justice" comme l'avocat de cette femme ?

On ne comprend pas pourquoi les plaintes de cette femme n'ont pas eu de suite. Les idées masculinistes de cet homme étaient connues, et n'ont pas été prises en compte. Cette femme subissait des coups. Il était terriblement dangereux. C'est le signe que le gouvernement ne met pas assez de moyens pour combattre les féminicides. L'Espagne, par exemple, a mis les moyens.

Constatez-vous tout de même une amélioration de la situation des femmes en France ?

C'est un "début de début" d'amélioration. Un milliard d'euros est nécessaire. On en est très très loin. Tout est une question d'argent : l'accueil, le logement, les bracelets d'éloignement, la formation des policiers, des gendarmes et des magistrats. C'est une question de moyens et c'est pour sauver des vies de femmes. Les plaintes arrivent dans un puits sans fond. Je rappelle que parmi celles qui ont terminé sous les coups de leur conjoint, au moins une sur trois avait porté plainte [d'après le journal Le Monde]. La bonne volonté du gouvernement est là, c'est vrai que le budget de la ministre déléguée à l'Égalité femmes-hommes Elisabeth Moreno est en hausse de 41%, mais ce n'est pour l'heure pas suffisant.

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